Sept des douze militants écologistes poursuivis pour avoir bloqué un train de blé, en mars 2022, près de Pontivy (56), ont été condamnés hier à des peines d’amende. Ils devront surtout verser d’importants dommages et intérêts aux parties civiles. 

Reconnus coupables d’entrave à la circulation d’un train, ils ont été relaxés des poursuites pour dégradation de la voie ferrée. Ils ont dix jours pour faire appel.

Cinq des condamnés devront également s’acquitter de 150 euros d’amende pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement ADN. Le tribunal de Lorient a en revanche écarté les peines de prison avec sursis requises par le parquet.

Le total des dommages et intérêts dépasse 200 000 euros, dont 91 639 euros pour SNCF Réseau, 75 615 euros pour la société Sofral Le Gouessant, destinataire du chargement, et 38 424 euros pour la société Millet Rail.

Le 19 mars 2022, une cinquantaine de militants réunis à l’appel du collectif Bretagne contre les fermes usines avaient bloqué un train de marchandises et déversé 142 tonnes de blé sur les quelque 1 300 tonnes contenues dans les 22 wagons. Ils pensaient intercepter une cargaison de soja destinée au groupe Sanders, également partie civile au procès.

Lors de l’audience en décembre, les prévenus avaient reconnu leur participation à l’action mais réfuté les infractions reprochées, utilisant largement leur temps de parole comme tribune contre l’agro-industrie. Leurs avocats avaient plaidé la relaxe.

« L’enjeu était aussi symbolique », indiquait Me Jérôme Bouquet-Elkaïm, avant le jugement. « Nous avions demandé des relaxes sur le terrain de l’état de nécessité par rapport à toutes les conséquences écologiques, sociétales de l’agro-industrie. C’est une question de démocratie. Toutes ces dérives ne sont pas appréhendées par la justice. On a des personnes poursuivies pour les avoir simplement dénoncées. »