Au vu des températures qui ont chuté ces derniers jours, la Préfecture de Loire-Atlantique a annoncé ouvrir 40 places d’hébergement supplémentaires à Nantes et 25 à Saint-Nazaire pour héberger les sans abri à compter du 24 décembre dernier. Si nous saluons l’implication des bénévoles mobilisés en cette période de fêtes, nous déplorons l’insuffisance flagrante des moyens mis en œuvre par l’État au regard des demandes (plusieur smilliers de personnes sans domicile en Loire Atlantique) et le caractère très éphémère de ce type de mesure.

C’est presque cynique. Depuis la mise en place du plan grand froid, de nombreuses personnes à la rue continuent d’appeler le115 en vain, notamment des femmes isolées du collectif des Oublié.es du 115, qui avaient été hébergées le 19 novembre dernier à la suite de l’initiative au gymnase Armand Coidelle, puis remises à la rue sans justifications quelques jours plus tard par le 115.

DAL 44 dénonce cette gestion au thermomètre qui ne permet pas de sortie vers le haut pour les personnes concernées ni n’enraye la crise du logement. Dès que lestempératures remonteront, d’ici quelques jours, la Préfecture fermera les places et les personnes seront remises à la rue dans l’indifférence générale, alors que la loi prévoit le droit au maintien jusqu’au relogement. Nous dénonçons par là les pratiques de la Préfecture dites « de rotation » qui consistent à remettre à la rue les personnes après 3 jours ou une semaine d’hébergement, et les expulsions en CADA qui ont lieu même en hiver.

Nous rappelons que la rue tue et en toutes saisons, à cause de l’incurie des politiques publiques.

Le soir de Noël, un jeune homme est décédé à Nantes, dans la rue, pas loin du CHU. Le 21 décembre, un homme de 45 ans est mor taussi, boulevard Gabriel-Lauriol alors qu’il dormait à même le sol sur la voie publique ! La liste s’allonge, et les chiffres des morts de la rue ne font qu’augmenter d’années en années (912 personnes décédées en 2024, plus de 16% par rapport à l’année précédente selon le collectif Les morts de la rue)… Combien faut il de drames comme ceux-ci pour que les pouvoirs publics réagissent et mènent une politique volontariste qui permette réellement des mises à l’abri ?

Celle-ci passe notamment par l’application de la loi de réquisition, en commençant par l’ex MAN au 9 rue Viviani, bâtiment de l’État, mobilisée ces jours-ci, comme en janvier dernier, mais qui pourrait être réquisitionné sur le plus long terme pour loger les sans toit. 33 000 logements sont vides en Loire Atlantique dont 15 000 sur la Métropole Nantaise, sans compter les nombreux bureaux et bâtiments vacants. Plus que jamais, l’application de la loi de réquisition est une mesure d’urgence, et ne pas l’appliquer est criminel !

Un toit, c’est un droit !