La crise, c’est ceux qui ont le pognon qui doivent la payer

Mis a jour : le jeudi 3 janvier 2019 à 20:18

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Depuis 40 ans que c’est la crise, c’est principalement dans nos portefeuilles qu’on est venu tirer l’argent. À chaque pic de crise ce sont des nouveaux tours de vis qui nous touchent et depuis 2008, ça a pas raté. C’est encore et toujours des aides sociales et des salaires qui ne suivent pas l’inflation et de moins en moins de services publics. Ceux qui ont du pognon continuent par contre tranquillement à s’enrichir. Cette année, il y avait encore 258 millionnaires de plus que l’année dernière.

Plutôt que d’essayer de rogner le peu qu’il nous reste, l’argent c’est chez ceux qui en ont qu’il faut aller le chercher. L’évasion fiscale c’est 100 milliards d’euros par an, soit un quart du budget de l’État. Le crédit d’impôts compétitivité emploi à 15 milliards qui devait offrir un million d’emplois et en a offert zéro. 15 milliards c’est justement l’argent que l’état donne pour l’emploi. L’ISF supprimé c’est 5 milliards de moins à peu près que le budget du ministère de la justice… Et là on ne parle que des situations aberrantes, mais on pourrait aussi parler de la TVA, impôt qui pèse sur les riches comme sur les pauvres de la même manière, et dont la part augmente dans le budget de l’État. On pourrait remarquer aussi que les aides aux plus riches représentent au total environ 150 milliards d’euros, quand les aides aux plus pauvres, que la droite aime à appeler assistanat, représentent seulement 70 milliards d’euros.

De manière générale, du pognon il y en a, mais la question c’est comment on le partage. Ici comme ailleurs c’est pas à ceux qui vivent de leur travail que va l’argent, ni aux services publics. Y’a aucune raison que des gens soient payés 10 fois plus que d’autres. Aucun être humain ne vaut 10 fois moins qu’un autre. Le pouvoir, aidé par une bonne partie des médias passe son temps à essayer de nous faire croire que le problème c’est ceux qui gagnent un peu plus que nous ou alors ceux qui gagnent presque rien, quand c’est pas carrément quelques milliers de miséreux qui sont arrivés ici après de longs voyages. Par ce que ça les arrange qu’on se tape dessus entre nous, tant qu’on fait ça on va pas chercher l’argent là où il est.

Grève, blocage, tout est bon pour récupérer ce qu’on nous doit. On doit continuer à s’organiser avec nos potes, nos collègues, nos voisins pour bloquer l’économie. Ceux qui ont le pognon ne comprennent que le rapport de force, et si on veut les faire cracher, il faut les taper au portefeuille.
Le gouvernement flippe et commence à lâcher des trucs maintenant, il faut passer à la vitesse supérieure.

Commentaire(s)

> VSGCI

« Faire payer les riches », c’est un slogan stalinien ! Celui de Lutte Ouvrière, par exemple, ou du PCF… Ce n’est pas un très bon voisinage.

« De manière générale, du pognon, il y en a » : la question peut-elle être posée ainsi ? Quand on la pose comme ça, ça signifie qu’on essaie d’expliquer les problèmes de la société non par son fonctionnement propre, mais par les effets que celui-ci génère. Donc, pour les SDF, par exemple, « des logements, il y en a » ; pour les crève-la-faim, « de la nourriture il y en a ». Et pour tous ceux qui ont des besoins non satisfaits, « des moyens, il y en a ». Mais la question de fond, ce n’est pas comme le dit le texte « la question, c’est comment on le partage »: Marx répondrait que le problème n’est pas dans la réponse, mais dans la question.

La vraie question, c’est : comment se fait-il qu’une société qui produit de tout en telle abondance ait une classe de producteurs qui n’y gagne que de l’exploitation et une classe d’exploiteurs qui peuvent tout se permettre ? Et ce n’est pas du tout la même.

Quand on dit : « du pognon, il y en a, la question c’est : comment on le partage ?», on laisse croire qu’il pourrait exister une société où l’argent soit équitablement réparti. C’est totalement faux : la loi de la valeur et tout ce qu’elle implique - en l’occurrence l’exploitation, la division de la société en classes, l’aliénation - rend IMPOSSIBLE une société égalitaire. Et la crise économique que nous vivons n’est aucunement due aux inégalités de richesses sur la planète, mais bien aux contradictions internes du mode de production : il n’y a jamais assez de clients pour une production toujours plus énorme. C’est ce qu’ont expliqué Marx et Rosa Luxemburg.

Dernier point : le blocage et la grève, ça n’a rien à voir. « Bloquer l’économie » est un pur fantasme, et c’est bien pour cela que c’est un mot d’ordre repris par les chiens de garde du Capital que sont les Staliniens, la Gauche et les syndicats. La grève implique une extension, l’auto-organisation, l’unité autour des mêmes revendications, la discussion la plus large sur les buts et les moyens. Tout le contraire des blocages, dont les Gilets jaunes nous donnent un exemple caricatural : aucune discussion sur les buts et les moyens, atomisation et isolement à tous les étages, prise en main par des « chefs » auto-proclamés, aucune auto-organisation autre que ultra-locale, pas de revendications communes, aucune perspective politique ou de lutte, bref, c’est tout sauf un modèle à suivre !

D’ailleurs, c’est quoi, la « vitesse supérieure », exactement ?

> ??????

""Et la crise économique que nous vivons n’est aucunement due aux inégalités de richesses sur la planète"

mais qui a dit ça? ni le pcf,ni le npa,ni la cnt !ni Bakounine jamais !!!