Indymedia Nantes est un projet politique et collectif, vous êtes donc tou-te-s fortement encouragé-e-s à nous rejoindre, à participer et à faire évoluer le projet. Sans vous, on peut pas faire  grand chose :)

Toutes les remarques sur la modération sont à faire sur le mail imcnantesSPAM@riseup.net (il faut enlever ‘SPAM’ de l’adresse: c’est là pour éviter les… spam!).

 


Indymedia, c’est quoi ?

Créé à l’automne 2002, Indymedia Nantes (aka IMCNantes) est un collectif ouvert [1] qui se mobilise pour accroître l’autonomie des luttes sur la communication de leur paroles, positions, rendez-vous ou revendications etc…

Né lors de l’explosion de l’internet et de son utilisation comme moyen de coordination et de communication des luttes locales jusqu’au global, Indymedia s’incsrit dans l’optique de libération de l’information et de la communication.
Indymedia Nantes met en places des espaces et propose des coups de main pour que les luttes se débarassent des filtres journalistiques et étatiques de censure de l’expression des résistances à l’exploitation et aux dominations, et puisse faire circuler et rendre accessible leurs paroles, par elles-mêmes.

Pour cela le collectif anime et modère entre autre le site https://nantes.indymedia.org mis en ligne en Avril 2003.

Depuis cette époque, ce site accumule les informations publiées par les luttes elles-mêmes et leurs participant⋅e⋅s, à Nantes et ses alentours.
Du CPE à la ZAD en passant par les luttes contre les réformes (retraites, sécurité sociale, on a arrêté de compter…), les transports gratuits, les violences policères (Rest In Power Abou, Steve et tou⋅te⋅s les autres) et beaucoup d’autres, le site a permis l’expression et l’archivage d’une partie conséquente des luttes locales.

Mais le collectif en lui même a aussi été présent pour aider les luttes ou collectifs à s’autonomiser sur leur communications, y compris de nous.

Par exemple en aidant à la mise en place de sites web (comme zad.nadir.org entre autres, dont nous avons participé à la mise en place et perdu l’accès en 2018), en mettant en contact le projet des mutus [2] avec des personnes pouvant les héberger, ou encore en faisant des formations pour utiliser GNU/linux et des logiciels libres, pour éditer ses textes ou affiches, faire de la radio, en animant des débats sur les médias et les journalistes et les moyens d’interagir avec si besoin, ou en mettant en place des « media center » lors d’évènements. [3]

Tout cela fait partie des objectifs du collectif, qu’on pourrait résumer de cette façon :

  • Diffuser la parole des luttes (principalement locales mais pas que) par les personnes qui les font, et sans filtres journalistiques (ou autres) pour contrer le récit des médias.
  • Soutenir l’autonomie des luttes dans la diffusion de leurs paroles (aide technique/logistique, échanges de savoir sur les outils libres, média center,…), y compris par rapport à nous.
  • Questionner les moyens de le faire, et notamment les relations avec les médias, les journalistes ou les infrastructures capitalistes de surveillance telles que les réseaux « sociaux ».
  • Stimuler et accroître l’esprit critique de toutes et tous, notamment sur les informations, y compris (surtout!) celles relayées sur le site.
  • Articuler local et global (et vice-versa).
  • Nourrir la critique des médias et du journalisme, et les mécanismes de censure.

Pour atteindre ces objectifs, le fonctionnement du site repose sur quelques principes simples mais déterminants :

– L’open-publishing : n’importe qui peut publier sur le site, avec ou sans compte (par l’interface privée ou par un formulaire public). Pas besoin d’adresse email. Ces contributions apparaissent sur le site dès qu’elles sont postées, dans la catégorie en attente, visible sur la page d’acceuil.
C’est la même chose pour les commentaires, à moins que la contribution n’attire beaucoup de trolls, auquel cas les commentaires peuvent être modérés avant d’être visibles (« a priori »).

– La transparence radicale de la modération : toutes les décisions de modération sont publiques et visibles sur le site, sans nécessiter de compte. Aucune contribution n’est cachée, celles refusées sont simplement classées dans une catégorie « refusé » avec un commentaire explicatif.
Les contributions difficiles à modérer sont placées dans une catégorie « en débat », où tout le monde peut participer aux discussions. La seule raison pour cacher une contribution serait un risque pour la sécurité d’une personne ou bien un trollage de faf.

Ce principe, souvent négligé ou moqué, est fondamental. La transparence de la modération, exercée par une équipe ayant un pouvoir significatif, permet de contrebalancer celui-ci. Les décisions doivent être justifiées publiquement, ce qui incite à la responsabilité et au débat.
La possibilité pour des personnes extérieures de contribuer par des commentaires rend le processus de modération plus collectif et le site plus accessible à tou.te.s. C’est aussi un outil précieux pour les échanges et la construction politique collective face à des débats difficiles.

– Une Charte et sa modé-prudence : les seules actions sur le contenu que le collectif de modération se contente de faire sont donc de modérer les contributions en fonction d’une charte, en les rangeant dans des catégories (et aussi des fois une peu de mise en page si vraiment besoin).
Cette charte est plus ou moins régulièrement mise à jour en fonction des besoins et situations qui apparaissent, en utilisant les modé-prudences, un outil qui permet de tester des nouveaux changements à cette charte avant des les intégrer s’ils se révèlent pertinents.
Pour ne pas reproduire de mépris de classe et respecter l’intention de l’auteurice, le collectif ne modifie pas le texte de la contribution grammaticalement ou orthographiquement. Mais il peut aider à écrire si la demande lui en est faite. ;)

– Le copyleft : les licenses restrictives comme le droit d’auteur sont un des moyens utilisés par les médias pour asseoir leur monopole de (la censure de) l’information. Elles empêchent leur reproduction et leur modification. Issu entre autres du mouvement des hackers et du logiciel libre et pour contrer cette logique, Indymedia applique la philosophie des licences libres au domaine de l’information, ainsi qu’a ses propres logiciels. Les contributions qui y sont postées sont donc sous copyleft.

– L’anonymat : même si la liberté d’expression n’est pas un absolu, la repression est un moyen concret utilisé pour taire les voix contestataires. Indymedia garantit l’anonymat des contributeurices en ne gardant pas de traces de leur visites (adresse IP ou autre).
Le site web est auto-hébergé en utilisant des logiciels libres, et en faisant attention à ne pas utiliser de services extérieurs. Pas de tracker google, de bouton facebook, de trackers ou autre éléments intrusifs, votre navigateur ne se connecte qu’à notre site, empêchant d’autres services de savoir que vous vous y connectez.

– L’indépendance : le collectif ne dépend d’aucune subvention, et sa participation est individuelle afin d’éviter que des groupes n’y prennent trop de place.

– Le consensus : le collectif fonctionne au consensus en interne, ainsi que pour la modération du site.

À l’heure des GAFAM, de la surveillance de masse, des fake news et de la guerre informationnelle, de la transformation en consommateurice et de l’individualisation dans des bulles algorithmées de l’internet, et où la légitimité et la pertinence politique semble évaluée au nombre de « like » et de « followers », nous pensons qu’un projet comme celui d’Indymedia, une infrastructure de lutte autonome et collective, est toujours pertinent. C’est pourquoi plus que jamais :

Publiez vos luttes !

[1] Quoique la repression (c’est un de ses effets) nous aient rendu⋅e⋅s un peu moins facile à identifier et joindre (finies les réunion publiques annoncées sur le site), on est toujours contactable à imcnantes [at] riseup.net
[2] Dont nous ne sommes pas membres
[3] Les media center sont des endroit où des ordinateurs et une connexion internet sont temporairement mis en accès libre pendant un évènement pour pouvoir publier soi-même ses informations. Ils permettent aussi une coordination entre les personnes et groupes volontaires pour rendre compte en temps réel et au plus près depuis la rue de son déroulé pour combattre la désinformation.