A l’approche de l’été, l’inquiétude sur la situation des sans logis à Nantes est grandissante. En effet, iels sont de plus en plus nombreux-ses à subir de plein fouet la crise du logement et les galères de la vie sans domicile. Avec le 115 qui ne répond pas ou alors pour dire qu’il n’y a plus de places ou seulement pour quelques nuits. Pourtant la rue tue : le 20 mai dernier le Collectif les Morts de la Rue a rendu un hommage aux 855 personnes, recensées, décédées en 2024 en France. Parmi elles, 9 sont mortes à la rue à Nantes l’année dernière dont un bébé le 1er août.

Pour faire face et ne pas en arriver là, le Collectif des oubliés du 115 s’est monté avec DAL. Ce sont des familles avec enfants scolarisés à Nantes, des femmes et des hommes seul-es en situation de vulnérabilité, beaucoup d’enfants. Iels sont laissé-es pour compte malgré leurs démarches et les signalements répétés aux pouvoirs publics. Un bon nombre a une demande HLM à jour et certain-es sont prioritaires DALO.

Mais l’Etat s’entête dans une logique comptable, en opérant un tri entre les personnes, s’écartant ainsi de l’inconditionnalité du droit à l’hébergement et de ses obligations en matière de logement. Par ailleurs en France, ce sont les pouvoirs locaux qui prennent le relai de l’Etat sur ces questions, comme la ville de Grenoble qui a annoncé le 18 mai dernier des réquisitions à venir. Avec tous les bâtiments et logements vides dans l’agglomération nantaise, pourquoi la Préfecture n’applique-t-elle pas la loi de réquisition ? Pourquoi ne met-elle pas à disposition ses propres biens vacants pour loger les sans toits même de manière temporaire, en attendant de trouver des solutions durables ? C’est le cas par exemple de l’ancienne Maison de l’Administration Nouvelle (MAN –au 9 rue Viviani) bâtiment de 15 000m2 vide depuis plusieurs mois (et sûrement pour un bon moment) mise en vente dernièrement. L’Etat espère en tirer un bon prix (minimum 10 millions d’Euros) en orientant son choix « prioritairement vers la proposition financièrement la plus avantageuse ».

Aussi, parce que cette situation est inacceptable et que des solutions doivent être trouvées, le Collectif des oubliés du 115 se rassemblera mercredi 18 juin à partir de 15H devant les services de l’Etat (DDETS- Cité administrative) au 12 bd Vincent Gâche à Nantes pour exiger :
– Un hébergement stable et adapté à Nantes, jusqu’au relogement, pour les personnes qui en ont besoin
– Des prises en charge longue durée pour les autres et un engagement de relogement pour les demandeurs HLM
– Le respect de leurs droits et l’application de la loi de réquisition !

UN TOIT C’EST UN DROIT !