Une plateforme pour l’intelligence collective des luttes citoyennes : appel à contribution
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Pourquoi ce projet ?
Les mouvements citoyens massifs comme les Gilets Jaunes ont montré une chose : l’auto-organisation locale est puissante et surprend le pouvoir, mais l’absence d’un espace sécurisé pour mutualiser les savoirs tactiques limite l’efficacité globale. On se heurte au defi d’une plateforme accessible au plus grands monde sans se jeter dans la gueule de la repression.
Chaque action, chaque blocage, chaque marche génère des apprentissages :
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Quelles stratégies ont fonctionné ?
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Quelles erreurs éviter ?
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Comment anticiper les nouvelles formes de répression ?
Ces enseignements disparaissent souvent dans le flux des réseaux sociaux ou restent confinés à des cercles locaux et ayant déja une culture et instruction militante. Le futur mouvement du 10 septembre risque de rencontrer la même limite si nous ne créons pas un outil adapté à nos besoins : horizontal, sécurisé, participatif, et anonyme.
Proposition : une plateforme sécurisée pour le retour d’expérience et la coordination horizontale
Inspirée de systèmes d’agrégation comme Reddit mais pensée pour la sécurité et l’efficacité militante, cette plateforme aurait pour objectif :
1. Permettre à chaque groupe local d’effectuer un bilan après chaque action
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Forces et faiblesses observées
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Innovations tactiques
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Réactions adverses et contournements
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Ressources utiles (liens, guides, outils)
2. Organiser et valoriser ces informations
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Classement thématique (logistique, communication, juridique, défense collective, action directe, non-violente, méthode de blocage, communication, argumentaire etc.)
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Système de votes pour faire remonter les bilans les plus instructifs.
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Commentaires croisés pour enrichir chaque contribution.
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Synthèse automatisée hebdomadaire et mensuelle pour identifier les tendances et bonnes pratiques.
3. Créer une intelligence collective décentralisée
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Pas de hiérarchie, pas de structure centrale, seulement des groupes auto-organisés qui apprennent les uns des autres.
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Une base de connaissances vivante qui s’améliore avec le temps et conserve la mémoire des luttes.
Exemple concret d’utilisation
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Après le 10 septembre, un groupe local publie anonymement son retour d’expérience :
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« Blocage du dépôt logistique réussi grâce à X, problème avec Y »
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« Police : stratégie Z, riposte proposée »
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« Astuce : diffusion d’info en temps réel via canal Matrix + relais local »
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D’autres groupes lisent, enrichissent, votent.
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La plateforme agrège les points clés pour alimenter la stratégie globale sans jamais rompre l’autonomie locale.
Pourquoi c’est stratégique ?
On ne répète plus les mêmes erreurs. On construit sur les victoires et les innovations. On garde un coup d’avance sur la répression en mutualisant les contre-mesures. On renforce la solidarité entre territoires sans structure verticale.
Sécurité : impératif absolu
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Accès via réseau chiffré, et proxy (Tor, I2P).
- Anonymisation des fichiers. (métadonnées, GPS, exifs etc…)
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Hébergement militant, architecture décentralisée (fédérative ou pair-à-pair).
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Aucune donnée personnelle collectée.
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Système de modération minimaliste (anonymisation, pas de censure politique).
Failles et risques à anticiper
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Infiltration policière ou hostile : nécessite un système de validation communautaire et des garde-fous, protections des utilisateurs primordial a la surveillance.
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Centralisation des données = cible unique : privilégier une architecture fédérative ou décentralisée.
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Dérive vers des usages illégaux : mise en place d’une charte claire (pas d’appel à la violence individuelle, focus sur la stratégie collective, nécessité que ca ne soit pas un piege, qui poucave les utilisateurs).
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Perte d’anonymat : obligation d’un protocole fort (VPN + Tor recommandé, suppression des métadonnées).
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Censure ou saisie judiciaire : hébergement hors UE ou via infrastructure résiliente type IPFS.
Appel aux organisations compétentes
Ce projet n’est pas destiné à rester théorique. Il a besoin :
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De développeurs engagés maîtrisant la sécurité numérique, les protocoles fédératifs (ActivityPub, Matrix, IPFS).
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D’associations militantes et collectifs numériques capables de prendre en charge la gouvernance du projet avec une éthique radicale (horizontalité, transparence, refus des récupérations partisanes).
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De réseaux militants expérimentés (coordination terrain, sécurité juridique, formation).
Appel aux internautes et médias militants
Nous proposons ce projet à la discussion collective.
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Est-ce nécessaire selon vous ?
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Comment améliorer le projet ?
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Quels outils existants pourraient servir de base ? (Matrix, Mastodon, Lemmy, PeerTube)
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Qui est prêt à contribuer techniquement ou financièrement ?
Ce n’est pas une plateforme « miracle », mais une brique stratégique pour renforcer la puissance des luttes citoyennes face à un pouvoir qui s’adapte en permanence.
Si vous êtes une organisation, un collectif, un développeur ou un simple citoyen motivé : saisissez-vous de cette idée. Contactez vos réseaux, débattez, critiquez, proposez.
Article a partager sur toutes vos plateformes d’interet.

Vous ne laissez pas de moyen de vous contacter, est-ce volontaire ou un oubli ?
Je peux aider techniquement, donnez moi une personne à contacter.
Ce commentaire ne respectait pas la charte.
On a caché des commentaires qui donnait le nom complet d’une personne et qui proposait d’utiliser telegram comme point de contact.
Si l’objectif est de faire un site sécurisé, c’est peut-être pas uine bonne idée: telegram n’est pas une messagerie sécurisée. Telegram peut lire les communications échangées, ainsi que ceux qui administrent les clouds qui les héberge. Son patron est un pote à Macron, qui s’est aussi tapé une GAV l’été dernier pour l’inciter à plus collaborer avec la police.
Pour ce genre de projet, un email serait sans doute un peu plus pertinent.
C’est un peu bizarre cette idée. J’ai l’impression d’un truc qui tombe un peu dans les travers des gens (souvent professionnel.le.s du métier) qui pensent que les technologies de l’information peuvent résoudre des problèmes qui sont avant tout d’ordre sociaux
Après tout y’a des déjà des mecanismes pour faire ce que ce site proposerait. Des gens écrivent des textes, publient des photos, font des CR, etc… On voit des fois des mouvements qui se dotent même plus ou moins spontannement de groupes de personnes qui réalisent des journaux qui compilent des textes issus de ce mouvement. Certes c’est loin d’être parfait, et ça vaut le coup de réflechir à comment améliorer ça.
Mais en pensant de la façon dont ce texte le fait, on en rate quelques questions importantes:
* Avec un tel dispositif, tout est centralisé, ce qui augmente des risques comme ceux autour de la sécurité, ou du pouvoir que ça peut faciliter. Hors le fait qu’il n’y ait pas de centre a été un des gros atouts des gilets jaunes (et d’autres mouvements).
* Cela va-t-il réélement résoudre le problème d’origine sociale? Après tout, si cela marche pas en ce moment, c’est aussi parce que peu de monde participe à cet aspect des luttes. Est-ce que parce qu’un outil en ligne existe ce sera forcèment le cas? Ou bien est-ce que ce sera finalement plus ou moins les mêmes, avec peut-être quelques personnes en plus?
* C’est beaucoup de ressources en terme de temps, et en terme d’outils qui sont parmis les plus polluants de la planète (sans parler des instabilités géopolitiques qu’ils provoquent). Cela vaut-il le coup?
* Est-ce pertinent aussi de s’appuyer sur un outil(l’informatique et les réseaux) qui est pensé pour optimiser des processus de production? Ça peut peut-être effectivement optimiser, mais à quel coup en terme de contrainte de fonctionnement, et donc notamment d’impact sur les modes de décisions et l’horizontalité?
Et puis comment on ferait pour saboter les infrastructures qui nous isolent et servent à nous exploiter, si notre organisation repose sur leurs existences? :D
C’est déjà assez pénible qu’autant de trucs se passent par telegram non?
Est-ce nécessaire selon vous ?
Nécessaire je ne pense pas, mais cela peut aider.
Comment améliorer le projet ?
J’y vois une chose qui me semble difficile : accessible au plus grand monde et sécurisée à la fois.
Quels outils existants pourraient servir de base ? (Matrix, Mastodon, Lemmy, PeerTube)
Le Fedivers à mon avis réponds déjà aux besoins évoqués, surtout par le côté accessibilité.
Il y a aussi Revolt (qui ressemble à Discord), qui peut s’auto-héberger derrière Tor ou I2P et être ainsi accessible de manière sécurisée.
Il y a aussi les applis. listées sur Disroot.org qui peuvent être utilisées.
Toutes ces applications pourraient être auto-hébergées sur un ordi. laissé dans un coin chez quelqu’un ou sur un téléphone…
Par contre ces applications ont été faites dans le but de fournir des alternatives plus camarades aux gafams et en tant qu’appli. un peu clonée, elles ramènent des principes capitalistes qui n’existent pas sur des alternatives ou organisations plus camarades.
S’il y a plusieurs besoins « retour d’exp. » et « coordo. nationale », je verrais des systèmes de chat pour la coordo. avec possibilité d’utiliser son téléphone :
IRC (chiffré), XMPP (chiffré), Matrix peuvent facilement s’auto-héberger derrière Tor, I2C.
Sur Android Oversec permet de chiffrer ses SMS ou n’importe quelle appli. non sécurisée (comme Telegram, Messenger, WhatsApp, etc…).
Pour le retour d’expérience ça pourrait être un forum ou des wikis comme https://wikirouge.net/
@Questionnements, dans l’article iels répondent déjà à la décentralisation pour plus de sécurité.
Au niveau organisation sur Télégram, considère que c’est similaire à un SMS… c’est à dire tu n’a pas accès aux SMS des autres gens, mais un gouvernement peut y avoir accès.
Ton point de vue rejoint un peu mes inquiétudes sur l’inclusivité / accessibilité et sécurisation d’une application. Le maillon faible sera toujours la personne qui ne jouera pas le jeu, qu’elle soit une personne infiltrée et fasse exprès ou qu’elle s’en foute de la répression et/ou de mettre en danger d’autre camarades.
Par exemple si des personnes avaient pour but de prendre de belles photos pour mettre en avant la répression policière ou leur banderole, ce serait de fait pas aligné avec le fait de ne pas se faire prendre, de ne pas se faire matraquer.
A l’opposé, des personnes qui considèrent que c’est réussi si un objectif est atteint sans se faire prendre favoriseront une organisation plus sécurisée, y compris au niveau informatique.