Le 15 novembre, ce n’est pas une date sortie d’un calendrier militant.

C’est le moment où celles et ceux qui vivent le pays pour de vrai décident de se remettre debout.

Pas les ministères, pas les plateaux télé. Nous. Les quartiers. Les campagnes. Les ateliers. Les caisses. Les chambres d’hôpital. Les écoles fatiguées. Les boulots qui cassent le dos. Les vies qu’on serre pour tenir jusqu’à la fin du mois.

Depuis sept ans, on nous traite comme si notre parole n’avait plus de valeur. Comme si notre colère n’était qu’un bruit de fond. Comme si la misère, le mépris et la répression pouvaient remplacer la justice. Mais dans les cités comme dans les villages, dans les services publics comme dans les boîtes privées, quelque chose gronde encore. Quelque chose refuse de mourir.

On ne descend pas dans la rue par folklore. On descend parce qu’on en a assez de se faire marcher dessus. Assez de voir nos salaires bloqués pendant que les prix s’envolent. Assez de payer pour tout pendant que les puissants et les puissantes encaissent sans jamais rendre de comptes. Assez de vivre sous la menace permanente: la matraque, la précarité, le logement hors de prix, le service public qui se casse la gueule.

Le 15 novembre, on ne vient pas chacun·e pour sa cause. On vient pour toutes nos causes réunies.

On vient pour tisser un bloc. Un bloc massif, mélangé, indéchirable. On veut que les luttes se parlent, se reconnaissent, se renforcent. Des soignant·e·s aux paysan·ne·s, des profs aux précaires, des travailleur·se·s aux étudiant·e·s, des personnes porteuses et/ou en situation de handicap aux familles qui galèrent.

Le pays ne tient debout que grâce à nous. Pas grâce aux ministres. Pas grâce aux actionnaires. Pas grâce à celles et ceux qui nous méprisent depuis leur confort. Grâce à nous, qui vivons ici, qui travaillons ici, qui aimons ici.

 

Alors le 15 novembre doit être massif.

Pour montrer que nous n’avons pas dit notre dernier mot. Que nous refusons de crever en silence.
Que les travailleur·se·s ne veulent plus être traité·e·s comme des pièces détachées.
Que la jeunesse n’acceptera pas une vie déjà tachée par la peur et l’injustice.

On ne demande plus.
On s’impose.
On ne supplie plus.
On existe.
On ne baisse plus les yeux.
On relève la tête.

Le 15 novembre, faisons savoir à ce pouvoir qu’il ne gouvernera plus contre nous.

Descendons ensemble.
Fort·e·s. Nombreux·ses. Indivisibles.

Le pays réel, c’est nous.
Et nous revenons !

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