Dans la nuit du 6 au 7 avril nous avons saboté à Bourges et dans ses alentours le réseau électrique qui alimente ce « bastion de la défense terrestre nationale » où écoles militaires, Direction Générale de l’Armement Techniques Terrestres, centres de formations techniques y côtoient « le premier pôle de concentration d’industriels de la Défense en Europe » : Missilier MBDA, canonnier KNDS (Nexter), équipementiers Roxel, Michelin, Mécachrome, Auxitrol Weston, ASB Aerospatiale, etc, et leurs dizaines d’entreprises sous-traitantes.

Les guerres sont les actes de naissance des États, leurs arsenaux et leurs armées sont leurs cartes vitale et leurs cartes de visite.Pour les États, la course à la puissance militaire est une question de survie où l’attaque et la défense se confondent et où ce sont toujours les populations qui trinquent. On ne produit pas des armes pour les parades du 14 juillet mais pour les vendre et les utiliser. Ce pays de merde est quand même le second exportateur de technologies de mort au monde, qu’il fournit à une soixantaine d’États. Cette militarisation engendre partout obéissance, conquêtes, massacres, viols, enfermements, destructions.Guerres et Paix sont les fausses alternances d’une continuité stratégique de tous les pouvoirs : asservir et s’approprier tout ce qu’ils peuvent réduire à l’état de ressources. Cette réalité crue est quotidiennement voilée par une propagande aussi subtile que grossière. Chaque camp manipule les mêmes ficelles : « l’autre est une menace », « l’autre est un monstre », « nos valeurs et notre cause sont les seules justes », « nous ne faisons que répondre à une agression ».

Nous sommes de celles et ceux qui veulent déchirer les mythes qui solidarisent les opprimés avec leurs oppresseurs. Du front à l’arrière, l’effort de guerre repose sur notre adhésion et notre mobilisation massive comme dans ce bassin militaro-industriel.Ici et ailleurs, chacun-e, activement ou passivement, a sa part de responsabilité dans le fait que continue de tourner cette machine de guerre.Pourtant, loin des hiérarchies viriles et de leur puanteur disciplinaire, qu’est ce qui nous empêcherait un beau matin de s’élancer dans une lutte d’usure contre toutes les guerres et leurs causes, les dominations ?

S’opposer aux faiseurs de guerres est toujours possible et absolument nécessaire, alors désertons tous les rangs et en avant !