Ces dernières années la France a connu trois secousses révolutionnaires. En décembre 2018, les Gilets Jaunes ont permis aux travailleur·euse·s précaires de s’organiser autour d’une revendication démocratique : le RIC. Cassé par la répression et souffrant d’une absence d’organisation, le mouvement s’est épuisé dans un rituel folklorique de manifestation hebdomadaire. En juin 2020, le déconfinement a vu exploser la coalition des colères après plusieurs mois de mensonges d’État et une gestion autoritaire de la pandémie : Black Lives Matter, défense de l’hôpital, mouvements féministes, prise de conscience écologique. Mais miné par des mois de répression, le déconfinement n’a pas permis aux colères de s’organiser. En mars 2023, la promulgation de la réforme des retraites par 49-3 a donné lieu à des départs de révoltes insurrectionnelles. Embarqué dans une intersyndicale molle, le mouvement s’est abîmé dans une stratégie de journées de grèves nationales perlées et calquées sur le calendrier parlementaire. Si ces 3 secousses ont échoué, elles ont toutes réussi en un point : la fin de la résignation et la politisation de milliers de personnes qui jusqu’ici se tenaient éloignées des luttes et de leur organisation.

 

Une nouvelle secousse révolutionnaire s’annonce : le 10 septembre, une coalition citoyenne auto-organisée prépare le blocage économique du pays. Depuis quelques jours, les partis de gauche ont décidé d’appuyer, de relayer et de soutenir ce mouvement. Les centrales syndicales commencent une à une à s’y rallier rompant ainsi avec leur traditionnelle journée de « rentrée sociale » inefficace et symbolique. Face à un plan Bayrou qui décide de détruire le modèle social français (fin de 2 jours fériés, hausse des franchises de médicament, gel des aides sociales et des retraites, doublement des jours de carence en cas d’arrêt maladie, rabotage de budget pour les communes, les départements et les régions), la colère s’organise. Car personne n’est dupe : un rapport sénatorial a permis de révéler les 211 milliards de cadeaux fiscaux faits aux entreprises, sans contrepartie. Soit un montant 4 fois plus élevé que les « économies » voulues par le plan Bayrou. Le projet du gouvernement est clair : nous dépouiller, enrichir une minorité de riches et nous enfumer avec la détestation de l’islam et des arabes. La France compte 11 millions de pauvres dont 650 000 de plus en 2023.

 

Le 10 septembre, c’est à la fois la coalition des travailleur·euse·s précaires, des luttes antiracistes, écologistes et féministes, du soutien à la Palestine, de la défense des services publics et de celles et ceux qui en ont marre du piétinement de la démocratie, de la négation de la victoire du Nouveau Front Populaire et des passages en force à coups de 49-3. Ce mouvement prend de l’ampleur et s’auto-organise dans les jours à venir dans de nombreuses assemblées partout en France. Je t’invite à les rejoindre : https://indignonsnous.fr/. Le changement ne viendra pas des urnes mais de l’énergie organisée de celles et ceux qui croient en un monde meilleur. Rien ne s’obtiendra sans la lutte.

 

Je finis en citant Lénine, un homme qui a organisé la chute d’un empire et qui pour cela mérite qu’on lui accorde notre attention : « Quiconque attend une révolution sociale « pure » ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une révolution ».

 

Le 10 septembre pourrait être une secousse révolutionnaire de plus ou bien un tremblement de terre. Il n’appartient qu’à nous et à nos colères organisées de le faire advenir.

 

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