[COMMUNIQUÉ] Université de #Nantes en lutte, 27 novembre 2017

Mis a jour : le lundi 27 novembre 2017 à 21:20

Mot-clefs: / squat logement immigration sans-papieres frontieres
Lieux: Nantes

Malgré des volontés affirmées de notre part de maintenir le dialogue, la présidence – par le biais de son vice-président puisque M. Laboux n’a toujours pas daigné s’adresser à nous directement – le rompt aujourd’hui en nous sommant de quitter les lieux sur-le-champ. Face à notre argumentation qui a des tons d’évidence tant il s’agit d’humanité élémentaire, M. Bernoussi nous répète inlassablement « il faut partir immédiatement ».

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Photo : Marin Driguez


Leurs responsables de cabinet nous ont rencontré hier et transmis d’inquiètes préoccupations concernant notre bien-être. La dernière fois que nous avons entendu cela, c’était par Johanna Rolland, pour accompagner la brutale intervention armée qui a privé les jeunes du refuge qu’offrait l’école désaffectée des Beaux-Arts, faisant au passage 4 blessés.

Entendre une fois encore cette façade hypocrite quand la seule alternative pour ces jeunes est de retrouver la réalité de la rue, atteint des sommets d’indécence. La conversation avec ces responsables s’était pourtant achevée dans l’empathie tant il est impossible d’ignorer la détresse de ces jeunes. La multiplication des interlocuteurs qui viennent à nous n’est pas anodine, elle permet de ne pas laisser l’humanité des ces personnes percer la froideur du masque professionnel.

Par ailleurs, la Présidence met en avant des questions de sécurité : le bâtiment ne serait pas aux normes. Pourtant il l’était il y a encore quelques mois, et chaque étage est équipé de plusieurs extincteurs révisés en avril 2017. D’après une confession des responsables eux-mêmes, très peu de bâtiments du campus sont aux normes… Cessons de brandir cet argument comme un bouclier impénétrable.

Le dernier argument, qui est en fait le seul véritable, concerne les projets pour le bâtiment. L’université désire rester cet univers élitiste, ce lieu de formatage à l’entreprise, et comme tous les pouvoirs publics, ne se préoccupe pas d’agir pour réduire les inégalités, mais s’applique simplement à maintenir une façade.

Face à ce monde de dirigeants qui ne savent que fermer les portes à tou-te-s les démuni-e-s, nous restons déterminé-e-s et toujours plus nombreux-ses à se mobiliser. Dès demain, des professeurs se relaieront dans les grandes salles du château pour y donner des cours. L’implication de nombre d’étudiant-e-s et personnels de l’université face à la situation fait chaud au cœur et nous rappelle que l’université, ce n’est pas seulement ces trois figures d’autorité qui se permettent de discuter froidement de l’avenir de ces jeunes ; mais avant tout un foyer de solidarité. Solidarité qui dépasse à la fois nos espérances et les limites du campus, des dons affluent chaque jours, et des personnalités politiques se positionnent en notre faveur.

C’est pourquoi dès ce soir, nous appelons à une conférence de presse au Château à 19h.

Le refus de communication de l’administration nous laissant dans le flou, nous appelons à un soutien urgent et massif dès maintenant.

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