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En attente Brève 28 Mar 17:09

«Ultragauche»: les proches des militants arrêtés le 8 décembre témoignent

Dans leur maison paisible à la campagne, les grands-parents de C., 30 ans, ont préparé des crêpes. Sa mère et son frère s’installent dans le salon, deux de ses colocataires les rejoignent près du feu. Depuis plus de trois mois, cette famille élargie vit au rythme des parloirs, des courriers et des trajets jusqu’à la maison d’arrêt pour femmes de Fleury-Mérogis. Mise en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et placée en détention provisoire, C. risque jusqu’à dix ans de prison.

Le 8 décembre 2020, à 6 heures du matin, la DGSI arrête neuf personnes à Toulouse (Haute-Garonne), Rennes (Ille-et-Vilaine), Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) et Cubjac (Dordogne). Cette vague d’interpellations est l’aboutissement d’une information judiciaire ouverte par le parquet national antiterroriste (Pnat) en avril 2020. Elle vise un groupe « d’ultragauche » soupçonné de « projeter une action violente » contre les forces de l’ordre. S'appuyant sur des mois d'écoutes téléphoniques et de sonorisations, la justice leur reproche notamment d’avoir manié des explosifs et des armes.

Six hommes et une femme sont finalement mis en examen le 11 décembre, par le juge d’instruction Jean-Marc Herbaut, pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle. Cinq personnes sont incarcérées, les deux autres placées sous contrôle judiciaire. La plupart se définissent comme des militants « libertaires, écologistes, pro-Kurdes, féministes et anti-racistes », comme l'indique le site de leur comité de soutien ; d'autres pas.

Le ministre de l’intérieur félicite aussitôt les policiers de la DGSI, qui « protègent la République contre ceux qui veulent la détruire ». « Merci une nouvelle fois pour leur action contre ces activistes violents de l’ultragauche », ajoute Gérald Darmanin. Dans l’entourage des inculpés, plusieurs tribunes sont publiées.

Le « projet » exact attribué à ces trentenaires, pour certains fichés S, reste flou. La DGSI estime que Florian D., parti combattre Daesh avec les forces kurdes, de mars 2017 à janvier 2018, a mis sur pied une sorte de groupe armé à son retour en France. Dans son camion, écrit la presse au moment des arrestations, les policiers ont découvert « des produits servant à fabriquer du TATP » (un explosif), « des billes d’acier, un fusil de chasse à canon scié, un revolver, un couteau et des munitions ».

Son portrait ainsi dressé colle parfaitement aux craintes exprimées par les services de renseignement français, depuis quelques années, sur les Français de retour du Kurdistan. À leurs « fantasmes », répond le « Collectif des combattantes et combattants francophones du Rojava », dans une tribune en soutien à Florian D. : « En rentrant chez nous, nous ne nous attendions pas à recevoir la Légion d’honneur, ni même à être remerciés par qui que ce soit, mais nous ne pouvions pas imaginer que nous serions désignés comme des ennemis de l’intérieur et traités à l’égal des djihadistes que nous avions combattus. »

Dépeint comme le « meneur » du groupe, Florian D., 36 ans, est le seul point commun évident entre tous les mis en examen, qui pour la plupart ne se connaissent pas. C. est présentée comme sa compagne et complice. Selon plusieurs proches de la jeune femme, ils se fréquentaient mais leur relation n’était pas suivie. Les enquêteurs la soupçonnent, en tout cas, d’avoir accompagné Florian D. dans l’Indre, au printemps 2020, où se serait tenu un « camp d’entraînement » et de confection d’explosifs, sous couvert de pratiquer l’airsoft [une activité de loisir avec des armes à billes].

Au matin du 8 décembre, C. et ses quatre colocataires sont réveillées par le fracas de la porte vitrée, dans leur maison rennaise. Une quinzaine de policiers viennent de la défoncer, alors qu’elle n’était pas fermée à clé.
« J’ai pensé à des gens bourrés qui se seraient trompés de maison, ou à des voleurs », se souvient Bénédicte*, 37 ans, qui s’est précipitée sur le pas de sa porte, à l’étage. « Éblouie par une lumière », elle est repoussée dans sa chambre par un bouclier. Sa colocataire Aurélie*, 33 ans, entend les policiers investir chaque pièce, « en hurlant : “Les mains sur la tête !” » aux occupantes. « Paniquée », elle reste « terrée dans [son] lit jusqu’à ce que quelqu’un ouvre la porte ».

Menottées chacune dans leur chambre, les colocataires sont surveillées par des policiers armés, cagoulés et silencieux. Aurélie n’a « pas arrêté de leur poser la question : “Mais qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qui se passe ?” Je ne comprenais pas. Dans ma tête, j’allais partir en garde à vue ». « Ils nous ont pas dit que c’était l’antiterrorisme, ni qu’ils venaient pour C. », reprend Bénédicte, qui tente de déchiffrer les écussons sur les uniformes. Elles finissent par comprendre que la DGSI est entrée chez elles. « Je ne savais pas exactement ce que c’était, la DGSI, raconte Aurélie. Je me disais juste que c’était vraiment grave. »

Dans l’intervalle, les policiers ont trouvé C., raconte sa mère. « Elle les a entendus arriver et les attendait, les mains en l’air. Elle s’est dit qu’il ne fallait pas paniquer parce qu’ils auraient pu la tuer. Il y en a un qui lui a pointé le canon sur le torse. Elle était en culotte, au bout d’un moment elle a demandé à passer un tee-shirt. Elle n’a pas été frappée, mais c’était violent. »

Au bout d’une heure, les policiers font descendre toutes les colocataires dans le salon, à l’exception de C., et les asseyent autour de la table. « On n’avait pas le droit de se parler. Ça a duré un peu plus de deux heures. Les flics discutaient de tout et de rien, se relayaient. On posait des questions, mais leur seule réponse était : “Vous en entendrez parler dans les journaux.” »

La DGSI fouille la chambre de C., saisit son matériel informatique et la box de la maison. Trois heures après leur arrivée, les policiers repartent avec leur suspecte, à qui ils ont passé une cagoule. « On a juste échangé des regards », se souvient Aurélie. « D’un coup ils nous ont enlevé les menottes, et voilà. » « Tout ça doit laisser des séquelles », commente la grand-mère de C. en secouant la tête.

Les colocataires préviennent immédiatement Pierre-Henri*, le frère de C., qui habite la même ville. Jusqu’au soir, ils appellent ensemble des avocats et cherchent où se trouve C., placée en garde à vue dans les locaux de la DGSI, à Levallois-Perret. « Elle a été transportée de Rennes à Paris en train, avec des lunettes noires, un masque et ses menottes dissimulées », précisent ses proches.

Marqués par « la violence de l’arrestation », ils ignorent encore aujourd’hui ce qui est précisément reproché à C. « C’est une affaire politique », estime son frère, qui fréquente comme elle les milieux militants. « On partage sa vision politique, mais cette vision politique n’est pas criminelle », ajoute Bénédicte. « C’est une personne engagée, oui, mais qu’est-ce qu’ils sont allés inventer ? » « Savoir C. en prison, pour nous tous, c’est juste insupportable », complète sa grand-mère.

Les proches de C. ne font pas mystère des causes qu’elle défend. « Féministe, écologiste », C. est bénévole dans « des associations de solidarité avec les personnes exilées », dont l’une « conventionne des maisons pour trouver des logements à des gens dans la rue ». Elle met en forme des tracts pour les manifs. « C’est une fille très manuelle, précise Bénédicte. Elle donnait des coups de main dans les maisons conventionnées, pour le bricolage, l’électricité, la peinture. On fait le jardin ensemble à la maison, elle s’y connaît très bien en plantes, elle est proche de la nature. »

Au moment de son arrestation, C. allait commencer une formation d’ambulancière, après un premier stage. Sa famille rappelle qu’elle avait déjà « fait des colos avec des personnes non valides ou des jeunes en difficultés sociales, travaillé dans le service à la personne, donné des cours ». « Elle est très altruiste, dans l’aide et dans l’écoute, quitte à s’oublier parfois elle-même. »

La famille et les amis de C. s’indignent des accusations portées contre elle. Bénédicte parle de « montage de la part de la police », qui « n’arrive pas à n’importe quel moment » : « L’antiterrorisme, c’est quelque chose qu’on agite pour faire peur aux gens. Venir nous placarder cette étiquette “d’ultragauche” ne veut rien dire. C. nous a été arrachée, elle vit ça toute seule, c’est inhumain. »

« Ça faisait plusieurs semaines qu’ils matraquaient sur le thème “il faut casser du black bloc”, ajoute Pierre-Henri. On veut alerter sur le fait que l’antiterrorisme concerne tout le monde. À chaque fois que des lois ultra-répressives sont appliquées sur des minorités de personnes, ça implique un durcissement pour toute la société. Et ça fonctionne très bien. »

Choqué du sort de sa sœur, il s’étonne aussi du traitement réservé à Florian D., « parti au Rojava pour soutenir la révolution écologiste, féministe et communaliste menée par les Kurdes contre deux États fascistes, la Turquie et l’État islamique ». « Les Kurdes sont théoriquement nos alliés », complète son grand-père.

Depuis l’arrestation de C., c’est la première fois que ses proches se confient. « Tout ce qu’on dit peut avoir des répercussions », s’inquiète Bénédicte, craignant que tel ou tel élément soit « repris contre elle ». Dans leurs lettres à C., ses amis restent vagues. « Je ne sais même pas si je peux lui parler de trucs qui ont un rapport, même éloigné, avec des sujets militants : un bouquin, une émission de radio... », raconte Aurélie. Même sa grand-mère écrit des courriers « bateau de chez bateau ».

Très peu de membres de la famille savent que C. est incarcérée. Ils gardent le secret pour l’instant et suivent de près la situation. « Comme tous les proches de détenus, nos vies ont une autre temporalité, précise Bénédicte. Ce qui arrive à C. bouleverse énormément de vies autour. On est suspendus à quelque chose. »


Parmi les neuf personnes arrêtées le 8 décembre 2020, deux sont relâchées sans poursuites à l’issue de leur garde à vue. Clo M., 35 ans, est l’une d’entre elles. Son compagnon, S. G., 36 ans, a été mis en examen et écroué. Il est « artificier effets spéciaux » à Eurodisney, elle technicienne dans le cinéma et la télévision. En couple depuis quinze ans, ils sont propriétaires d’une petite maison, à Vitry-sur-Seine

Au matin du 8 décembre 2020, Clo M. entend du bruit en bas et pense à « des cambrioleurs ». Elle dévale les escaliers en culotte et en tee-shirt, espérant que sa présence « les fasse fuir ». « Sur les dernières marches, je me fais braquer par quatre armes. Mon copain me passe devant, il s’arrête net quand il voit que c’est la police. Il se fait attraper par les cheveux et tirer par terre, moi par les bras. On est séparés dans la seconde. » Les policiers leur annoncent qu’ils sont placés en garde à vue pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Clo M. n’en revient pas. « Comme ils disent mon nom et mon prénom, je me dis qu’ils ne se sont pas trompés de maison. J’avais été en manif les deux samedis d’avant, je me suis dit que c’était lié à ça. C’était complètement dingue. J’arrivais pas à penser, j’avais peur. »

Menottée à un fauteuil, Clo M. voit une trentaine de policiers s’activer dans la maison : les démineurs, le « groupe d’appui opérationnel », la brigade canine qui tient en laisse les deux chiens du couple. Elle assiste à une partie de la perquisition, qui dure dix heures. « J’ai énormément d’ordinateurs, de disques durs, de clés, de caméras et d’appareils photo. C’est mon métier. Ça prenait du temps. »

Vers 14 h 30, Clo M. est conduite à la DGSI en voiture, entravée et cagoulée. Elle n’est jamais entrée dans un commissariat contre son gré auparavant. Après une heure en cellule, la police la transporte en Seine-et-Marne pour une nouvelle perquisition : celle d’un poids-lourd aménagé en camping-car, appartenant au couple. Elle n’a pas mangé depuis la veille et la température est négative. « Même eux avaient du mal à écrire, tellement ils avaient froid. » Là-bas, les policiers saisissent un ordinateur et « des produits liés aux effets spéciaux ».

En parallèle, d’autres fonctionnaires perquisitionnent une yourte dans le Vaucluse, sur un terrain appartenant à la mère de S. G. Celle-ci est interrogée sur place, en audition libre. Clo M. a appris, depuis, que les policiers avaient emporté « une arbalète achetée dans une armurerie » et « un coupe-coupe ramené de Nouvelle-Calédonie, qui nous sert à nous frayer un chemin au milieu des buissons ». À Vitry, la police a aussi placé sous scellés une carabine. « Elle appartient à mon arrière-grand-père et elle n’est évidemment pas chargée. Mon père me l’avait prêtée pour un clip de rock, parce que je la trouvais jolie. J’ai des captures d’écran qui le prouvent. »

De retour à Levallois-Perret dans la soirée, Clo M. est entendue pour la première fois. Pendant trois heures, les policiers lui posent « des questions politiques très générales » : « Qu’est-ce que je pense des antifas, du black bloc, de la République de Macron, de la violence en manif, où est-ce que j’ai voyagé ? » Clo M. répond à tout. « J’estimais que j’avais rien à faire là et que ça leur permettrait peut-être de se rendre compte de leur erreur. »

Lors de l’interrogatoire suivant, les policiers veulent connaître ses positions sur le Rojava, la cause kurde, ils lui montrent « des photos de drapeaux ». Ils l’interrogent aussi sur les relations du couple avec Florian D. La jeune femme n’accepte de répondre que sur ce qui la concerne directement. À partir du troisième interrogatoire, elle décide de garder le silence. Comme la plupart des autres gardés à vue.

Dans sa cellule insonorisée et filmée en permanence, Clo M. rabat sa « capuche à tête de panda » sur ses yeux et tente de faire du yoga. Elle a le temps de réfléchir au rôle que les policiers lui prêtent : « une espèce d’alibi pour S. ». Les enquêteurs lui citent des extraits d’écoutes téléphoniques, insistent sur la profession de son conjoint. « Ils essaient de tordre la réalité pour la faire coller à leurs théories. Tout devient à charge. Oui on parle d'artifices, d'inflammateurs. C’est son métier. »

« Ils m’ont demandé ce que je pensais de la politique d’Emmanuel Macron »

À sa grande surprise, Clo M. est libérée le vendredi matin, après trois jours de garde à vue. « Ils m'ont dit plusieurs fois que je serais déférée, donc je pensais vraiment l'être. Dans ma tête, je partais en détention après. Mais ils m’ont remis la cagoule sur la tête pour sortir en voiture, et m’ont déposée devant le métro avec mon sac. » Elle appelle sa belle-mère, retourne à Vitry, découvre qu’en son absence les amis du couple ont fait un peu de rangement et nourri les chiens.

Clo M. attend le retour de S. G., sans se douter qu’il sera placé en détention provisoire. Elle obtient un permis de visite au bout d’un mois, après sa période d’isolement, et commence à aller le voir au parloir. « Il a demandé tout de suite à faire des activités, une formation, mais le statut de “terroriste” complique tout. Il n’a même pas le droit d’aller à la bibliothèque, les surveillants choisissent les bouquins pour lui. Il a pas mal maigri, il est pâlot et triste, le visage tiré, mais ça va un peu mieux qu’au début. »

Pour Clo M., le « traumatisme » reste intense. « J’ai été arrêtée un jour “normal”, alors j’ai l’impression que ça peut me retomber dessus à n’importe quel moment. Quand j’entends une portière qui claque ou une sirène, je pense que c’est pour moi. » Elle tente encore de récupérer sa voiture et son matériel informatique, saisis lors de la perquisition, dont elle a besoin pour travailler. Certains employeurs ne la rappelleront plus. « J’ai été honnête, je leur ai dit ce qui s’était passé. J’ai l’impression d’être une pestiférée. »

« On vit dans une sorte de film dont on a du mal à comprendre les tenants et les aboutissants, explique Mélanie*, une amie du couple. À partir du moment où on a su qu’ils étaient accusés de “terrorisme”, c'était ultra-flippant. » Elle décrit deux trentenaires issus « du milieu punk-rock », plutôt « antisystème », mais qui n’ont rien à se reprocher. « S. n’a jamais été violent, en manif ou ailleurs. Il ne se battait pas. Il a fait une seule garde à vue, sans suite, en décembre 2019, parce qu’il s’est fait arrêter avec un masque à gaz en descendant du bus de la CGT. » Mélanie considère que « sa profession, délicate mais autorisée, a été retenue contre lui ».

 

Trois mois après la première vague, d’autres gardes à vue antiterroristes ont eu lieu le 8 février 2021. Ce matin-là, la police arrête une jeune femme de 23 ans, en Dordogne. C’est l’ancienne colocataire de deux mis en examen, William D. et Bastien A. Elle passe trois jours en garde à vue à Bordeaux, puis à Levallois-Perret, avant d’être relâchée sans poursuites. Avec le recul, elle s’étonne des « moyens disproportionnés » déployés pour « un projet d’attentat qui n’existe pas ».

Le 8 février toujours, Marianne, âgée de 28 ans et en formation d’éducatrice spécialisée, est arrêtée à Ustaritz (Pyrénées-Atlantiques). Elle aussi pense d’abord à des cambrioleurs, mais c’est bien le Raid qui vient de défoncer sa porte. « J’ai eu la certitude que j’allais mourir, je n’oublierai jamais cette peur. »

Lors du premier confinement, au printemps 2020, Marianne s’était réfugiée en Dordogne pour quelques semaines, chez William D. et Bastien A. Florian D. et son amie C. les avaient rejoints, avec leur camion. Les policiers fouillent le studio de Marianne. Ils saisissent son ordinateur, son disque dur, son téléphone, perquisitionnent sa voiture puis la conduisent à Bayonne, cagoule sur la tête.

L’étudiante peine à comprendre ce que lui veulent les enquêteurs de la DGSI, venus de Paris. « Ils m’ont d’abord demandé si j’étais affiliée à un parti, ce que je pensais de la politique d’Emmanuel Macron, des gens qui n’ont pas de carte bleue, du Rojava. » Au fil des interrogatoires, les questions se portent « sur la disposition de la maison et sur Florian ». Marianne se souvient d’un garçon « gentil, cultivé, serviable ». On lui parle plus clairement d’armes, d’explosifs, « d’entraînements paramilitaires ». « Je ne suis pas au courant. Ce sont des choses qui ne font pas partie de ma vie. Je ne suis pas politisée. »

De cette garde à vue, Marianne garde le souvenir du « mépris » affiché par les policiers et de sa propre « naïveté ». « J’étais étonnée que les deux gars de la DGSI ne me disent même pas au revoir quand j’ai été relâchée. Il était 18 h 30, j’ai demandé un papier pour pouvoir sortir après le couvre-feu. Le policier m’a photocopié une attestation dans Sud-Ouest. »

La jeune femme s’est repliée chez ses parents, agriculteurs, et n’est pas retournée dormir dans son studio d’Ustaritz depuis. Elle a dû faire part de sa garde à vue à son école, son lieu de stage, son propriétaire, « qui doit réparer une porte défoncée par le Raid ». Pour l’instant, elle ne peut pas récupérer ses affaires, placées sous scellés. « C’est important que les gens sachent comment ça se passe. Si la police m’avait envoyé une convocation, j’aurais répondu de la même façon, donné mon ordinateur et mes codes. »

Il est tentant de comparer cette affaire à la dernière incursion de l’antiterrorisme dans le spectre de « l’ultragauche », en 2008. La police avait alors débarqué à Tarnac, un village de Corrèze, et dans d’autres départements, pour arrêter une dizaine de personnes censées appartenir à « l’ultragauche, mouvance anarcho-autonome ». Le groupe, que Julien Coupat est censé diriger, est alors accusé d’avoir commis des sabotages sur des voies TGV.

Dix ans plus tard, cette enquête menée avec les moyens de l’antiterrorisme, largement décrédibilisée par l’action de la défense, a débouché sur un procès de droit commun et une relaxe quasi générale. Depuis, le Pnat ne s’était plus jamais saisi de dossiers liés à « l’ultragauche », malgré les demandes répétées du parquet de Grenoble après des incendies volontaires à connotation politique.

L’affaire du 8 décembre n’a toutefois pas donné lieu au même emballement politico-médiatique que celle de Tarnac. Outre le tweet de Gérald Darmanin et quelques commentaires de Laurent Nunez, coordonnateur national du renseignement, ce dossier a eu relativement peu d’écho. Seuls Le Parisien et Le Point ont divulgué, juste après les arrestations de décembre, les premiers éléments de l’enquête et décrit « le profil hors norme » de certains mis en examen, à partir de leurs auditions en garde à vue et de rapports de police.

Depuis, le juge d’instruction a continué son travail en silence. Comme les avocats de la défense, qui n'ont pas souhaité s'exprimer dans cet article. Mi-février, les mis en examen ont été interrogés sur le fond. De nouvelles auditions sont prévues dans les prochaines semaines.

https://www.mediapart.fr/journal/france/270321/ultragauche-les-proches-des-militants-arretes-le-8-decembre-temoignent?page_article=1


Valide Brève 08 Feb 23:22

E.Macron, chef du gang fRance, à Nantes ce jeudi 11 fevrier 2021  : souhaitons lui une super mauvaise journée !


Valide Brève 02 Feb 10:57

Reçu :

Expulsion en cours à l'orangerie et à la Maison du peuple.
Appel à soutien.


Valide Brève 31 Jan 01:28

Je fais de mon mieux (y compris pour l’écriture inclusive) et chacun.e fait de son mieux avec son bagage de la vie. C’est cette pensée qui me permet de développer ma compassion : “Il n’existe pas de méchants, uniquement des souffrants”. Ce témoignage me permet de m’occuper de mon soin à moi-même, de regarder la douleur en face, pour m’avancer vers mon sourire grand format. Mais merde les agressions. Après une gestion de diverses agressions qui se sont déroulées à la ZAD du Carnet dans les premiers jours où je suis arrivée, j’ai vécu les ressorts de la société patriarcale et de la culture du viol ainsi que plusieurs tentatives de mise sous silence après une agression sexuelle qui m’a concerné directement cette fois. C’est pourquoi je viens porter ma voix sur ce sujet. Je veux être partie de la ZAD du Carnet en apportant un message important à mes yeux : La lutte contre le Capitalisme est indissociable de la lutte contre le Patriarcat. Pour vous raconter, en arrivant à la ZAD du Carnet, je souhaitais de la sincérité et de l’horizontalité. J’avais besoin d’autant plus de soutien et de compréhension face à mon état de victime d’agression sexuelle. Maintenant, à la Zone à Défendre du Carnet, j’ai été appelée exigeante parce que je veux ce que je veux, J’ai été appelée égoïste parce que je souhaite que l’on s’empare collectivement du sujet qu’est la place de la Femme et des minorités de genre en milieu militant. J’ai pu voir une personne qui a réalisé son mémoire dessus d’ailleurs. Je suis en apprentissage de mes besoins propres depuis un an, après avoir vécu de la violence conjugale durant plusieurs années. Je m’apporte mon soin à moi-même et apprends à recevoir de l’aide. Cette fragilité émotionnelle, j’en ai discuté avec plusieurs personnes de la ZAD du Carnet dans les premiers jours qui ont suivi mon arrivée. Maintenant, impossible de « prévenir » tout le monde tant nous sommes nombreux.ses. J’adoptais à la base une posture très contrôlante depuis mon arrivée en Zone à Défendre, pour ne pas montrer que je me sentais en insécurité sur ce sujet. Je n’en ai pris conscience que plus tard. J’ai, néanmoins, posé mes limites par rapport à l’alcool dès le départ : “c’est OK, chacun.e. est dans son processus et détient sa propre réalité; maintenant, je ne souhaite pas cela pour mon espace.” Je l’ai dit à plusieurs reprises et puis un jour, pour des questions de place pour dormir, je ne me suis pas sentie respecter dans mes limites parce que, un homme cisgenre m’a demandé : « En quoi cela te dérange de dormir à côté d’un mec bourré ? » (La personne qui m’a posé cette question, à mon sens violente et intrusive, s’est excusée quatre semaines après.). Et là c’était trop pour moi. Face à ce que j’interprétais comme une remise en question de mon vécu, j’ai fait une crise d’angoisse, chose qui m'était arrivée une fois par le passé quand j’avais été face à un choc émotionnel fort. Les sons ne sortaient plus de ma bouche, mon corps était paralysé puis s’est mis à trembler. J’étais en état de choc car ramenée à mon passé sans l’avoir désiré. Je vous laisse en déduire que je n’étais plus en capacité de comprendre ce dont j’avais besoin à ce moment-là, à la ZAD du Carnet. C’était vraiment compliqué dans ma tête car je ne comprenais pas encore, sur le moment, les traumatismes ravivés par la situation. Je suis arrivée à la Zad du Carnet avec une fragilité dont j’avais à demi conscience, mais pourquoi est-ce que cela m’aurait empêché de prendre part à la lutte ? Tout le monde fait comme il peut, avec ses croyances, ses peurs, son éducation, sa socialisation etc. Maintenant, j’avais peur par rapport à mon passé de revivre de la violence et c’est toujours quelque chose qui peut me stresser lorsque je me sens en insécurité, revivre de la violence passée. Là en l’occurrence, à la ZAD du Carnet, un homme cisgenre durant ma crise d’angoisse au milieu du collectif, m’a exprimé que je pouvais venir dormir dans son espace de vie si besoin. Les nuits étaient froides et l’endroit où il dormait était chauffé, j’ai accepté. Je me sentais en confiance avec sa proposition. Je me sentais en confiance avec lui. Seulement, après m’avoir réconforté avec mon consentement : sa main pour me réchauffer dans mon dos et ses mains sur mes mains, cette personne m’a touché une première fois à l'intérieur de ma cuisse gauche, ensuite sur le bas de mon ventre puis elle m’a touché sur mes seins. Dans la nuit du 10 au 11 novembre 2020, j’ai été réveillée à trois reprises car touchée dans mon intimité à trois reprises sans mon consentement. J’ai été surprise, sous le choc. “Il se passe quoi ?”, Je me suis demandée dans ma tête. “Je peux pas le croire, ce qui est en train de se passer c’est irréel, pas possible.” Je ne savais pas s’il dormait. Si c’était le cas, j’avais peur de vivre un sentiment de rejet si je le réveillais; j ’avais peur d’être rejetée de chez lui et de me sentir encore plus en insécurité. J’ai attendu que cela passe. Je ne bougeais pas. J’avais peur de sa réaction si je lui disais d’enlever ses mains. J’avais peur de la gêne qui se serait installée. J’étais sous le choc. “Qu’est-ce que je fais ? Il fait deux fois mon gabari.“ Dans un demi-sommeil, j’essayais de réfléchir sur mon ressenti et comment me sentir en sécurité malgré tout. Je me suis dit que je discuterai de ce qu’il s’était passé avec lui le lendemain. Le lendemain matin, j’ai repoussé à plus tard la conversation que je souhaitais avoir, faisant comme si de rien n’était devant lui. Je me sentais mal à l’aise. Je ne savais pas comment aborder le sujet. Je savais que quelque chose n’allait pas dans ce qui s’était passé la veille, mais je ne savais pas comment qualifier cela. Je voulais croire qu’il serait à l’écoute, et pourtant je n’arrivais pas à lui parler de comment je me sentais suite à ce qu’il s’était passé. Les jours qui ont suivi ont été complexes car je n’arrivais pas, au début, à mettre des mots sur ce qui s’était passé comme je l’ai dit. En parler était assez compliqué puisque je m’entendais bien avec cet homme cisgenre, qui m’avait touché sans mon consentement, pourtant. Durant ces jours, je repoussais les questions qui me venaient à l’esprit, par peur de voir la perception que j’avais de quelqu’un que j’appréciais, mais qui m’avait touché sans mon consentement, changer. Ce sont six jours après mon agression sexuelle, que j’en ai discuté avec une copaine qui m’a rappellé “Si tu ne veux pas, il n’a pas à toucher ton corps”. Et c’est à ce moment là que je me suis rappelée que cela n’était pas consentir que céder. Le groupe de mots “agression sexuelle” a commencé à me venir en tête. Je me suis, de plus, rappelée que c’est cette phrase “Céder n’est pas consentir”, qui m’avait permis de mettre des mots sur une précédente agression sexuelle plusieurs années auparavant. Cet homme cisgenre-là, dans la situation présente à la ZAD du Carnet, m’avait touché sans mon consentement dans mon intimité. C’était un fait. Il fallait que je l’accepte, pour moi. L’accepter, c’était, pour moi, d’autant plus me connecter à une mémoire collective importante qu’est la mémoire des femmes qui ont lutté pour la cause Féminste, et celles qui ont lutté contre les agressions sexuelles et les viols. Sortant de mon état de déni, ce sont plusieurs jours après que j’ai pris mon courage à deux mains. J’ai voulu en parler d’humain à humain avec lui, qui avait eu ce comportement d’agresseur, en conversation interpersonnelle, tous les deux uniquement. J’ai parlé calmement, expliqué mon ressenti, légitime de vouloir lui verbaliser. Il m’avait touché sans mon consentement, je m’étais sentie surprise, angoissée, triste. Je ressentais le besoin d’en parler avec lui. Il m’a assuré qu’il dormait. Néanmoins, pour des raisons personnelles et sur la défensive, il ne souhaitait pas davantage verbaliser la chose. Cela m’a affecté. Énormément. Cela m’a affecté que, face au terme d’agression sexuelle, qui pourtant jusqu’à juridiquement est une atteinte sexuelle sans consentement, nous n’arrivions pas à discuter constructivement. Il n’y a pas de consentement sans communication, pourtant. J’attendais de lui qu’il prenne sa responsabilité, qu’il reconnaisse ce que son corps a fait, ce qu’il a dit. Je souhaitais qu’il reconnaisse ce qu’il n’avait pas dit/demandé. Le lendemain de cette tentative de discussion calme de ma part, un de ses amis proches est venu me dire qu’employer ces termes d’agression sexuelle, ainsi que mon comportement, étaient un danger pour l’image de notre collectif, la ZAD du Carnet, que c’était ma “condition de Femme” , que c’était “commun”, je cite. “Il ne veut plus te voir alors tu devrais prendre tes affaires…” m’a-t-il dit également. D’autres m’ont littéralement dit ou fait comprendre que c’était l’homme cisgenre qui m’avait agressé qui était la victime. Ce dernier a d’ailleurs verbalisé par la suite, je cite, que j’avais “tout inventé” parce que je lui aurais “fait des avance” qu’il aurait “refusé”. Pour être transparente, cela m’a mis un coup dans le cœur d’entendre ses mots. Finalement, la ZAD du Carnet était scindée en deux camps pendant un temps. Beaucoup, si ce n’est la majorité, par manque d’énergie et autre, en ont eu marre que je parle de mon agression sexuelle. Ce sont leurs mots ou pour d’autres, une interprétation personnelle face à certains comportements ou dires : Certain.e.s ne m’adressaient plus la parole, refusaient de me prendre dans leur voiture au retour des manifestations auxquelles la ZAD du Carnet participait. “J’ai l’impression que tu t’accroches beaucoup au terme d’agression sexuelle“ , “C’est toi tu t’es collée contre lui je suis sûr.e.”... Entre-temps, j’apprenais les agressions physiques, verbales et/ou sexuelles, d’autres copain.e.s et certain.e.s prenaient de leur temps d’en parler avec moi. J’ai eu la chance de trouver des oreilles empathiques durant un temps. On m’a généralement reproché d’avoir fait de mon histoire un problème collectif. Cependant, nous l’avons exprimé un soir durant la lecture publique d’un texte (rédigé en journée durant 8 heures), avec des femmes et des personnes transgenre : la lutte est déjà scindée en deux ! Je m’explique : il y a des personnes qui sont prêtes à entamer un travail personnel de déconstruction concernant leurs privilèges et d’autres non, pas encore. Certain.e.s n’étaient pas prêt.e.s à recevoir ce message. En effet, “cela me pose problème que tu t’asseois dans l’espace collectif suite aux histoires que tu as créé”, est par exemple, symbolique des nombreuses tentatives de mise sous silence silence dont j’ai été la cible. Un.e zadiste vivant sur une autre ZAD m’a dit un jour : “tu sais l’ennemi le plus clair est l’instance policière et l’état pour nous, mais on oublie parfois que notre premier ennemi, c’est nous-même”. A la ZAD du Carnet, iels ont majoritairement conscience que c’est un travail sur le long terme, pour en avoir parlé avec plusieurs personnes, de mon point de vue. Maintenant, j’ai eu la sensation qu’on remettait en doute mon vécu. Oui j’étais en colère, légitimement. On m’a reproché ma colère, nourrie par les tentatives de mise sous silence et de remise en question constante de ma parole. Je l’ai extériorisé, ma colère, avec les outils que j’avais à portée de main sur le moment. Maintenant, j’en fait un moteur pour visibiliser la place de la Femme et des minorités de genre en milieu militant. Y a-t-il une bonne manière de réagir face à une agression sexuelle qui nous ravivent des souvenirs psycho traumatiques ? J’ai commencé à aborder la question dans mon podcast “Le Oh de Lola”. Oui, j’étais en colère de voir que la personne qui m’a agressé ne soit pas venue à une soirée que quelqu'un.e.s organisaient sur le sujet des agressions sexuelles avec un arpentage et une projection de film féministes. Plusieurs jours après ma forte démarche de visibiliser mon agression, la personne qui m’a agressé sexuellement a fait des excuses publiques, au début de l’Assemblée Générale de la semaine, et je l’en ai remercié. J’étais déboussolée par ce revirement. Cela faisait une semaine que je me battais pour que mon vécu soit visible et nonenterré. Je me suis également excusée à l’occasion de sa prise de parole pour la manière dont j’avais exprimé ma colère, en lui criant dessus, lorsqu’il avait exprimé que je mentais. Mais vous voyez, lorsque la personne qui m’avait agressé a exprimé devant le collectif, je cite : “pour elle c’était une agression, moi j’ai une perception un tout petit peu différente”,c’était vraiment difficile à avaler. En ce qui concerne sa perception, il m’a ensuite dit en conversation interpersonnelle : “je ne me sens pas agresseur.” Le bruit courait que “ça y est, c’est fini". Sauf que non, ce n’était pas fini. Ce n’était pas finit car, sur le long terme, qu’est-ce qui était proposé pour entamer un travail de déconstruction avec cet homme cisgenre ? Et un travail de reconstruction pour moi ? Suite à mon agression et celle d’une copaine transgenre, j’ai tagué #BalancetonZadiste. Quelqu’un a voulu effacer mon tag car “trop visible dans l’espace public” et qualifié de “violence classiste”. La bâche a fini par être dissimulée et remplacée, retrouvée par une copaine dans un tas de matériel entreposé dans la ZAD Du Carnet. Ma parole à tenté d’être silenciée et j’ai ressenti un manque de bienveillance, tout comme d’autres on pu le ressentir avant moi. Une copaine a écrit un article concernant son agression transphobe à la ZAD du Carnet également. Il s’intitule ZAD DE MERDE, publié sur IndyMedia. https://mob.nantes.indymedia.org/articles/54252 J’aurais pu écrire certaines phrases, qu’une part de moi ressent encore parfois : le manque de bienveillance en milieu anti-autoritaire (avec la notion d’accueil). C’est la Nature qui m’a accueilli à la ZAD du Carnet et qui m’a fait me sentir chez moi. Maintenant, mon intention là tout de suite et depuis le début, était et est de visibiliser qu’en ZAD, nous arrivons tous avec nos conditionnements extérieurs et faisons donc des erreurs. Néanmoins, ne pas prendre en considération collectivement les plus petits outrepassements de limites jusqu’aux agressions sexuelles à court, moyen et long terme, c’est être OK avec. Ne pas prendre position, c’est se rendre complice des comportements d’agresseurs.euses que le système capitalo-patriarcal nous a apportés. C’est encourager le système capitalo-patriarcal, que pourtant je ressens que nous combattons tous avec passion au Carnet, que de prioriser “l’image de la ZAD” aux soins aux victimes. Une ZAD ne peut être que Féministe. En tant que Femme dans un état de victime en recherche de réparation là bas, je ne trouvais plus ma place. Je me suis auto-exclue pour me protéger, et avec l’envie que cette histoire serve. S’il y a viol à la ZAD du Carnet aujourd’hui, qui se sentirait légitime de parler après cela ? Et les auto exclusions, combien de temps vont-elles continuer ? Le débat sur la gestion des agressions sexuelles à l’intérieur des communautés anti-autoritaires évolue constamment, il commence enfin à être porté au grand jour. Ne nous arrêtons pas en si bon chemin. On ne peut pas traiter les agressions par ordre d’affinité ou d’opinion. C’est pourtant cette logique que j’ai ressenti que la ZAD du Carnet m’apportait. Je ne cauchemardais plus d’expulsion, je cauchemardais qu’on me huait parce que je parlais ‘trop fort’ de Féminisme. Oui et encore oui, mon message a fini par être mêlé à de la colère car oui je l’avoue en toute vulnérabilité, la douleur était forte de voir que moi-même je finissais par douter de ce que j’avais vécu. La mise sous silence peut être puissante, mais pas au point que je me perde moi-même. Heureusement que je suis la personne qui m’accompagne tous les jours. Aujourd’hui, cela fait deux mois que je suis partie de la ZAD du Carnet et un mois que j’ai commencé à rédiger cet écrit. C’est avec les connaissances que j’ai accumulées sur le sujet des agressions sexuelles depuis neuf ans que je sais ce que j’ai vécu, aujourd’hui. Dans nos relations humaines, nous mettons souvent en place des limites qui, la plupart du temps, ne sont pas verbalisées mais supposées, implicites. Avoir réussi à nommer et assimiler que l’expérience que j’avais vécu était une agression sexuelle m’a permis de briser le silence. Généralement, lorsqu’on nomme soit-même ce type d’acte, on espère que la chose va être prise au sérieux et prise en charge par tou.te.s c.elle.eux qui en entendent parler. Maintenant c’est dur, c’est dur d’avoir la sensation que les gen.te. s préfèrent mettre une agression sous le tapis par peur de voir leur perception des comportements d’une personne changer, à la ZAD du Carnet. Selon moi, la personne qui a eu le comportement d’agresseur et moi-même en l’état de victime, avons, chacun de notre côté, lutté pour prouver que notre interprétation de la réalité est la “vraie”. Le sujet de mon agression sexuelle a été transformé en concours de popularité. Je sais que cela n’a et ne sera pas un cas isolé ni un à étouffer. Le Patriarcat préexiste au Capitalisme et le Capitalisme le renforce. Le Féminisme Marxiste postule à ce sujet que le capitalisme est intrinsèquement lié à la division sexuelle du travail et permet actuellement l’exploitation du travail non salariés/ non rémunéré des femmes et personnes en minorité de genre, ce qui crée notamment une dépendance économique aux hommes - et de cette dépendance économique par exemple, naît la vulnérabilité (toujours dans le sens de dépendance). Le Capitalisme Patriarcale est un ouvrage de Sylvia Federici que l’on m’a recommandé lorsque que j’ai parlé de mon expérience avec des médias éco féministes. Ce ne seront pas les seuls médias avec lesquels je débattrai haut et fort de la place de la Femme et des Minorités de Genre en milieu militant. Je tiens à préciser d’un point de vue personnel : j’estime que la lutte anti capitaliste ne peut être dissociée de la lutte anti patriarcale. A la ZAD du Carnet, on m’a dit “reconcentre-toi sur la lutte” . Mais comment, quand c’est ce système économico-capitaliste que la ZAD du Carnet valide à mon sens puisque des victimes d’agressions verbales, physiques et sexuelles en viennent à s’auto-exclure ? Ma parole mérite d’être entendue. Je le sais et je soutiens que, pour détruire le régime de la persistance du renforcement de la domination sous toutes ses formes, il faudrait, à mon sens, que l’on puisse en milieu militant, se mettre face à sa propre souffrance pour aller dans la direction de la soulager, pour s’entendre et se parler librement, reconnaître nos comportements agresseus.euses, ensemble. Nous avons tou.te.s en nous des comportements d’agresseurs.euses dûs aux conditionnements extérieurs. De plus, la prédation est en nous. Cela fait partie de nous mais cela ne nous définit pas en tant que personnes, en tant qu’êtres humains. Nous méritons tou.te.s de nous autoriser à pointer les comportements sexistes, machistes, transphobes, classistes, etc, ensemble, et de faire de la désobéissance civile créatrice plutôt que destructrice : Quand une personne sent que ses désirs n’ont pas été respectés, indépendamment de si un tribunal de justice trouverait qu’il y a assez d’éléments pour justifier des accusations d’agression sexuelle ou pas, il est nécessaire que toute personne impliquée dans la situation soit responsable pour elle-même des manières dont iels n’ont pas communiqué avec ou respecté l’autre. C’est ce que je fais en écrivant mon témoignage, je prends ma responsabilité. Moi-même je peux avoir des comportements d’agresseur.euse du fait d’exprimer ma colère auprès d’autres personnes qui ne sont pas prêtes à la recevoir. En tout cas, je croirai chaque personne qui me dira qu’elle a été verbalement agressé par moi à la ZAD du Carnet, car c’est le ressenti des personnes victimes qui compte en priorité, selon moi. Aborder cette question de ma colère, ce n’est pas nier mon agression sexuelle, ni défendre que l’homme cisgenre qui m’a touché dans mon intimité dans mon sommeil a eu un comportement acceptable. Au contraire, c’est exiger de reconnaître que nous vivons dans une société où l’agression est omniprésente, comme toutes les formes et les dynamiques qui la favorisent. Nous ne pouvons pas l’ignorer, ou prétendre que nous ne sommes pas capables d’en commettre une parce que nous avons nous-même été agressé.e.s, ou parce que nous travaillons à l’Anarchie dans tous les aspects de nos vies. Le moyen de débarrasser nos vies des agressions, c’est selon moi de creuser ces questions et d’apprendre à nous connaître. Bien souvent, les auteurs ont été des personnes victimes eux-mêmes. Cela veut dire qu’il faut qu’on rende le fait de se dire publiquement agresseur.euse suffisamment facile pour que chacun.e d’entre nous soit capable de se confronter ouvertement, honnêtement, et avec une peur amoindrie, à tous ses actes depuis le plus petit manque de considération jusqu’aux outrepassements de limites les plus sérieux. Et s’il faut que je passe de l’état de victimes à celui d’agresseuse dans un même écrit pour pour faire bouger les choses, qu’il en soit ainsi. C’est un fait. Le ressenti des victimes est la priorité, selon moi. J’ai été agressée à la ZAD du Carnet le 10 Novembre 2020, sexuellement, et c’est un fait. En réaction, j’ai agressé verbalement des zadistes à la ZAD du Carnet. Pratiquer le consentement et respecter les limites des autres est important à la fois dans les interactions sexuelles comme dans tous les autres aspects de notre vie : s’organiser ensemble, vivre en collectif, planifier des actions directes en confiance. Les relations non-hiérarchiques et consenties sont l’essence de l’Anarchie. Peut-être devrions-nous mettre la priorité sur la recherche et la promotion du consentement dans toutes nos interactions ? Même si j’ai toujours peur du regard que l’on peut porter sur ma démarche d’écrire mon témoignage et mes pistes de réflexions, je continuerai à participer à montrer la réalité de la place de l’Humain.e en milieu militant. S’il y a bien quelque chose que le système juridique m’a appris mais que je ne pensais pas devoir me rappeler à la ZAD du carnet c’est : plus on se rapproche de la réalité, plus on a du mal à être cru.e. Si la majorité des personnes de la ZAD du Carnet ne sont pas prêt.e.s à évoluer et à grandir avec moi sur ce sujet qu’est le Féminisme, c’est qu’on ne se correspond pas à l’heure où je vous parle. Maintenant, mon rôle dans ce monde n’est et ne sera jamais de rester assise et de laisser la Lutte pour la Préservation de la Nature être moins que la meilleure version d’elle-même, déconnectée d’elle-même, de sa beauté, et de l’Etre-humain.e. J’insiste sur l’Etre de l’humain.e. Qu’est ce que je retiens de m’être ‘auto-exclue‘ ? Pleins de leçons comme vous pouvez le voir. Je me suis auto-soignée par cette action. Je pensais avoir fui, mais en réalité je me suis protégée après avoir vécu un outrepassement de limites délibéré, que je préfère au terme d’agression sexuelle après moultes réflexions. Nous pouvons faire beaucoup pour briser le stigmate et la honte autour du sujet des agressions sexuelles en ouvrant le dialogue sur toute forme d’interaction non-consentie. En développant nos capacités à communiquer sur nos histoires d’abus (subis et commis), nos histoires sexuelles et nos désirs, nous pouvons créer les espaces pour commencer à parler des zones de flou autour des questions de consentement. Nous avons tou.te.s besoin de nous débarrasser des effets nocifs qu’il y a à vivre dans une société hiérarchique, et capitaliste. Pour cela, nous avons besoin de travailler ensemble. Maintenant, si on croit en nous quand personne ne le fait, on a déjà gagné.e. La sécurité on peut la trouver en nous, on a ce pouvoir. Mais bien sûr, l’environnement dans lequel nous vivons est important pour notre équilibre d’Etre humain.e. Nous faisons partie d’un plus grand Tout et ce plus grand Tout fait partie de nous, nous détenons tous les possibles de la Nature, en chacun de nous. Si on vous a dit, comme à moi, que vous étiez trop sensible, c’est faux. On ne sera jamais trop humains. Soyons humains. On en a besoin.


Valide Brève 26 Jan 19:49

Vous souvenez vous du bâtiment situé Avenue Albert Demun ? La Maison du Peuple de Saint-Nazaire et alentours ? Vidée de ses habitant.e.s "illégaux" le 21 Septembre sous prétexte qu'un projet immobilier devait naître.
Projet maintes fois répété dans les "médias" et par le Maire entre autres.

Et bien le voici 4 mois après. Comme vous pourrez le remarquer, aucune machine de chantier, aucune main d'œuvre, point de panneau de projet immobilier. Bref, un bunker immaculé, ultra sécurisé avec porte Anti squat, alarme ect. Mais pourquoi ? Pour simplement chasser les gueux du centre ville malgré l'hiver qui arrivait ?

Qu'en est t'il de ce projet immobilier qui tenait tant à cœur de nos chers élu.e.s ?


Photo de la façade de l'ex Maison du Peuple de Saint-Nazaire et alentours le 26 Janvier 2021.

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Valide Brève 21 Jan 14:01

Angers en feu ?

Face à l'ouverture récente d'une salle de boxe identitaire,


Face au cambriolage par des fascistes du lieu associatif et autogéré de l'étincelle, suivi d'un autodafé des livres qu'il contenait,

Face à la manif pour tous qui a affraité des cars de tout le grand ouest pour converger sur Angers le 30 janvier,

Et maintenant face à l'expulsion de la Grande Ourse, lieu qui hébergeait des dizaines de personnes depuis 18 mois, et qui était devenu au fil du temps un lieu central de l'organisation politique de la ville,

...on fait quoi ?

Pour l'instant, on a un communiqué de soutien à l'étincelle de solidaires49 (http://solidaires49.org/spip.php?article624), et le communiqué de l'étincelle elle-même (https://etincelleangers.wordpress.com/2021/01/21/lextreme-droite-montre-une-nouvelle-fois-son-vrai-visage/).>

Les temps sont durs, la solidarité est notre seul moyen de surmonter tout ça.


Valide Brève 27 Dec 21:02

Black Bloc, un dossier de Le Monde.Publié le 21 décembre 2020[Article Complet] https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/21/black-bloc-la-multiplication-des-manifestations-a-offert-a-certains-l-occasion-d-apprendre-le-cycle-provocation-repression_6064111_3232.html

"La composition sociale du black bloc est en mutation, dit dans une tribune au « Monde » l’historien spécialiste de l’anarchisme et de l’extrême gauche Sylvain Boulouque.

Plus précaires, plus nihilistes, les nouveaux profils reflètent la crise sociale et l’augmentation des violences policières :

Contrairement à ce qui est généralement affirmé, le black bloc n’est pas un mouvement politique, mais une pratique manifestante, apparue d’abord dans la mouvance autonome allemande et qui s’est depuis développée dans la gauche émeutière européenne. L’un des premiers Schwarzer Blocks est apparu à Frankfurt, le 1er mai 1980. Il s’agissait d’un groupe anarchiste manifestant le visage découvert.

L’expression est ensuite reprise par la police allemande pour désigner les autonomes tentant d’empêcher les expulsions des squats. Elle connaît une réappropriation positive dans les années 1990 et se dessine sous sa forme actuelle. Le black bloc est aujourd’hui une pratique manifestante internationale qui se retrouve aussi bien à Hongkong, à Barcelone, à Santiago…

Les émeutiers ne se revendiquent pas forcément de cette mouvance. Cette pratique prend une tonalité particulière en France parce qu’elle s’inscrit dans la continuité de deux siècles d’émeutes urbaines depuis la Révolution française. En France, actuellement, de l’observation du phénomène black bloc, quelques constantes se dégagent.

Une force capable de défier l’Etat

Le bloc se constitue en avant ou dans le cortège au début ou au cours des manifestations. Pour se développer, il doit bénéficier d’un effet de surprise, d’un terrain et d’un milieu favorables. Le bloc se forme au sein d’une foule plutôt bienveillante, parfois appelée, en fonction de sa place dans la manifestation, « cortège de tête ». Il lui sert de zone de protection et de refuge. Ses participants s’habillent de noir pour rester dans l’anonymat et éviter toute personnalisation, par refus du principe du chef et parfois même par romantisme révolutionnaire.
Les émeutiers se pensent et se constituent comme une force capable de défier l’Etat. Ses membres affirment une forme de désobéissance civile. Ils rejettent les manifestations imposées par les pouvoirs publics et s’inscrivent dans une logique révolutionnaire visant à rompre avec les pratiques dites réformistes des manifestations pacifiques. Le recours à la violence est une de ses expressions possibles. Il est l’affaire de choix individuels ; tous les manifestants physiquement présents au sein du bloc ne participent pas à l’émeute ou à des actions violentes, mais se montrent solidaires ou refusent de condamner les choix des autres.

Force est de constater que les actions du black bloc ne sont médiatisées que lorsque certains de ses participants ont recours à la violence. Ainsi, peu de commentateurs ont fait état de l’existence d’un « pink bloc » lors de la manifestation féministe du 23 novembre 2019 à Paris ; personne, ou presque, n’a relevé qu’à Hambourg, le 6 décembre dernier, un black bloc de plus de 3 000 personnes a manifesté pacifiquement pour afficher sa solidarité avec cinq manifestants incarcérés lors de précédentes manifestations pour des actions violentes.

Des émeutiers pas tous issus de la catégorie des CSP +

Inversement, les dégradations sont filmées en direct avec une forme de fascination, voire une certaine délectation. Elles sont ensuite reprises en boucle et font l’objet d’une avalanche de déclarations politiques, traduisant les discours sécuritaires qui viennent étayer des projets de lois ou des discours politiques dans les traditions des mouvements de droite conservatrice ou nationaliste, sur lesquels se greffe une pseudo-analyse du phénomène black bloc, souvent éloignée des réalités sociopolitiques.

Les émeutiers appartiendraient tous à la catégorie des CSP +, seraient des enfants de bonnes familles, voire des enfants d’enseignants. Or, excepté quelques cas isolés, rien ne permet de valider ces hypothèses. Régulièrement brandi par une partie de la sphère politique de gauche et de droite, le thème des provocations policières – les « casseurs » seraient manipulés pour discréditer les mouvements revendicatifs, voire certains d’entre eux seraient des policiers – relève, pour l’essentiel, de la fantasmagorie.

Cette fantasmagorie rejoint des thèses avancées principalement par le Parti communiste français pour qualifier les actions des autonomes dans les années 1970, sans qu’aucune preuve n’ait été apportée, hormis la réalité de certaines infiltrations à des fins de surveillance. Dans la même logique, une partie de la mouvance antifasciste est parfois incriminée par l’extrême droite, qui, par un procédé rhétorique, cherche à jeter l’opprobre sur le mot même.
Un reflet de l’évolution d’une partie de la société
Si les tenues et les pratiques manifestantes peuvent parfois être proches et si quelques manifestants participent à ces actions, rien ne prouve que la majorité des militants qui se revendiquent « antifas » participent aux violences. L’accusation de laxisme de la justice bute sur la réalité des faits. Des dizaines de personnes ont été condamnées à des peines de prison ferme et plusieurs centaines ont été frappées d’interdiction, avec des mises à l’épreuve, de manifester ou de se rendre dans les villes le jour desmanifestations depuis 2016.

Ces débats biaisés empêchent de comprendre la nature et la transformation du phénomène. En effet, si le black bloc est une pratique manifestante, cherchant à renvoyer l’Etat à ses propres contradictions, il est aussi un reflet de l’évolution d’une partie de la société, la renvoyant à sa propre violence. La forme du black bloc semble en mutation, un reflet et une conséquence de la déshumanisation et de la crise sociale, d’une part, et de l’augmentation des violences policières, d’autre part.

Comme la pratique émeutière se diffuse in situ, par l’expérimentation de la rue, la multiplication des manifestations a offert à de nouvelles générations l’occasion d’apprendre le cycle provocation-répression. Les anciennes générations cohabitent avec de nouvelles, dont le profil évolue. On assiste à un élargissement générationnel – des mineurs aux cinquantenaires –, quantitatif, et à une diffusion géographique du nombre de personnes pouvant potentiellement participer aux émeutes.

L’émergence d’une nouvelle forme de conflictualité

Les blocs se formaient principalement dans quelques îlots (Paris, le Grand-Ouest). Aujourd’hui, dans toutes les grandes villes se produit ce type d’action.
Socialement, une mutation s’opère. Les informations qui émergent suite aux différents procès et aux comparutions immédiates montrent que toutes les catégories sociales se retrouvent devant la justice. Aux profils majoritairement d’étudiants et d’ouvriers qui composaient les accusés auparavant succèdent, devant les tribunaux, des individus aux situations encore plus précaires.Ils viennent non des centres-villes mais des banlieues et, plus encore, des périphéries. La socialisation politique évolue. Les nouveaux émeutiers se sont forgé une opinion de manifestation en manifestation. Les slogans et graffitis qui accompagnent les émeutes se sont modifiés. L’anticapitalisme demeure, mais le caractère sarcastique et symbolique des attaques s’est réduit, sans avoir totalement disparu.Cette mutation traduit l’émergence d’une nouvelle forme de conflictualité, illustration d’une rupture interne dans la violence politique et sociale, subie comme exprimée. Le caractère jusque-là codifié des émeutes tend à disparaître. La tendance actuelle est bien plus inscrite comme une forme de révolte contemporaine qui, faute de perspectives, verse dans le nihilisme."

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Valide Brève 06 Dec 22:36

La CGT-poste à déposer un préavis de grève illimité à partir de demain dans le 44. Tout ceux qui peuvent venir soutenir les grévistes rdv demain dés 8h00 aux sorinieres , 55 rue de la ferniere devant la ppdc de la poste .


Valide Brève 17 Nov 17:25

D’après des informations des réseaux anti-racistes antiracialistes, le hooligan et néo-nazi français nommé  " Marc de Cacqueray-Valmenier" , chef des  ""Zouaves Paris"",  aurait combattu en Arménie dans le Haut-Karabagh ( avec les militant-e-s fascistes dont des islamofascistes et des cathos fascistes) .


Valide Brève 04 Nov 02:20

Blocus du lycée des Bourdonnières (Sud Nantes), rendez vous des 7h entrée principale ! Plus d’infos sur Instagram : @actionsbourds


Valide Brève 03 Nov 18:18

En ce Mardi 03 Novembre, le mouvement lycéen a repris partout en France pour protester contre les mesures gouvernementales concernant les établissements scolaires. Nous lycéen.ne.s des Bourdonnières avions décidé de ne pas participer à ce mouvement, bien que nous le soutenions. Cependant, les choses vont vites, les avis changent. C’est suite à cela que nous avons décidé que ce Jeudi 05 Novembre les Bourdonnières seront de la partie et rejoindront le mouvement lycéen. Nous dénonçons : - Le sacrifice du peuple, des enseignants et élèves pour garantir le fonctionnement de l’économie libérale pour que le capital s’enrichissent encore plus. - L’inaction du gouvernement qui est responsable de la situation dramatique de cette seconde vague ( suppression de lits, manque de moyen dans les hôpitaux, soignants sous-payé puis aucune mesures prises dans les écoles lors de la recrudescence du virus à la rentrée). - Un nouveau protocole sanitaire qui est inexistant et qui doit être modifié par les proviseurs, professeurs etc..(qui n’ont aucune compétence en la matière, ce n’est pas leur boulot). - La mise en danger des professeur.es, des élèves et notamment leur entourage avec tous les brassages dans un lycée de 2000 élèves notamment au self où la distanciation reste impossible. Nous appelons, ce Jeudi tous les lycéen.nes, professeur.es (en faisant grève ou en utilisant leur droit de retrait) et tou.tes celle.ux qui se sentent concerné.es à venir dès 7h participer au blocage des Bourdonnières dans le strict respect des gestes barrières. Nous espérons également que les autres lycées nantais se mobiliseront. Merci de relayer cet appel ! Ne nous regardez pas, Rejoignez-nous !

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Valide Brève 28 Oct 22:30

# # # #GREVEGENERALE !!!!!!!!


Valide Brève 15 Oct 11:04

! URGENCE EXPULSION IMMINENTE AU VILLAGE DU PEUPLE ???? Besoin de soutien sur place ???? Expulsion confirmée par la gendarmerie ???? Zone quadrillée, présence de 7 camions de gendarmerie minimum et une soixantaine de CRS encerclent le Village ???? Vigilance au Carnet Voir https://twitter.com/StopCarnet/status/1316632252101648384

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En attente Brève 13 Oct 21:19

C’est avec tristesse que nous apprenons que les expulsions pleuvent ces derniers jours. Hier, la Commune de Rezé a été évacuée par les forces de l’ordre. Aujourd’hui, depuis 7h30, la Zad de Roybon subit une attaque de gendarmes.

Des liens forts unissaient nos lieux. Par exemple, la Commune de Rezé prévoyait une soirée de soutien à la Zad du Carnet dans son squat. Ces derniers temps, de nombreuses personnes ont voyagé entre Roybon et le Carnet afin de se rencontrer, de partager nos expériences et tout simplement de changer d’air.

En soutien, les copaines de la Zad du Carnet ont pris une photo !

ZAD du Carnet

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En attente Brève 13 Oct 13:45

RDV aujourd'hui, au 53 Rue de la Commune, à Rezé, à 12h30 et 18h30, pour soutenir -La Commune- de l'expulsion d'hier matin. Ce n'est pas fini!

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