Street Medic Nantes - 09/03 - compte-rendu provisoire acte XVII

Mis a jour : le mercredi 24 avril 2019 à 12:56

Mot-clefs: Répression gilets_jaunes
Lieux: Nantes

Publié par le groupe: GroupStreet Medic Nantes

Rendez-vous était donné à midi sur le rond-point d'Armor, pour partager une soupe ensemble avant d'aller tenter de bloquer Atlantis à 13h. Il s'agit du dernier rassemblement GJ local avant la convergence sur Paris.

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Aux alentours de 13h20, alors qu'un peu plus d'une centaine de manifestant-e-s commence à investir la route, un groupe de CRS arrive depuis le centre commercial. S'ensuit le jet d'une grenade lacrymogène à main, ainsi que d'une désencerclante. Un medic sera touché au mollet, sans gravité, l'éclat ayant rebondit auparavant. Au moins une personne sera également matraquée. Le cortège abandonne alors le rond-point sous la pression et les lacrymos. La majeure partie de la foule s'engage sur la rocade, tandis que plusieurs autres petits groupes se retrouvent dispersés autour des différentes sorties du rond-point.

Le cortège, équipé d'une banderole "Le capitalisme tue", essaye de rejoindre l'arrêt de tram François Mitterrand. Il longe le parking d'Ikea, sous la surveillance de la BAC, qui tient en joue les manifestant-e-s. Des lacrymos sont tirées, faisant reculer la foule. La BAC en profite pour tirer au LBD, la balle ricochant fort heureusement sur un arbre.
Le cortège se reforme alors sur le parking de Décathlon, où il essuie de nouveau plusieurs tirs de lacrymos, sans faire beaucoup de victimes. Le vent était en effet en faveur des manifestant-e-s. Un groupe tente alors de rallier le point de départ de la manifestation, mais se fait repousser par la CDI en direction du parking Leclerc.
Le cortège se regroupe une nouvelle fois, en bloquant le rond-point devant la galerie marchande. Comme lors des tentatives précédentes, les gaz le feront reculer vers Ikea, avant qu'une charge de la BAC et une grenade désencerclante ne convainquent les manifestant-e-s de rebrousser chemin, une fois de plus. De retour devant le Leclerc, le cortège décide alors de s'engager sur la 4 voies, suivit par un cordon de forces de l'ordre, et sous surveillance de la DAR (ou la BRI, peut-être les deux, nous n'avons pas vraiment réussi à identifier qui se cachait sous ces cagoules).
Quelques centaines de mètres plus loin, un cordon de forces de l'ordre fait une nouvelle fois usage de gaz, afin d'empêcher le cortège de sortir de la rocade. Une partie des manifestant-e-s franchit les grilles qui les séparent du zenith, tandis qu'une autre se fait encercler au bord du parking surélevé. À ce moment là, au moins une personne sera matraquée, une autre visée à la gazeuse à main. Un photographe sera également gazé. Sous les tirs de lacrymo permanents, les deux cortèges finiront par se rejoindre dans le parc et, après un moment de flottement en bas de la passerelle, partiront manifester dans les rues autour du zenith, toujours suivis par des forces de l'ordre présentes en nombre. Les manifestant-e-s parviendront toutefois à rejoindre la rocade puis le parking de la galerie marchande, non sans mal.

À partir de là, nous devons bien avouer que nous aurions du mal à vous faire un compte rendu exhaustif, dans la mesure où nous nous sommes toutes et tous perdus dans les différents groupes formés au gré des interventions policières (si quelqu'un-e souhaite tenter sa chance à résumer la fin de journée dans les commentaires où par MP, qu'iel n'hésite pas) ! Les gazages et charges n'étaient toujours pas terminées en fin d'après-midi.

On dénombre 3 interpellations au minimum, dont au moins une d'entre elles par la BAC.

Toujours est-il que, malgré un nombre de manifestant-e-s moins conséquent et une répression moins impressionnante que la semaine précédente, énormément de personnes auront subit les gazages répétitifs des forces de l'ordre (présentes en fort surnombre). La BAC, toujours aussi menaçante, semble plus retenir ses charges sur les parkings des centres commerciaux que dans le centre-ville. L'immense majorité des prises en charge fût pour des détresses respiratoires.

Ce bilan n'est néanmoins pas exhaustif, et il est tout à fait possible que nous soyons passé-e-s à côté de certaines choses. La gestion catastrophique de la manifestation, et les nombreuses consignes contradictoires hurlées par les forces de l'ordre aux manifestant-e-s, n'auront pas facilité la rédaction d'un compte rendu clair et complet.

N'hésitez pas à nous transmettre vos bilans/témoignages/photos afin de nous permettre de compléter cette première ébauche de compte-rendu !

Force aux interpellé·e·s !
On rappelle que tout soutien devant Waldeck est toujours le bienvenu pour les personnes sortant de GAV ! C'est toujours cool de se relayer du samedi soir jusqu'à la sortie de tout le monde, et de ne pas laisser les camarades seul·e·s après un mauvais moment !

Amour, maalox et serum phy,

Street Medic Nantes.

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Commentaire(s)

> ACTE XVII – VISER LE CAPITALISME

Alors que le ministère de l'intérieur annonce une participation faible à ce nouvel acte des gilets jaunes, à Nantes, environ 800 personnes se sont déplacées en périphérie de la ville pour une action inédite de blocage d'une zone commerciale.

Le rendez vous est donné à midi au rond point d'Armor, à Saint Herblain. Un autre rendez vous a lieu à Pôle sud, à Basse Goulaine.
Au rond point l'ambiance est chaleureuse. On retrouve les habitudes des première semaines du mouvement. Qui pensait aux premiers blocage de rond point le 17 novembre, qu'il y aurait encore des centaines de personnes dix-huit actes plus tard ? Certainement pas le gouvernement. C'est donc sous un temps grisâtre que de nombreux gilets jaunes déterminés à poursuivre la lutte viennent prendre des forces avec une soupe populaire servie par le réseau de ravitaillement des luttes du pays nantais et leur zbeulinette mobile.
Rapidement, un barrage filtrant se met en place : les automobilistes sont sensibilisés, des tracts distribués. De nombreuses voitures klaxonnent en guise de soutien, gilets jaune sur le tableau de bord. Acclamations, applaudissements. L'ambiance est joyeuse, la fraternité robuste.

Les forces de l'ordre, elles, se sont rassemblées en nombre aux abords du centre commercial. Même en dehors de la ville, le dispositif policier est démesuré : CRS, GM, BAC et CDI et BRI ont pris position dans toute la zone et entendent bien ne pas laisserla fête continuer. Quelques minutes seulement après le début du barrage filtrant, une compagnie de CRS charge, jette au sol une femme âgée, envoie des grenades lacrymogènes et même une grenade de désencerclement au milieu de la foule. Cris de fureur et d’incompréhension. Ce qui était toléré au mois de novembre, à savoir un simple blocage de rond-point, est désormais soumis à une violente répression. Envoyer des grenades de toutes sortes sur des manifestants est devenu banal.

Un cortège se forme néanmoins et entre sur le périphérique, avec en tête une banderole de circonstance : "Le capitalisme tue".
Après un peu de confusion, tout le monde parvient à se rassembler en un seul morceau, et vient manifester sur le parking extérieur de la zone commerciale. Direction la galerie commerciale Atlantis, symbole de l'ultra consommation. Les tentatives d’entrer dans la galeries échouent à ce moment, les entrées étant bien gardées par une meute de bacqueux. Le cortège poursuit son chemin sur le parking, où des amas de caddies font office de petites barricades. Plusieurs tentatives d'avancer vers IKEA ou les souterrains de la galerie marchande sont avortées : tirs de grenades lacrymogènes, dispersion. La banderole sera volée par la BAC, à grand renfort de « sale pute » lancé en direction d’une femme qui ne se démonte pas et reste face à eux. « J’ai pas peur de vous les gars », leur lance-t-elle calmement. Le cortège repart dans la zone, repoussé par les lacrymo. Globalement, la police ne sait pas trop comment faire pour expulser la manifestation en dehors de la zone commerciale, et procédera à plusieurs manœuvres hasardeuses et contradictoires, allant jusqu’à noyer de gaz le champ devant le Zénith. La scène rappelle un peu les expulsions sur la zad.

La 4 voies est de nouveau investie par la foule, le rond-point d’Armor également, qui sera le théâtre d’une scène absolument inédite : la CDI qui envoie des grenades lacrymogènes sur...les CRS ! Ceux-ci, furieux, reculent en toussant et crachant, sous les éclats de rire des gilets jaunes.

Il devient impossible de rester en un seul cortège, la division est forcée. Plusieurs dizaines de personnes parviennent à investir le centre commercial. Elles sont expulsées par la police en un temps record : pas question de bloquer l'économie, laissez les français consommer. Les gilets jaunes ressortent, un "cacatov", ce projectile devenue arme d'humiliation massive, est lancé en direction des CRS. Pour autant, la plupart des boutiques du centre commercial baissent le rideau et l'activité de l'après midi sera bien perturbée. Le Mc Donald se résout également à fermer ses portes.

Globalement, le pari de sortir du centre ville n’a pas produit de situation à la hauteur des attentes. Si le nombre de participants n’était pas ridicule, il faut toutefois reconnaître qu’il n’y avait pas autant de monde que les samedis en centre ville. Même dans les luttes, un fossé regrettable demeure entre le monde du centre ville et celui des périphéries. Par ailleurs, la police a tout simplement déplacé son dispositif, toujours aussi massif et offensif.Néanmoins, il est vrai qu’elle ne pouvait canarder au LBD et à la grenade au beau milieu du parking, ce qui a permis une certaine mobilité du cortège, et a empêché les charges extrêmement violentes qu’on peut voir en centre ville. Les forces de l’ordre semblaient un peu mal à l’aise dans ce décors. Enfin, l’objectif de bloquer l’économie de cette zone a été partiellement atteint, et de ce point de vue c’est une réussite. Il importe de transformer l’essai et de se préparer davantage pour la prochaine mobilisation, afin de mieux développer une intelligence collective à même de nous amener vers des victoires, même petites, même ponctuelles.

La fin de journée est marquée par une chasse à l’homme aussi inutile que dangereuse avec la BAC qui ne trouve rien de mieux à faire qu’à chasser en camion ; douze interpellations sont à déplorer.

Cela n’empêchera pas ce mouvement de perdurer : la prochaine date, c’est le samedi 16 mars à Paris.

> Commentaire supprimé

S'il vous plait, pas d'attaque personnel. Si vous avez des comptes à règler, faites le irl, c'est plus élégant et ça vient pas polluer indy.

> 1 + 1 = 4

Et je repose la question

Qu'avons nous obtenu avec le violence orchestrée par certains pseudos leaders départementaux faisant les yeux doux aux blacks blocs par soucis d'avoir chaque we leur dose de testostérone, sous les conseils bienveillants du borgne ?

RIEN

NOUS N'AVONS ABSOLUMENT RIEN EU

Quand allez vous ouvrir les yeux ?
Et commencez à réfléchir ?

> obtenir quelquechose du pouvoir ou le détruire?

Qui t'a parlé d'obtenir quelquechose du pouvoir? Il s'agit simplement de le détruire.