Restez critiques !

Chronique d’une bataille annoncée
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Tout a commencé lorsque des membres de la CGT ont envoyé un message sur le réseau info-line des raveurs pour annoncer que le Teknival était lancé sur le site des Vieilles Charrues, en soutien aux intermittents. Ce qui était faux, enrage Iffig Mallard de l’association de teufeurs Terre-à-son. Quatre intermittents écoeurés par la méthode nous ont prévenus et ont passé la nuit avec nous à trouver des lieux d’accueil pour les camions et sons qui arrivaient de partout. » (La CGT aurait démenti)

la fête techno a été interdite par des arrêtés des préfectures du Finistère, des Côtes-d’Armor, du Morbihan et de l’Ille-et-Vilaine, un millier de policiers mobilisés.

Les « festivités » ont commencé le jeudi soir par une partie de cache avec les autorités, pour finir de s’immobiliser à Plouray pendant une bonne partie de la nuit et de la journée.

Une dizaine de véhicules de raveurs participaient vendredi à une opération de blocage sur la RN 164 à une dizaine de kilomètres de Rostrenen (Côte d’Armor) en direction de Carhaix où s’est ouvert le festival des Vieilles charrues.

Le vendredi soir les teuffeurs se sont engouffré dans un cul-sac « la chapelle St Barbe » situé au Faouet, une route de 2/3 km bordée de champs qui aboutit sur deux grands champs .

Vers 21h00 les forces de l’ordre voyant les difficultés arriver, le flot continu de voiture qui arrivaient de toutes parts et surtout les teuffeurs en train de faire un sit-in bouchant l’entrée de la seule route menant aux champs, ont commencé à s’énerver un peu plus.

Jusque là tout était très pacifique les slogans étaient « rendez nous not’son!!! » laissez nous teuffer!! » etc.. ça a duré un bon bout de temps.

La guerre du Faouët
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Puis, encerclés par les flics, certains ont commencé à jeter des pierres. La préféte du morbihan, Elisabeth Allaire, ayant réaffimé samedi qu’il etait « hors de question d’accorder une dérogation » aux raveurs, a donné l’ordre de donner l’assaut et d’utiliser tous les moyens possible pour déloger les « râveurs »
Très vite une pluie de grenade lacrymos s’est abattue sur les teuffeurs présent au sit-in.

Pour se défendre les teuffeurs ont donc commencé a caillasser le blindé des flics (et les flic avec évidemment), qui n’étaient alors qu’une dizaine environ.

De plus en plus des teufeurs arrivaient défendre l’entrée de la route, attirés par le bruit des canons à lacrymo, jetaant toujours des pierres. Les flics se sentant en minorité et surtout en difficulté, n’ont donc pas hésité à utiliser les grands moyens, à savoir les fameuses « GRENADES OFFENSIVES » !

C’est la que tout a basculé, tous les teuffeurs présents s’accordent à dire qu’on se serait cru en guerre, « un vrai bain d’sang » « une boucherie » « un carnage » …

Le premier blessé a pris une grenade offensive en plein thorax (il a eu vraiment beaucoup beaucoup de change) 4 cotes cassées et de multiples plaies ouvertes sur tout les corps, il en a pour tout l’été .
« Tout l’monde pensait k’il était mort, le problème c’est que les flics continuaient d’envoyer des grenades offensives (70 grenades offensives ont été tirées !! ) Impossible de [le] sortir de là !! les pompiers ne pouvaient pas rentrer !! les teuffeurs ne pouvaient pas sortir !!!
Puis un autre blessé, une main arrachée la grenade lui a éclaté a qq cm de la main en plein air, un autre a pris des éclats de grenade à l’entrejambe et de multiples plaies ouvertes aussi. »

En fait il y a eu 25 blessés envoyé à l’hosto ou soigné au PC d’urgence des pompiers, mais le nombre des blessés non comptabilisés est énorme, évidemment. Sept personnes ont été hospitalisées.

La mamie qui parle à la TV, a bien été sauvée par des teuffeurs, elle le dit elle meme d’ailleurs (uniquement au journal 13h, bizarrement, ces explications ont été amputées au 20h du soir même pour ne garder que l’image des dégats). Les teuffeurs l’ont emmené dans un endroit sûr alors que les flics continuaient à envoyer des grenades dans tous les sens, y compris vers les maisons des riverains (vitres cassées) et les riverains présents.

Ces derniers disaient aux flics de laisser les raveurs tranquille vu qu’ils étaient de toute façon déjà là, et en grand nombre, mais impossible pour eux de se faire entendre. Les riverains ont bien vu la détresse des teuffeurs obligés de se défendre face à la violence des attaques des flics.

Des barricades incendiées ont été installé un peu partoutt sur la route et le pont qui menait au site où étaient les quelques sons ki ont réussi à passer (2,3 voire 5 sons selon les témoignages).

Un autre témoigne « 12 camion de CRS avec soutien de l’armée, motos et camions…la colline etait en feu ca cramait des barrages de bois et quelques portails »

Tout çela a duré presque 6h00 !! six heures de guerre pour prendre le droit de poser une « TAZ »

Certains teufeurs ont bien failli y rester et ont passé les 2 jours à l’hosto.

Les flics canardaient des grenades, les teuffeurs reculaient de qq métres puis revenait à l’assaut en caillassant avec des pierres, des parpaings etc – la préfète parle de « cocktails molotov » ce qui est un peu gros, et confirmé par aucun témoignage

Tout ça c’est terminé quand les teuffeurs ont décidé de ne plus reculer face aux grenades, ils sont tous resté impassibles face aux flics et a leur grenades se rapprochant de plus en plus d’eux sans reculer.

Les flics ont heureusement arrêté leur boucherie et sont tous partis, laissant l’accés libre au site. Une « victoire » mais à quel prix ?…

La rave passe
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La préfète du Morbihan a justifié la mise en oeuvre de la force publique, y compris l’emploi de grenades offensives, en expliquant que «ce n’était pas un rassemblement de jeunes, mais une véritable émeute». Elle a également avancé qu’il ne s’agissait pas d’une rave « puisqu’il n’y avait pas de son », ce qui est un foutage de gueule flagrant, tous les sons ayant été confisqués par les policiers.

AFP : « Le PCA a confirmé la saisie de six unités de « sons », interceptées sur les routes de la région. Les prises ont été consignées par les gendarmes. Leurs propriétaires ont été laissés en liberté dans l’attente d’une procédure judiciaire. »

Une autre dépeche indique « Les 1.000 hommes -gendarmes, douaniers, policiers- déployés dans tout le Centre Bretagne ont procédé depuis vendredi à la saisie de 27 matériels de sonos avant qu’ils ne parviennent au Faouët. « . Précisions d’un teufeur: « pour les 1000 flics, c’est selon la prefecture ou selon les medias, parce ke je ne suis pas du tout sur k’il y ait vraiment eu 1000 flics rien ke pour s’occuper du tekos »

Les forces de l’ordre se sont totalement retirées après les heurts, sans plus chercher à « sécuriser » le site. Aucun numéro d’appel d’urgence n’était disponible. Enfin, il semble que la municipalité ait brillé par son absence : samedi après-midi, les riverains n’avaient reçu qu’un simple coup de fil du maire . Aucune visite sur les lieux .Pour certains d’entre eux, même victimes, la faute en incombe aux forces de l’ordre, qui n’ont fait barrage que trop tard, et à mauvais escient : puisque les ravers étaient parvenus jusque dans l’agglomération, il ne fallait plus prendre le risque de l’affrontement.

58 personnes ont été interpellées pour détention de stupéfiants.
Des le lendemain 2 personnes écopaient d’un an de prison ferme, (source :le telegramme, pas de raisons précisées.)

AFP : « De nombreux raveurs ont rejoint pendant la nuit ceux déjà installés sur le site de la chapelle Sainte-Barbe du Faouët, portant à l’aube le nombre de personnes rassemblées sur place à environ 10.000, selon le PCA »

Il restait dimanche matin près de 8.000 jeunes au Faouët, concentrés sur une colline au bout d’une route située tout près du bourg.

La nuit de samedi à dimanche a été calme. La préfecture a maintenu des filtrages routiers autour du Faouët pour empêcher le matériel de sonorisation d’arriver jusqu’à Sainte-Barbe. Elle n’a pu éviter qu’une petite partie parvienne à destination, démonté en éléments séparés pour être moins voyants

Les raveurs ont terminé en procédant au nettoyage du site (vu a la télé). Tout le monde s’y est mis, sac poubelles distribués par les pompiers. Témoignage : « A la fin le site avait l’air nikel les sacs poubelles étaient tous regroupés le long de la route, meme les capsules et mégots ont été ramassés par endroits. »

Les photos devraient arriver bientôt vous pourrez vous faire votre propre idée sur la violence des affrontements

A qui en revient la « faute » ?
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les torts sont partagés

Aux « organisateurs », certes, qui n’ont pas apparemment organisé grand chose, et ne sont certainement pas ceux qui auront payé le prix fort de cette nuit d’enfer. Mais si ces « gens » ont une part de responsabilité, ce n’était certainement pas a la « masse » des raveurs d’en subir les conséquences. Encore moins aux riverains.
Dans son ensemble, la « communauté » tekno semble néammoins très critique, et voit d’un assez mauvais oeil les responsables de ce gâchis.

Qu’il y ait eu une minorité de casseurs et d’émeutiers parmi les teufeurs est tout a fait probable. Mais la réaction policière a apparemment été (volontairement ?) disproportionnée. L’image des teufeurs en est encore plus dégradée, ce qui fait bien les affaires du gouvernement.

Enfin et surtout, la préfète et les pouvoirs publics n’ont pas hésité à créer sciemment une situation de confrontation, sachant pertinemment qu’avec ou sans « organisateurs », avec ou sans autorisation, des milliers de jeunes convergeraient vers Carhaix.
L’Etat a une fois de plus poussé à un prévisible affrontement, afin de décrédibiliser le mouvement techno et ce, malgré les tentatives de structuration (associations telles que Le Silence Tue, Collectif de Soundsystems… etc…)
Ces efforts vers un dialogue sont aujourd’hui gravement remis en question, ce qui risque bien de mener à d’autres graves tensions et/ou affrontements, en continuité de la logique systématiquement répressive du gouvernement…

Convergence des luttes !
Bob ArdKor – OGM

Future World Funk, site d’info musicales alternatives