NON à la Constitution "Européenne" des délocalisations

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Dans son chapitre II sur les "Droits Fondamentaux", le projet de Constitution Européenne ne garantit pas le droit au travail, qu'il remplace par un "droit de travailler" qui n'est en aucun cas le droit à un emploi. La fin du chômage n'est donc pas pour demain. En revanche, le texte constitutionnel proclame (article II-76) la "liberté d'entreprise" qui, figurant parmi les droits fondamentaux, s'oppose à toute politique de nationalisations. Ce que confirment les articles III-144 et suivants sur la "liberté de prestation de services" dans l'espace de l'Union Européenne et qui imposent la privatisation du secteur public ainsi que le dumping social généralisé. Un programme comme celui de l'Union de la Gauche des années 1973-81 ne sera donc plus légal en France si le OUI passe. Mais ce n'est pas tout: l'article III-156 va jusqu'à interdire toute restriction aux "mouvements de capitaux" vers des pays extérieurs à l'Union Européenne. Et là, c'est le mythe de l' "Europe forte" qui se trouve démasqué par le projet constitutionnel lui-même. Car, quelle "Europe forte" (sauf financière et militaire) peut émerger d'une politique qui protège à fond les délocalisations vers l'extérieur de l'Union Européenne? La propagande des politiciens sur la nécessité de "se réveiller, car les USA, la Chine, l'Inde... ne nous attendrons pas", etc... relève de la pure intox, dès lors que précisément les capitaux européens sont destinés aux grandes zones à délocalisations à l'échelle planétaire.
Francis Mer avait, au moins, eu la franchise de dire haut et fort que la France se désindustrialise et que ce processus allait se poursuivre. C'était une très grosse vérité, exposée par un patron "sans complexes". Mais à présent, les politiciens qui vendent le OUI au référendum constitutionnel voudraient nous faire gober que la "construction européenne" serait indispensable à la "préservation des emplois", que ce dont il s'agirait c'est de "créer un grand marché intérieur européen", que ce serait une "très grande avancée"... et vive le carnaval de la politique médiatisée! Car ça fait honte à voir, comment tous ces carementrants de la res publica s'emploient à tergiverser, à celer la vérité, à nous assener des raccourcis qui cachent l'essentiel.

Que les articles III-144 et suivants, voir par exemple:



imposent la privatisation des "services" (un mot qui recouvre toute "prestation fournie normalement contre rémunération") et leur ouverture à tout"prestaire" de l'Union Européenne, on l'a vu dans d'autres articles. Mais dans la propagande pour le OUI, on nous dit que c'est un "sacrifice à consentir pour avoir une Europe forte", que "comme ça il y aura une grande zone économique européenne", etc... Du pur mensonge.

Car ce que dit l'article III-156 n'est pas très long:

"Section 4 - Capitaux et paiements

Article III-156


Dans le cadre de la présente section, les restrictions tant aux mouvements de capitaux qu'aux paiements entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites."

(fin de citation)

Certes, les articles suivants nuancent quelque peu l'application de cet article, mais il reste pour l'essentiel le principe directeur de la politique de l'Union Européenne en matière de mouvements de capitaux. Mis au pied du mur, les "vendeurs" du OUI ne nient pas la réalité de la "liberté de délocaliser" dans le texte constitutionnel. Ils se bornent à nous dire qu' "il ne faut pas s'en inquiéter" et que les délocalisations ne génèrent pas du chômage chez nous, etc... Ce qui est manifestement faux, car même Francis Mer avait admis le lien entre les délocalisations et la disparition des emplois dans l'industrie française.

Cet article n'est pas nouveau, car il se trouve également dans le "Traité instituant la Communauté Européenne" , voir:



et qui dit:

"CHAPITRE 4

LES CAPITAUX ET LES PAIEMENTS

Article 56


1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.

2. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux paiements entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.
"

(fin de citation)


NOUS DEVONS DONC, NON SEULEMENT NOUS OPPOSER AU PROJET DE TRAITE CONSTITUTIONNEL, MAIS AGIR EGALEMENT POUR LA DENONCIATION DU "TRAITE INSTITUANT LA COMMUNAUTE EUROPEENNE", SOUS PEINE DE NE PLUS JAMAIS POUVOIR OBTENIR LA MOINDRE MESURE DE PROTECTION DE NOS EMPLOIS.

Mais un tel programme équivaut à la SORTIE DE L' "EUROPE", pour nous comme pour les travailleurs des autres pays membres.

Car, ce qui apparaît tout compte fait, c'est que L' "EUROPEISME" EST UN NATIONALISME DANGEREUX ET VIRULENT. En effet:

- Il ne se soucie point des acquis sociaux de "sa" population et cherche, bien au contraire, à les démolir au bénéfice des lobbies financiers.

- L' "Europe forte" dont parle sa propagande n'est pas une Europe prospère, mais un continent où la misère deviendra la règle et dont les délocalisations et la politique de dumping social procureront aux capitalistes des bénéfices sans précédent.

- En réalité, cette "Europe forte" ne peut etre que financière et militaire: avec les bénéfices qu'ils pourront amasser grâce à la dépression que générera leur politique, les lobbies financiers disposeront de moyens sans précédent pour s'offrir une armée comparable à l'armée US et l'aidant dans ses besognes. L'appauvrissement de la population favorisera le recrutement de cette armée.


De même, ceux qui nous parlent d' "une autre Europe" qui est en gros la même mais "sociale" et "avec les services publics" oublient le caractère de classe de l'Etat, le caractère impérialiste des principales puissances membres de l'Union Européenne et, par là, de l'Union Européenne elle-même. C'est donc de la construction d'une méga-puissance impérialiste et militariste qu'il s'agit.

NOUS NE DEVONS EN AUCUN CAS CAUTIONNER, NI LAISSER FAIRE, UNE TELLE OPERATION

NON A LA CONSTITUTION EUROPEENNE, NON A L' "EUROPE"!


Sortir de l'Europe

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