Violence avec usage d’arme à feu à la sortie d’une free party par les forces de l’ordre sur un véhicule et son conducteur.

> Communiqué des Organisateurs des Trans-OFF

Trans Off 2025 – Free party en marge des Trans Musicales de Rennes

Le week-end des 5, 6 et 7 décembre, une free party a pris place dans l’ancienne usine Entremont, une friche industrielle de Carhaix laissée à l’abandon depuis de nombreuses années.

Ce rassemblement, organisé en marge des Trans Musicales de Rennes, célébrait les 30 ans d’une alternative « off » qui perdure, malgré des contextes répressifs en constante évolution.

Cette fête sauvage annuelle s’est toujours bien déroulée du côté du public, et des organisateurs, malgré les saisies et la répression grandissante au fil des années.

Négociations et médiation

Après une médiation tout au long du week-end, portant notamment sur les questions de sécurité, d’accès et de flux sur le site, une discussion sur les possibilités de sortie a été explicitement proposée par les forces de l’ordre dimanche à 12h.

Cependant, cette initiative a été avortée par ces derniers. Aucune nouvelle n’a été donnée malgré les relances des médiateurs.

Cette rupture de communication a été renforcée par la mise en place d’un gigantesque dispositif ceinturant le site de l’événement.

Rangement et début des hostilités

Les organisateurs ont alors procédé au démontage et au rangement du site dans le calme, avant d’entamer la sortie aux alentours de 22h, en se dirigeant vers l’une des trois sorties du site, rattachée à la zone pavillonnaire de Carhaix.

L’ensemble des participants, des organisateurset de leurs véhicules se sont positionnés vers la sortie, face aux gendarmes mobiles dont les véhicules étaient en travers du chemin de sortie. La situation a alors rapidement dégénéré, laissant place à de nombreuses violences en lieu et place du dialogue.

Témoignage

« J’étais dans le convoi pour sortir du site. Dès que j’ai entendu les premières détonations je suis arrivé sur le lieu des affrontements en tant qu’observateur. Des véhicules étaient en enfilade dans le chemin étroit de sortie, et de nombreuses grenades explosives type GM2L étaient envoyées par les forces de l’ordre, bien plus que des lacrymogènes.

Ces grenades désencerclantes étaient également envoyées dans le chemin très étroit, entre les véhicules alors que les teufeurs avaient une mobilité très réduite.

Des personnes ont demandé des extincteurs parce qu’un véhicule a commencé à prendre feu à cause d’une grenade.

J’ai vu deux blessés passer devant moi, un à la jambe avait reçu des éclats de grenade, un autre avait pris un tir en pleine poitrine hurlait de douleur. Impossible de voir ce qui se passait au niveau du barrage de gendarmes car entre la lumière et la fumée c’était dangereux de s’approcher.

J’ai pu entendre plusieurs détonations qui ne ressemblaient pas à celles d’avant, en provenance des véhicules qui sortaient. On s’est demandé par la suite si ce n’était pas des tirs d’arme à feu. Après ces détonations tout s’est arrêté et un silence pesant s’est installé. Des personnes ont demandé à pouvoir discuter avec les gendarmes afin de désamorcer la situation. »

Usage de la force, et rupture du dialogue

L’usage de gaz lacrymogène et de GM2L a rythmé les échanges pendant de longues minutes, avant que quelques véhicules puissent avancer et quitter progressivement le site non sans violence.

Dans l’incompréhension générale régnant alors, les camions suivants ont été invités à avancer dans un nuage de lacrymogène, face à des dizaines de gendarmes mobiles qui ont matraqué les vitres, lancé des grenades assourdissantes dans les cabines et tiré au LBD sur les pare-brises.

Un camion visé par des tirs d’arme à feu de la part des forces de l’ordre

Dans cette situation, alors que plusieurs véhicules étaient déjà sortis, l’un des camions transportant du matériel de sonorisation a progressivement avancé dans un contexte de grande tension et de stress, aveuglé par les fumées des gaz lacrÿmogène. C’est alors que l’un des gendarmes à fait usage de son arme de poing : deux coups ont été tirés en direction du véhicule, son conducteur et son passager.

Suite à cela, par la volonté des participants, les violences se sont arrêtées dans un silence pesant et une démarche de dialogue avec une autorité compétente a été engagée.

Tentative de reprise du dialogue

Des échanges verbaux ont eu lieu avec les gendarmes mobiles de première ligne, mais sans résultat. Un appel a alors été passé à la préfecture afin de solliciter une médiation avec une personne décisionnaire, donné sans suite.

Alors que les organisateurs d’évènements festifs tentent toujours, en bonne intelligence, de favoriser le dialogue avec les représentants de l’Etat, ce dernier ne leur oppose que le rapport de force.

Le 12 décembre 2025, une plainte pour tentative de meurtre et violences aggravées par personne dépositaire de l’autorité publique a été déposée auprès du parquet de Brest.

Nous condamnons avec la plus grande force cette politique qui, loin de permettre un cadre de travail serein et responsable, engage à toujours plus de clandestinité, de violences et de confrontations. Désormais, cela conduit chaque semaine à des violences de la part des participants et des forces de l’ordre, tous deux épuisés et tendus.

Récit des organisateurs