[Vitry-sur-Seine] Cantine de solidarité aux prisonnier-es anarchistes en Indonésie le 19/12 à la Kunda !
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Le vendredi 19 décembre 2025, on organise une cantine vegan en solidarité avec les prisonnier-es anarchistes en Indonésie, poursuivi-es dans le cadre de l’affaire « Etoile du Chaos » depuis la révolte d’août dernier. Rendez-vous le 19 à 18h à la Kunda, 46 rue jules lagaisse à Vitry-sur-Seine !
Cette année, plusieurs mouvements sociaux hyper offensifs ont eu lieu en Indonésie. Ici en fRance, ça nous a fait plaisir de voir autant d’attaques contre les keufs et d’incendies revendiqués par des anarchistes. C’est pour ça qu’on propose une discussion autour de plusieurs textes sur le récent soulèvement et l’affaire répressive dite de « l’Étoile du Chaos », ainsi qu’une cantine vegan. L’idée c’est aussi d’apporter de la solidarité aux compas dans les taules indonésiennes, que ce soit en diffusant des informations sur leur affaire, en leur écrivant des lettres, ou en essayant de récolter un peu d’argent à leur envoyer. Rendez-vous le vendredi 19 décembre à 18h à la Kunda !
Quelques éléments de contexte sur la révolte en Indonésie
Ce qui n’était d’abord qu’un mouvement étudiant début 2025 s’est rapidement transformé en une vague de contestation nationale traversant tout l’archipel indonésien, ralliant travailleureuses, syndicats, collectifs féministes, organisations paysannes et une large partie de la population urbaine et rurale.
Une première étincelle a été la révision de la loi encadrant les forces armées indonésiennes (TNI). Adoptée en mars 2025, elle élargit le nombre de postes civils pouvant être occupés par des officiers militaires, permettant à l’armée de s’immiscer plus profondément dans l’appareil administratif. Beaucoup y ont vu un retour en arrière, rappelant la période où les militaires détenaient un pouvoir politique direct sous le régime de Suharto.
À cette colère s’est ajoutée une indignation face aux privilèges des élites politiques. La révélation de nouvelles indemnités de logement accordées aux député-es, dans un contexte où de nombreuses familles peinent à faire face à la hausse des prix, a alimenté le sentiment d’injustice. Dans plusieurs provinces, des projets d’augmentation des taxes foncières et immobilières ont mis le feu aux poudres, notamment là où les autorités locales entendaient imposer des hausses de plusieurs centaines de pourcent. Sous la pression des manifestations, certaines de ces mesures ont dû être retirées.
Suite au meurtre policier d’Affan Kurniawan le 28 août (et aux 3 autres meurtres policiers dans les jours suivants), renversé par un blindé de police qui a foncé dans une foule de manifestant-es, les révoltes se sont intensifiées dans tout le pays. Pendant plusieurs jours, des comico et des voitures de keufs, des bâtiments du gouvernement national et des gouvernements locaux, des domiciles et permanences de députés, des stations de métro et de bus, des commerces ont flambé et été pillés. Des manifestant-es ont attaqué le parlement national et des parlements locaux, affrontant les flics là-bas et devant des comicos à coups de pierres et de molotovs.
Quelques éléments de contexte sur la répression suite aux révoltes
Des milliers de personnes ont été arrêtées. L’État indonésien a désigné les anarchistes comme les cerveaux derrière toutes les émeutes et actions de la révolte, pointant des liens financiers avec les réseaux anarchistes internationaux, lançant une grande chasse aux anarchistes (notamment individualistes, nihilistes et insurrectionnalistes) et une intensification de la répression des groupe et idées anti-autoritaires. L’État tente de lier toustes les anarchistes arrêté-es en les désignant sous le nom d’un mouvement « Étoile du Chaos » (en référence à la tendance anarchiste nihiliste, que les flics essaient d’homogéneiser sous un seul groupe, ayant ses « leaders »), usant des lois anti-terroristes pour arrêter et enfermer plus d’une cinquantaine de compas, notamment 44 anarchistes à Bandung (pour des accusations variées) et 16 autres à Jakarta (pour des accusations d’attaques au molotov).
Les accusations contre les compas vont de la participation à des actions directes (attaques au cocktail molotov, incendies, émeutes, destruction de biens, attaques contre des flics…) à la provocation aux crimes et délits (notamment en ligne, l’État indonésien s’attaquant à plusieurs sites ou comptes de contre-information anarchiste), d’autres étant accusé-es d’être des « leaders » de cette organisation montée de toutes pièces. Les compas, enfermé-es depuis maintenant quasiment 3 mois, n’ont pas pu avoir accès à des avocats, sont à l’isolement et beaucoup d’entre elleux ont été torturé-es et tabassé-es, notamment pour obtenir des aveux.
Quelques un-es des inculpé-es ont pu faire sortir des lettres, signée de l’Association Libre des Feux Autonomes et prisonnier-es individualistes, que l’on peut lire en français ici pour la première ou ici pour la seconde.


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