L’ALLEMAGNE NARRE DES CONTES POUR ENFANTS SUR LE TERRORISME

Il y a quelques jours, le procureur de Coblence (Koblenz) a fait une déclaration sur les récentes opérations menées contre le DHKP-C sur l’ensemble du territoire allemand :

– Le 9 juillet 2003, 45 maisons et établissements commerciaux répartis dans les Lands de Rhénanie-Palatinat (Rheinland-Pfalz), de Bade-Wurtemberg (Baden-Württemberg), de Bavière, de Hesse, du Pays de Sarre (Saarland), de Thuringe (Thüringen) et de Westphalie (Westfalen) ont été perquisitionnés et ce, sous la permission et la supervision du procureur de Coblence.

– Le 15 juillet 2003, les enquêteurs ont signalé avoir perquisitionné une association culturelle et la rédaction d’un journal dans les environs de Cologne et de Bonn où ils auraient découvert des pièces à conviction.

L’opération a ainsi été rendue publique par l’intermédiaire du procureur de Coblence.

D’après ce communiqué, les enquêteurs recherchaient « des personnes qui abriteraient et soutiendraient le DHKP-C ».

Il semblerait donc qu’ils soupçonnaient les personnes occupant les habitations perquisitionnées.

Il s’agit là, d’une déclaration plutôt bizarre.

En effet, ces propos ne correspondent pas au discours juridique que l’on a l’habitude d’entendre.

On parle de « suspects »… Il y avait juste des suspicions et d’après le magistrat, cela suffisait pour procéder à des descentes dans 45 maisons et établissements commerciaux.

Pourtant, cela ne suffit pas pour être crédible.

C’est pourquoi, le magistrat a du récidiver: le 15 juillet, une association et de nombreux domiciles ont été perquisitionnés à Cologne et à Bonn.

Cette fois, le motif était différent; la personne dénommée … était recherchée et l’on soupçonnait cette personne d’avoir des liens avec l’organisation.

Encore une fois, on parle de soupçons. Ensuite, les autorités ont déclaré que cette personne fréquentait ce centre culturel et ce bureau de rédaction et que par conséquent, il leur fallait enquêter à ces adresses pour « collecter des épreuves judiciaires ».

Le conte pour enfants continue: la personne prétendument recherchée est arrêtée et mise en garde à vue à l’entrée de l’association culturelle située à Cologne.

Mais le magistrat n’est pas encore satisfait.

Puisqu’on est là et que l’on a un mandat de perquisition, on ne va pas se gêner. C’est donc ce qui arriva.

Manifestement, l’histoire de la personne « recherchée » paraît tout à fait douteuse et suspecte. Car aucun délit n’est signalé. Le motif de son arrestation reste inconnu. Commence alors l’histoire de la recherche de preuves sur fond de balivernes sur le terrorisme.

1- Nous devons faire savoir avant tout que l’association, le bureau de rédaction et les établissements commerciaux perquisitionnés par la police n’ont rien à voir avec notre organisation. La personne prétendument recherchée non plus.

Les affirmations de la magistrature de Coblence ne sont que des fables délibérément inventées.

Le procureur a avancé ses affirmations et ses motifs dans le seul but de fabriquer des suspects. La question qu’il faudrait poser, c’est pourquoi le procureur de Coblence ressent ce besoin. Qu’y a-t-il dans les coulisses de cette opération policières?

Nous avons une réponse :

En Europe, le DHKP-C a une activité qui est des plus démocratiques et des plus légales.

Le DHKP-C ne pratique en Europe aucune action violente.

En 1993, suite aux provocations de l’oligarchie de la Turquie, un putsch s’est déclaré au sein de notre organisation.

Les auteurs de ce putsch, qui étaient en collaboration avec l’Etat allemand, ont fait usage de violence contre notre organisation à des fins de provocation et ce, afin que nous soyons criminalisés.

Ces provocations ont été fomentées par les agents de l’organisation allemande de protection de la Constitution.

Les preuves de nos affirmations apparaissent dans les actes du procès qui a été intenté par la suite contre notre organisation.

Ces provocations ont donné des résultats puisqu’une fois les lois mises de côtés, notre organisation a été déclarée interdite sur le sol allemand.

Après la décision d’interdiction, les autorités ont mené des poursuites (arrestations, condamnations, emprisonnement) contre nos membres et sympathisants dans toute l’Allemagne.

Malgré cela, notre organisation est parvenue à neutraliser ces provocations en menant une campagne intense de dénonciation de la collaboration qui existait entre les autorités allemandes et le pouvoir fasciste de la Turquie.

Notre activité était si dévoilée et publique que l’organisation de protection de la constitution a du reconnaître dans ses rapports annuels que « le DHKP-C ne recourt pas à la violence mais se contente de faire du travail de propagande ».

Le procureur et les tribunaux concernés ont été contraints de reconnaître n’avoir trouvé aucun indice relatif à une activité criminelle ou violente de notre organisation.

Qu’est-ce que cela veut dire? Que la décision d’interdire notre organisation n’avait aucune validité ni aucune base légale.

C’est dans ce contexte que les provocations du procureur de Coblence ont repris.

Les magistrats n’avaient donc pas la moindre preuve qui puisse étayer leur démagogie sur le « terrorisme » et la « violence ».

C’est pourquoi, à présent, ils disent qu’untel « POURRAIT abriter » l’organisation, qu’il « SERAIT recherché », des expressions farfelues qui n’ont rien à voir avec le droit et la réalité. C’est sur cette base qu’ils ont mené des descentes brutales à tort et à travers.

Leur unique but: SOUTENIR L’OLIGARCHIE FASCISTE DE LA TURQUIE.

Récemment, le ministre de l’intérieur de l’oligarchie de la Turquie s’est rendu en Allemagne, s’est entretenu avec son homologue allemand et ce dernier a fait des promesses à la Turquie.

Pour voiler ses massacres, ses crimes et ses tortures, le pouvoir fasciste de la Turquie ne cesse de recourir à la démagogie sur le terrorisme.

Selon ce discours, toute personne qui s’oppose au système est qualifiée de terroriste.

En présence du ministre allemand de l’intérieur, il a listé toutes les personnes, toutes les associations, les journaux, les fondations de l’opposition existant en Allemagne, en Europe et en Turquie en tant que « terroristes contre lesquels il faut faire le nécessaire, notamment bannir leurs activités ».

Ces entrevues et ces dialogues n’ont rien de secret. On a pu les suivre dans les médias.

Les agissements illégaux du magistrat de Coblence ne sont que la conséquence des promesses données au ministère de l’intérieur Abdülkadir Aksu et des accords passés avec ce dernier.

Il n’y a pas une ombre de terrorisme ou de violence, mais le pouvoir allemand a donné sa parole à la Turquie de réprimer ses dissidents.

C’est le sens de l’opération illégale menée par le magistrat de Coblence.

Toutes les foutaises et les non-sens avancés par les autorités allemandes sont la conséquence de cette entente.

Alors, maintenant, ces autorités essaient d’argumenter leurs agissements par un verbiage complètement inadapté à la réalité.

Avec ces opérations, on veut faire plaisir au régime fasciste en Turquie et donc, on cherche par tous les moyens à prolonger l’interdiction du DHKP-C.

Et puis, en plus, l’Amérique a déclenché une vaste campagne démagogique sur le terrorisme avec laquelle, elle espère imposer son hégémonie sur le monde.

Par conséquent, quand on prononce aujourd’hui le mot « terroriste », tout est permis.

Les lois et le droit n’ont plus aucune importance.

C’EST CE QUE L’AMERIQUE PROFESSE.

L’occupation de l’Afghanistan puis celle de l’Irak n’ont-elles pas été prétextées ainsi? Sans compter tous les crimes commis à Guantanamo sous le couvert de la même argumentation?

Apparemment, le procureur de Coblence a bien retenu la leçon donnée par l’Amérique.

2- Qui est donc le ministre turc de l’intérieur Abdülkadir Aksu?

L’Allemagne doit sans doute très bien le connaître.

Sans doute, l’Allemagne sait également très bien pourquoi et comment la démagogie sur le terrorisme est fabriquée, comment fonctionnent les lois et le système judiciaire.

L’Etat allemand doit certainement être très au courant des massacres, des exécutions extrajudiciaires et des tortures perpétrés en Turquie.

Car l’Allemagne fait partie de ce système.

Pire, elle assiste le régime fasciste de la Turquie dans bien des domaines: la science, l’éducation, la technique etc.

L’Allemagne accorde en outre des crédits au régime turc des tortionnaires.

De même, Abdülkadir Aksu est un fidèle argousin du fascisme en Turquie.

Quand on parle d’assassinats commis par des inconnus, on pense directement à lui.

Quand on parle des provocations du Hizbullah et de ses assassinats, c’est le premier nom qui nous vient à l’esprit.

Le ministre allemand de l’intérieur connaît toutes ces choses de manière détaillée mais cela ne l’empêche pas de négocier avec Abdülkadir Aksu et de procéder à des perquisitions pour exaucer les voeux de son homologue.

Le procureur de Coblence incapable de se justifier de manière sérieuse se contente de parler au conditionnel, avec des « …RAIT » partout.

Le procureur de Coblence se doit de donner des explications sur les mobiles qui l’ont poussé à sacrifier les principes élémentaires de droit et de démocratie.

En fin de compte, les associations, la rédaction du journal et les domiciles pris pour cibles par le magistrat de Coblence les 9 et 15 juillet n’ont aucun lien avec notre organisation.

CETTE OPERATION A ETE MENEE EN PLEINE COLLABORATION AVEC LE REGIME FASCISTE DE LA TURQUIE.

IL S’AGIT D’UNE OPERATION QUI VISE À NEUTRALISER ET ANEANTIR TOUS LES SOCIALISTES, LES PROGRESSITES ET LES ANTI-FASCISTES.

Le pouvoir allemand et le magistrat de Coblence doivent cesser de collaborer avec le régime fasciste de la Turquie.

Il n’y a aucune raison de maintenir l’interdiction contre le DHKP-C.

Cessez vos provocations et lever l’interdit qui pèse sur le DHKP-C.

Le 24 juillet 2003

DEVRİMCİ HALK KURTULUŞ CEPHESİ
REPRESENTATION EUROPEENNE