Suède centième anniversaire de la S.A.C

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Suède : centième anniversaire de la S.A.C.

Cette année un syndicat suédois à tendance anarchiste, la SAC (Sveriges Arbetares Centralorganisation – traduction ‘Organisation Centrale des Travailleurs-euses de Suède’) célèbre son centenaire et l’IWW BIROC (Comité régional des Îles Britanniques de l’IWW) était invité aux célébrations en tant qu’invité international, aussi bien que des délégué-e-s de la CGT espagnole, de l’USI italienne et de la SKT sibérienne.


En raison en partie de la non-participation de la Suède aux guerres mondiales, la SAC est demeurée un syndicat assez important à travers son histoire et compte aujourd’hui entre 6000 et 7000 membres. La Suède compte environ 9 millions de personne et le taux de syndicalisation est extrêmement élevé, à près de 70 à 80%. Les droits de négociation sont très forts, alors que même 2 ou 3 personnes sur un milieu de travail peuvent se déclarer être un syndicat, afin d’être reconnu par leur employeur.

La confédération syndicale majoritaire est la LO, qui est comparable à la Trades Union Congress britannique, mais qui joue un rôle de coordination plus actif que la TUC. Dans le passé, la SAC a principalement organisé les travailleurs-euses du bois, les mineurs-euses et les travailleurs-euses de la construction, alors qu’aujourd’hui la plupart de ses membres sont employé-e-s dans le secteur public ou dans les industries de service (ce parcours est en quelque sorte similaire à celui du membership de l’IWW). La SAC participe également à la gestion du Fonds de chômage suédois, ce qui démontre l’importance de la place que celle-ci occupe dans la société. Elle possède un grand édifice de bureaux à Stockholm qui abrite sa propre presse à imprimer. La SAC publie deux journaux hebdomadaires. En plus d’entrepôts pour ses réserves de matériel promotionnel (dont la qualité est extrêmement professionnelle) et une salle de conférence, le bâtiment de bureaux comprend également un tableau pour les coupures de presse quotidiennes, et une librairie de journaux provenant d’organisations du même genre de partout dans le monde. Le rez-de-chaussée de l’édifice est loué par des restaurants et abrite une station de métro. La SAC a également une section jeunesse (qui ne fait pas partie du syndicat lui-même), la SUF (Syndikalistika Ungdomsförbundet), qui compte plusieurs centaines de membres et qui publie également son propre magazine.

La SUF est derrière l’ingénieuse et bien organisée initiative Planka, qui fait partie d’une campagne internationale pour le transport public gratuit. Les utilisateurs-trices du système de métro peuvent payer un abonnement mensuel à Planka et ensuite voyager librement. S’ils ou elles se font prendre, Planka payera leur amende à partir de l’argent accumulé. Le substantiel restant de l’argent accumulé sert de fonds général pour le mouvement radical. Planka compte plusieurs milliers de membres et se renforce de plus en plus. Solidarité internationale

L’événement du centenaire a pris la forme d’une semaine de discussions et de rassemblements. Je suis arrivé le jeudi 10 juin et ce jour là, il y avait un Forum sur la Solidarité Internationale. Le premier orateur parla à propos de la différence entre la « philanthropie » patronale et l’authentique solidarité internationale entre égaux. Ensuite, un ex-secrétaire général du syndicat, un travailleur social, expliqua avec un schéma les éléments structurels de la SAC et plus largement, de la Coordination Rouge et Noire. Systembolaget et travailleurs-euses agricoles sud africain-e-s Nous avons également écouté Emil Boss qui travaille à la Systembolaget (le fournisseur suédois d’alcool opéré par le gouvernement).

Lui et ses collègues de travail à la SAC ont appris que les travailleurs-euses des fermes vinicoles en Afrique du sud qui fournissaient les magasins de la Systembolaget vivaient de rudes conditions, incluant parfois d’être payé-e-s en alcool. Ils et elles ont mis de la pression sur l’employeur, qui cherchait à garder ses apparences d’éthique, pour faire une visite de « responsabilité sociale entrepreneuriale » en Afrique du sud. Au départ, ils et elles ne voulaient seulement que discuter avec les patrons là-bas, mais des appels de camarades internationaux de la SAC les amenèrent à visiter les fermes et à obtenir que puissent entrer dans les fermes le syndicat des travailleurs-euses agricoles d’Afrique du sud, Sikhula Sonke, ce à quoi les patrons des fermes ont fortement résisté. Depuis l’intervention du syndicat, les conditions se sont améliorées pour les travailleurs-euses agricoles.

Travailleurs-euses du Cinéma et la FAU

Un autre activiste de la SAC a parlé à propos d’une action conjointe prise par la SAC avec la FAU allemande. La FAU avait syndicalisé un cinéma de Berlin et la Cour avait jugé que celle-ci ne pouvait se qualifier pour le statut de syndicat légal. Les travailleurs-euses souhaitèrent prendre action en solidarité. Elles et ils visèrent des actions contre les films allemands durant le Festival du Film de Stockholm, collant des affiches et distribuant des dépliants, même si elles et ils vivaient un conflit de travail dans leur propre milieu de travail en même temps, ce qui rendait les choses plus difficiles. Elles et ils tentèrent de rallier les travailleurs-euses de cinémas d’à travers l’Europe pour prendre action en support de la FAU. La FAU était contente puisqu’elle souhaitait obtenir l’attention des médias. La section locale de la SAC de Göteborg fit plus d’action durant le Festival du Film de Göteborg, distribuant plus d’affiches et de dépliants. La SAC envoya également quelqu’un à Berlin pour rencontrer la FAU face à face. Les travailleurs-euses de cinéma étaient une nouvelle section de la SAC, et étaient heureux-ses de prendre action aussi rapidement. Cela les inspira à travailler davantage internationalement, à travers le comité international de la SAC (IK) et directement à travers les canaux de leur industrie, et elles et ils ont gardé les liens qu’elles et ils ont tissé dans le support à la FAU.

Les 26 de Malmö

Ensuite, nous avons écouté à propos d’un dur conflit à Malmö en 2008. Un chef d’un restaurant de sushi avait été battu par son patron et un blocage par la SAC avait suivit. Dans la législation suédoise, la police n’était pas supposée interférer dans les conflits entre travailleurs-euses et employeurs… jusqu’à maintenant. La police agit brutalement envers les bloqueurs-euses, tentant une fois de les disperser avec du gaz lacrymogène (aspergé de près dans la figure) et des matraques. 26 bloqueurs-euses furent accusé-e-s d’avoir tenter d’empêcher des gens d’entrer dans le restaurant. Des images de la CCTV furent utilisées comme preuve. En Suède, il est rare que les activistes syndicaux soient accusé-e-s comme cela. Alors que la Cour examinait la possibilité de bannir totalement les blocages, plus de support international était reçu. Cette solidarité était très importante puisque ce cas faisait figure de test. L’IK reçu des messages de support d’outre-mer. Il y avait plus de support reçu d’outre-mer que des autres syndicats suédois. Des syndicats réformistes du Chili envoyèrent des messages de support et la CGT espagnole alla à l’ambassade suédoise. Des français-e-s étaient heureux-ses de voir la SAC être militante et non réformiste comme ils et elles l’accusaient d’être par le passé ! Maintenant, les blocages sont pratiquement criminalisés en Suède. C’était très controversé parmi les syndicats majoritaires et la gauche. Il est inhabituel que le parti de gauche affirme son support pour la SAC – alors quand il le fait, c’est apprécié.

Les 26 de Malmö n’ont pas fait appel, de peur que si le jugement allait contre eux et elles dans l’appel, les blocages pourraient être complètement interdits. Le dossier judiciaire obtint beaucoup d’attention médiatique et la SAC recruta beaucoup de nouveaux membres durant cette période. La SAC eut également plusieurs victoires contre d’autres restaurants après cette action, alors que les propriétaires de restaurant surent contre quoi ses membres se soulevaient. Travail international futur

Ensuite, il y avait une discussion sur le présent travail et les buts futurs de l’IK de la SAC, avec des suggestions de membres invité-e-s. L’IK a tenté d’informer les membres de la base de la SAC qu’elle pouvait être un bon outil pour mettre de la pression sur des employeurs locaux. Plusieurs membres de la base ne sont pas même au courant de l’existence de l’IK. Des membres de la SAC et des visiteurs-euses internationaux-ales discutèrent de la Coordination Rouge et Noire (R&BC). Dernièrement, les choses ont été plus calmes et moins actives en rapport à la R&BC. Il y a un différent d’opinion dans la R&BC à propos de comment les syndicats devraient collaborer. La CGT espagnole, qui compte 9000 membres dans son syndicat des transports (le membership du syndicat entier est près de 6 fois supérieur à ce nombre), coopère également au niveau international avec d’autres syndicats en dehors de la R&BC.

Tou-te-s convenurent qu’il y avait une réticence à disperser des énergies de travail « sur le terrain » pour du travail de comité international.

Organisation

Le vendredi 11 juin, il y avait une autre journée remplie de discussions. La journée était divisée en ateliers avec des questions écrites pour faire réfléchir les délégué-e-s autour de lignes stratégiques et critiques. J’ai également parlé de nos activités dans la BIROC, aux côtés d’un délégué de la CGT espagnole.

Berns

Emil Boss (local Systembolaget/Stockholm) a fait un briefing sur le conflit de Berns. Berns est une immense boîte de nuit de Stockholm, avec deux restaurants. Un syndicat réformiste a une convention collective avec les restaurants. Les suédois-e-s sont directement employé-e-s par Berns et profitent de meilleurs droits que les travailleurs-euses immigrant-e-s précaires, qui sont employé-e-s par des sous-contractants pour faire le sale boulot, et qui n’ont pas de droits. Il s’observe clairement une force de travail à deux vitesses.

Certain-e-s de ces travailleurs-euses précaires ont joint la SAC, et se sont syndiqué-e-s pour forcer leurs employeurs à de meilleurs termes et conditions de travail. Toutefois, les deux fois que cela se produisit, Berns mit fin au contrat de nettoyage avec la compagnie sous-contractante, et signa un contrat à un autre sous-contractant, gardant les mêmes travailleurs-euses mais, renversant le progrès réalisé dans leurs conditions.

L’équipe de 20 nettoyeurs-euses était conçue pour travailler à l’occasion des journées de 22 heures, jusqu’à 6 ou 7 jours par semaine. Un nettoyeur rapporta comment il avait à dormir sur le lieu de travail entre les changements d’équipe de travail, sur une pile de boîtes de carton. Ils et elles n’avaient pas le droit à prendre recours au niveau juridique puisqu’elles et ils n’avaient pas de papiers, et avec aucun papiers officiels pour leur permettre de travailler en Suède. Cette vulnérabilité les a rendu spécialement exploitables. Éventuellement, Berns dit aux nettoyeurs-euses que certain-e-s de ceux et celles-ci auraient à être renvoyé-e-s puisqu’il n’y avait plus de travail pour eux et elles. Dans le passé, les nettoyeurs-euses avaient toujours été déplacé-e-s entre divers lieux de travail, alors ça n’a pas sonné comme la vérité… spécialement parce que seul-e-s les membres de la SAC étaient pour être renvoyé-e-s – alors que, dans un geste de générosité incroyable – les travailleurs-euses non-syndiqué-e-s étaient pris-e-s directement par Berns.

La SAC a ciblé Berns avec un blocage toutes les fins de semaine depuis le 06/02/10, avec au moins 50 personnes qui ont pris part à chaque fois. Il y a eu plusieurs opportunités pour Berns de mettre fin au conflit, mais il a choisi de camper sur ses positions et de prolonger la lutte, un peu comme la présente position du patron de British Airways, Willie Wash. Les demandes de la SAC, que la direction de Berns a refusé de négocier, vont de la complète réintégration des nettoyeurs-euses avec une firme dans laquelle ils et elles auront de bons termes et conditions de travail à une compensation monétaire pour les employé-e-s renvoyé-e-s (sans réintégration).

Ceci est maintenant devenu une partie de rancune pour ceux et celles impliqué-e-s, et une de haut niveau en plus, avec des débats et de la couverture à la radio, à la télé et dans les journaux. D’autres employeurs de l’industrie de la restauration supportent financièrement les patrons de Berns. Le blocage a maintenant coûté des millions au chiffre d’affaires de Berns, en plus de quelques artistes puisque certain-e-s ont décommandé leur performance, après avoir été contacté-e-s par la SAC. Le complexe entier fut forcé de fermer le 1er mai. Des politicien-ne-s de droite du « Parti Modéré » prennent également part au conflit, qualifiant les membres de la SAC de « criminel-le-s » et de « mafia » dans les médias. Ils et elles soutiennent que la SAC fait erreur en prenant Berns pour cible, plutôt que le sous-contractant. Ils et elles prétendent également que la SAC tente simplement d’extorquer de l’argent de Berns pour financer le syndicat. Emil a affirmé que la SAC est en fait le syndicat qui fait le plus usage de la Cour du travail en Suède, mais en raison du statut sans papier des nettoyeurs-euses de Berns, l’action directe sous la forme du blocage est la seule tactique qui peut être utilisée dans ce conflit.

Comment est-ce que la SAC travaillera dans 5 / 10 / 50 ans ? Le prochain atelier demanda aux membres de la SAC de réfléchir sur le futur du syndicat, de l’industrie et du pays comme un tout, et comment il pourrait jouer son rôle dans les court, moyen et long termes.

Les membres ont généralement semblé optimistes. Ils et elles prévoient de voir des progrès et une force augmentée dans les 5 prochaines années. Le développement des récentes années a été rapide plutôt que stable et elles et ils sentent que la SAC est une « organisation vivante ». Le membership est décroissant mais elles et ils sentent que le niveau d’activité du syndicat croît. Pendant ce temps, la situation économique en Suède, un pays prospère, est en ralentissement. Dans 10 ans, elles et ils prévoient que certaines des sections plus vieilles et inactives de la SAC seront peut-être disparues, et que les sections les plus actives devraient être poussées de l’avant. De grands changements sont probables dans la société et il fut reconnu qu’il y a une forte montée de l’extrême-droite en Europe. Sans surprise, les membres ont trouvé difficile de commenter le portrait possible dans 50 ans puisque celui-ci dépendra de comment la société se sera développée, ce qui est difficile à prédire autant d’années avant. Quelques membres ont exprimé des vues optimistes que le LO, l’équivalent réformiste suédois de la TUC britannique, imploserait ou se désintégrerait dans les années à venir (au bénéfice direct de la SAC). L’évidence de ce point de vue n’était toutefois pas hors de tout doute…

Notre camarade David O’Connell a questionné les membres de la SAC à propos de leurs liens avec les autres syndicats et de la place de la SAC dans la lutte des classes plus large. Elles et ils ont répondu que des difficultés dans les liens sont vécues puisque la LO voit négativement la SAC. Plusieurs membres reconnaissent toutefois que la SAC ne détient pas de monopole sur les syndicalistes et qu’alors bien sûr, il y a des sections militantes dans LO (certaines sont même des ex-SAC) qu’il est sage de garder de bonnes relations avec et idéalement de travailler côte à côte lorsque c’est possible. La LO s’étend à travers les frontières nationales et il y a une rumeur d’une rupture avec la LO norvégienne. Leur conférence nationale est maintenant organisée par une section rebelle qui s’oppose au parti Social Démocrate.

Blocage #1

Cette soirée là, la SAC tint un blocage contre Berns. Ce devait être une action encore plus grande et forte que d’habitude alors que la section jeunesse du Parti de gauche était attendue pour soutenir l’action. Emil avait informé tou-te-s les invité-e-s sur le fond du conflit et les délégué-e-s de tous les pays avaient accepté de parler aux médias suédois en tant qu’« observateurs-trices internationaux-ales ». La délégation de l’IWW allait déclarer qu’elle se pencherait sur un cas similaire à la London & Regional, une compagnie basée en Grande-Bretagne qui possède Berns (et qui manque beaucoup de l’investissement émotionnel et de l’entêtement des patrons de la Berns de Stockholm). Les camarades de l’USI allaient expliquer que dans leur pays, l’Italie, elles étaient impliquées dans la lutte contre la véritable mafia. Les activistes de l’USI ont organisé une protestation contre l’assassinat par la mafia d’un juge en Italie qui voulait adopter une loi semblable à celle qui existe au Danemark (et que la SAC souhaite également en Suède), qui rendrait responsables les entreprises de ses travailleurs-euses, même si ceux et celles-ci sont employé-e-s par des sous-contractants. Finalement, le délégué de la CGT allait annoncer que la CGT est le quatrième plus gros syndicat en Espagne et qu’elle est syndicaliste révolutionnaire !

Un vidéo des discours du camarade David O’Connell et du délégué de la CGT peut être vu ici :

http://www.youtube.com/watch?v=V934nj8lJ7w

Les bloqueurs-euses portaient des vestes hautes sur le visage, distribuaient des dépliants et tenaient des drapeaux et des bannières. Il y avait également un musicien pour le divertissement, et de la nourriture chaude et du café pour soutenir les bloqueurs-euses. La présence policière était forte, avec la « Dialog Polis » en supplément, habillée en vêtements normaux et tentant de d’engager une conversation amicale avec les manifestant-e-s pour réduire la tension (une idée très suédoise, tout comme celle de coller les affiches avec du ruban adhésif, ce que tout le monde, incluant la SAC, fait à Stockholm) !

Je suis resté jusqu’à près de minuit, après que David ait parlé, mais dû par la suite quitter tôt en raison de maux d’estomac (j’ai été malade dans les toilettes d’un commerce de restauration rapide proche)

Plusieurs amateurs-trices de boîte de nuit ont cessé d’aller au Berns en résultat de la mauvaise publicité que le blocage cause. Ceci signifie également que plusieurs de ceux et celles qui y vont encore sont conscient-e-s du conflit des nettoyeurs-euses et s’en fichent. Plusieurs client-e-s visiblement riches semblent aimer être des antagonistes alors qu’ils et elles entrent à l’intérieur. Une minorité est enthousiaste à apprendre les raisons du blocage et plusieurs changent leurs plans et vont ailleurs. David m’a dit qu’après je sois parti, un client a jeté du café chaud sur un bloqueur. Tout ce que la police fit fut de prendre en note leur identification et de légèrement les rabrouer. Coopération internationale et Coordination Rouge et Noire Le samedi, les déléguées de Russie sont arrivées et un rassemblement spécial était tenu à la maison de la SAC (le quartier général du syndicat) pour tou-te-s les invité-e-s internationaux-ales. Toutes les déléguées de Russie et d’Italie étaient des femmes, ce qui était inattendu. La SKT (Confédération Sibérienne du Travail) compte officiellement 500 membres, mais qui ne sont pas tou-te-s actifs-ves, et en revanche, il y a des activistes de la SKT qui ne sont présentement pas formellement membres. L’industrie dans laquelle le syndicat a le plus de membres est le secteur des transports, et le syndicat est composé d’au moins 50% de femmes. Les activistes syndicaux-ales en Russie vivent une existence très dangereuse, puisque même les formes d’activités de gauche les plus pacifiques comme le tractage, ou non-politiques comme des concerts, attirent des attaques violentes de la part des fascistes et de la police. Tou-te-s les communistes restant-e-s sont maintenant pensionnaires et sont devenu-e-s convaincu-e-s que le fascisme est parti et qu’il n’est plus une menace. Il y a un réel manque d’information non-académique de lutte des classes, et en conséquence, l’antifascisme consiste surtout en un militantisme physique (essentiellement la simple survie). L’USI (Unione Sindacale Italiana) opère une structure horizontale avec quelques sections libres de faire ce qu’elles veulent (dans les propres mots de leurs déléguées). Elles doivent suivre certains principes de base :

1) auto-organisation

2) pas de sectarisme politique – par exemple l’USI a des membres communistes. Fondamentalement, ils et elles sont « libertaires révolutionnaires ».

Elles et ils souhaitent élever le niveau d’auto-organisation au-delà du syndicat, parmi la classe ouvrière. Elles et ils ont pour but de bâtir des réseaux – par exemple, un réseau de travailleurs-euses sans-emploi, un réseau de santé et sécurité, et un réseau de travailleurs-euses précaires – qui ne font pas exclusivement parti du syndicat.

Les déléguées de l’USI nous ont dit que la législation du travail en Italie est très développée et l’une des meilleures en Europe. Alors qu’elles et ils font usage des tactiques d’action directe comme les sit-ins et les manifestations, elles et ils font également usage de la Cour du travail. En rapport avec la Coordination Rouge et Noire (R&BC), les déléguées de l’USI ont affirmé qu’elles et ils avaient eu une réunion préparatoire quelques semaines avant, et proposaient maintenant que le prochain rassemblement de la R&BC soit tenu les 11 et 12 septembre, dans le nord-est de l’Italie. Elles et ils aimeraient discuter de l’expansion de la R&BC. Les suggestions inclurent un site web multilingue, un journal multilingue couvrant les histoires des luttes de divers endroits, et un symbole pour le R&BC. Elles ont dit qu’il serait bien de définir ensemble une plateforme de principes de base pas trop idéologiques. Les syndicats et les groupes qui veulent s’y joindre peuvent appliquer, et puis passer la première année en tant qu’observateurs, après quoi les membres actuels de la R&BC les évalueront pour leur pleine entrée dans la coordination.

Blocage #2

Le samedi soir, je me sentais mieux alors je restai jusqu’à la fin du blocage, à deux heures du matin. J’ai eu à observer les doubles standards de la police suédoise en action, alors que trois bloqueurs-euses qui « s’étaient tenu-e-s au mauvais endroit » furent menotté-e-s au sol, traîné-e-s et arrêté-e-s, en contraste profond avec le léger traitement réservé à ceux qui sont sortis en boîte de nuit et qui ont jeté du café chaud sur les activistes la veille. Le blocage était plus petit que le samedi, mais toutes les entrées du club étaient partiellement bloquées et plusieurs client-e-s furent persuadé-e-s d’aller ailleurs.

J’ai appris beaucoup de mon séjour en Suède avec la SAC. Je suis reparti avec une compréhension approfondie des bénéfices et de l’importance du travail international, et j’espère que je l’ai partagé avec ce compte-rendu. C’était très passionnant de voir un syndicat révolutionnaire fructueux, efficace et professionnel opérant à grande échelle.

Traduction du Blog du Collectif Emma Goldman (UCL-Saguenay), avec quelques adaptations mineures –

http://ucl-saguenay.blogspot.com/

Tiré du site de Liberty & Solidarity : Related Link :

http://libertyandsolidarity.org

http://www.anarkismo.net/