Ce vendredi 15 mai, nous montrons l’importance de se rappeler du 15 Mai 1948, de la Nakba, qui ne s’est jamais arrêtée. Nous dénonçons les complicités actives d’EUROLINKS dans l’armement d’Israël et le génocide des palestinienn-es

Le 15 mai 1948, au lendemain de la création de l’État d’Israël impulsée par la culpabilité — et les intérêts — des puissances occidentales, presque un million de Palestinien·ne·s furent chassé·e·s par tous les moyens de leurs terres. Il fallait donner un nom à ce jour-là, et les Palestinien·ne·s l’ont appelé Nakba, la « Grande Catastrophe ». Il fallait le nommer pour ne pas l’oublier.

Chaque année désormais, le peuple palestinien appelle à commémorer ces centaines de milliers de mort·e·s et d’exilé·e·s. Ces commémorations n’ont pourtant rien à voir avec le souvenir d’un événement révolu : elles sont un acte de résistance au présent face à une Grande Catastrophe qui ne cesse pas de se produire. Le harcèlement des palestinien·ne·s ne s’est en effet jamais terminé et, depuis le 7 octobre 2023, les Gazaoui·e·s revivent les plus grandes déportations et déplacement forcées depuis 1948 : 90% de la population a été deplacée. Ce sont aussi ces descendant·e·s des personnes déplacées pendant la Nakba, qui vivent des bombardements incessants depuis plus de deux ans.

Ce n’est qu’un acte de responsabilité de se caler sur cet agenda et de répondre à l’appel à faire exister ce 15 mai. Responsabilité plus que solidarité, parce que ce n’est pas depuis une innocence bien intentionnée que nous agissons, nous, habitant·e·s des puissances impérialistes. Ce sont ces puissances, leurs institutions et leurs représentant·e·s, les entreprises qui font circuler ici même le capital ; ce sont elles qui rendent rigoureusement possible le déracinement et les massacres du peuple palestinien. Sans la complicité de ces puissances, le génocide n’existe pas.

Preuve en est la filière marseillaise du génocide made in France : Eurolinks. Cette entreprise « familiale » dirigée par la famille Bonelli fabrique entre autres des maillons métalliques servant à relier entre elles les balles de fusils mitrailleurs « Neguev 5 ». Des munitions de ces armes ont été retrouvées dans les corps de Palestinien·ne·s.

Notre responsabilité est de mener la lutte sur tous les fronts afin de défaire cet avatar local de la machine génocidaire. Ce 15 mai, nous nous sommes rassemblé·e·s à l’entrée de l’usine (14 rue Louis Leprince-Ringuet, 13013). Ce n’était pourtant qu’une première visite, pour qu’ils sachent que nous non plus, nous n’oublions pas. Bien d’autres suivront, et sous bien d’autres formes, jusqu’à ce que ces machineries cessent de transformer la mort en marchandise

PS :

Travailleur·euses de l’armement, ce ne sont pas nos guerres, ce sont leurs profits. La précarité, les difficultés économiques, l’utilisation de contrats intérimaires sont des moyens pour ces usines de vous contrôler. Eurolinks s’enrichit sur les guerres, ils ont armé la France dans ses guerres coloniales en Algérie et en Indochine.

https://mars-infos.org/la-nakba-ne-s-est-jamais-arretee-8601