No War on Iran

« Mais aucun État n’est en droit d’utiliser la justice pour les iraniens comme un prétexte pour faire avancer ses propres ambitions de domination… »

– Amir Khadir

Ressources principalement en anglais sur le site History is What’s Happening.

Le 28 février 2026, les régimes dotés de l’arme nucléaire d’Israël et des États-Unis ont lancé des attaques coordonnées en Iran, ouvrant le dernier front dans la guerre que l’Occident mène contre la Palestine et d’autres pays dans le Moyen-Orient depuis octobre 2023, si ce n’est depuis 1948, ou 1917, ou les Croisades. De façon prévisible, le Canada et l’Ukraine, tout partenaires junior et pays impérialistes qu’ils sont, ont immédiatement annoncé leur soutien à l’agression d’Israël et de l’Amérique, en dépit des croissantes pertes civiles, y compris dans une école primaire pour filles à Minab.

Ceci a répété le schéma des précédentes années, quand le Groupe des sept (G7), y compris le Canada, et son allié, l’Ukraine, ont fait des déclarations publiques soutenant Israël dans son rôle d’agresseur et condamnant le régime attaqué de l’Iran. Quand l’Amérique a suivi avec ses propres frappes aériennes, le Canada et l’Ukraine ont annoncé leur soutien pour cela aussi et ont réitéré leur condamnation de l’Iran. La soit-disant guerre des Douze Jours qu’Israël et l’Amérique ont lancé à la mi-2025 était vraiment juste l’ouverture et la fermeture d’un front dans une guerre en cours, à rouvrir de nouveau quand c’est opportun, comme nous pouvons désormais clairement le voir à travers la poussière et les décombres.

À première vue il peut paraître étrange pour le Canada et l’Ukraine de soutenir une guerre d’agression contre l’Iran et d’autres pays du Moyen-Orient, étant donné le soutien massif que le Canada et le reste de l’Occident ont donné à l’Ukraine en réponse à l’agression de la Russie, mais dans un contexte historique c’est pleinement conforme avec le passé de l’Occident au Moyen-Orient. Du côté de l’Ukraine, il y a une histoire d’offre de soutien politique à Israël, important de l’armement israélien, exportant son propre armement à des régimes répressifs comme celui d’Arabie saoudite (et du Myanmar), et participant aux occupations menées par l’Occident en Irak et en Afghanistan dans les années 2000.

Pour l’Occident et son partenaire l’Ukraine, le problème n’est pas qu’attaquer et occuper d’autres pays est mal, c’est juste que les bons pays devraient être ceux qui le fasse et s’en sortent bien. C’est quelque chose que nous voyons encore et encore depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, avec le soutien continu de l’Occident pour l’invasion et l’occupation israélienne de la Palestine, une occupation dont les racines remontent à la division des colonies au sein des empires occidentaux à la fin de la Première guerre mondiale, et avant cela également. La guerre ne fait qu’engendrer plus de guerre, et pour certains d’entre nous, le colonialisme n’a jamais pris fin.

Le réel problème pour l’Occident n’a jamais été non plus si l’Iran développait des armes nucléaires ou non. Les US sont le seul pays au monde qui ait effectivement utilisé des armes nucléaires dans une guerre. Israël a développé un programme d’armes nucléaires avec l’aide de la France impérialiste et l’Afrique du Sud de l’apartheid mais sans supervision internationale. Israël et les US sont constamment en guerre avec les peuples indigènes dont ils occupent les territoires. Ils ne sont pas des garants de sécurité mais des garants de souffrance, autant nucléaire que conventionnelle.

Le soutien continu de l’Occident à Israël en dépit de l’intensité de ses attaques en Palestine, au Liban, au Yémen, et en Syrie (y compris au consulat iranien dans ce pays) ne pouvait qu’encourager à agresser l’Iran en 2025 puis désormais à l’escalade. Qu’est-ce qui allait les arrêter ?

Chaque jour il devient de plus en plus clair que nous ne pouvons pas compter sur des États-nations impérialistes de seconde zone comme le Canada ou l’Ukraine pour nous sauver des gros bonnets de l’impérialisme occidental. Ils sont des collaborateurs actifs au sein de ce système oppressif. La seule question est ferons-nous face aux faits, peu importe la réalité qui se déploie devant nous, aussi sinistre soit-elle ?

–Ed., 4.mars.2026-19.juin.2025

Appendice sur les rapports Canada-Ukraine

Cartes publicitaires de 160 acres [soit 64,75 hectares] de « terre libre » au Canada (volées aux peuples natifs) à de potentiels colons ukrainiens, de la North Atlantic Trading Company, sous contrat avec le Ministère de l’Intérieur canadien (1900-1905)
Le Canada et l’Ukraine ont toujours eu une relation unique due au nombre significatif d’ukrainiens qui se sont installés au Canada, ce qui fait que le Canada a l’une des plus grandes diasporas ukrainiennes dans le monde encore à ce jour. C’est pourquoi les rapports militaire et économiques du Canada avec l’Ukraine sont particulièrement forts.

Le sénateur ukrainio-canadien Paul Yuzyk est connu comme « père du multiculturalisme », car il était influent en faisant que le Canada adopte le Canadian Multiculturalism Act, qui officiellement reconnaît que le Canada n’est pas juste un foyer pour des européens et euro-canadiens francophones et anglophones mais aussi d’autres ethnies tels que les peuples indigènes, et que le Canada est un parti de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.