« You're still killing people »

Mis a jour : le mardi 21 avril 2020 à 03:48

Mot-clefs: Guerre contrôle social
Lieux:

Dans un tchat avec des camarades, j'ai dis où j'en était vis-à-vis du confinement, et on m'a répondu que j'étais une meutrière (l'assassine, pas la ptite fenêtre pour tirer à l'arc). Alors je répond, avec mon point de vue de meuf trans pauvre depuis toujours.

Dans un tchat avec des camarades, j'ai dis où j'en était vis-à-vis du confinement : « Pour ma part, je sors toujours, pas encore de contrôle de police pour moi, toujours à voir mes ami·e·s ici et là, chez moi ou chez elleux, certain·e·s avec qui on respecte le truc de distanciation sociale, d'autres non »
Quelqu'un a répondu : « et toujours en train de tuer des gens »

D'habitude ce genre de trucs n'a pas d'effet sur moi parce que ça arrive tout le temps. Mais cette fois ça m'a fait mal, parce que je ne pensais pas que ça pouvait arriver avec des camarades.

J'ai bien envie de creuser le sujet, mais je ne pense pas qu'on puisse discuter de ça correctement si des gens commencent à m'insulter en public. Je pense pas que ça soit juste, ni ouvert d'esprit, ni respectueux.

Mais bref, un truc qui me vient c'est que c'est vraiment facile de dire ça, de me faire culpabiliser, alors que sur ce terrain on pourrait facilement répondre « mé toi aussi t'es un meurtrier : t'as un smartphone, t'utilises de l'électricité et du pétrole, tu vis en ville, et 1000 autres trucs ». Mais bon, sur le moment j'y ai pas pensé.

C'est sûrement une bonne idée de préciser dès maintenant que je suis en France, dans une ville de ~400 000 habitants, seule dans un petit appart' rempli des affaires de la personne qui m'y accueille.


Après la phrase m'accusant d'être une meurtrière y'a eu d'autres trucs, puis une personne qui dit « J'ai l'impression que cette épidémie a mis en lumière à quel point les valeurs de la gauche et des groupes autonomes sont vides »
C'est teeellement méprisant de dire ça. Qui a "les valeurs parfaites et correctes" que la gauche et les autonomes n'ont pas ? J'ai loupé quelque chose?
Déso mais j'en ai ras-le-bol.

Ras-le-bol qu'on me dise quoi faire sans avoir une once de chance d'ouvrir ma gueule, d'être écoutée, dans une situation qui est terrifiante principalement parce que les gouvernements n'en ont rien à faire des gens et prennent des décisions qui sont valables pour les "gens normaux" et celleux qui sont réellement effrayé.e.s (et qui peuvent avoir de bonnes raisons pour ça, que je respecte).

Pourquoi les gens meurent? Parce que les gouvernements n'en ont rien à carrer et parce que mourir c'est la vie. Pas parce que je suis vivante.


Un peu plus tard j'ai eu droit à : « ne pas prendre ses responsabilités personnelles et collectives, et les déléguer à l'état est quelque chose de très dur pour moi à supporter »

Ça c'est hardos. Je suis sdf (pas seulement par choix) et j'ai aucun revenu perso depuis deux ans et demi; qu'est-ce que vous voulez que je foute? Vous voulez me faire dire au monde entier "Ah oui, une épidémie? Oui je vais me trouver une maison, y rester kéblo afin que le reste du monde soit ok." ? NON. On a jamais arrêté la planète pour les gens qui crèvent en hiver, dans les mines ou parce qu'iels ne sont pas "normaux". Et vous voyez très bien c'que j'veux dire.


Je NE suis PAS responsable de la merde des gouvernements.

J'ai besoin d'être avec mes potes.
J'ai besoin de les voir, les toucher, les embrasser, fumer avec elleux, chiâler dans leurs bras et rire très fort sur le balcon.
J'ai besoin d'aller faire de la rékup' avec mes potes.
J'ai besoin de les aider autant que j'ai besoin de leur aide.

J'ai besoin de ne pas arrêter de vivre. Enfin pourquoi pas, mais pour le moment j'ai d'autres projets.

Et ma vie est beaucoup plus simple que plein de gens, je sais. Mais je vois que là où je suis, les gens qui bougent et voient d'autres gens sont majoritairement des pauvres et/ou des personnes qui subissent plusieurs oppression. Ce dont je suis. Celleux qui prenaient déjà des risques tous les jours avant le confinement semblent dealer plus facilement avec l'anxiété et le stress collectifs en place.

Toute ma vie on me dit de me taire et de me cacher, parce que je suis pauvre et que j'ai l'air pauvre (selon le référentiel français), parce que je suis une meuf avec une barbe et une voix grave. Et on est PLEIN dans cette situation, à qui on dit de fermer sa gueule, se cacher et crever, tout le temps, juste parce qu'on est ce que l'on est. Et c'est de la grosse merde et personne n'a jamais arrêté la planète pour ça.

Un autre truc : j'ai entendu plein de gens dire « si tu sors, t'es validiste ». Ça aussi c'est de la merde. Me dire de rester "à la maison" (hmpfr, SDF, ça vous dit ketchoz?) et seule c'est AUSSI validiste. Je ne vais pas aller voir des gens qui ne le veulent pas. Je vais pas m'approcher de quelqu'un·e qui ne veut pas. Je m'assurerai d'avoir pleinement leur consentement avant de me rapprocher à moins d'un ou deux metres. ÉVIDEMMENT.

Un truc qui m'a été dit en mode conseil dans cette discussion, c'est de "limiter de nombre de contacts". Je pense que ça pourrait être une bonne stratégie, mais je pense que c'est pas si simple. Certain·e·s potes qui respectaient de ouf le confinement commencent à péter des câbles, donc iels ont envie de voir leurs potes pour survivre. Mais parfois leurs potes sont dans des situations de confinement super fort parce qu'iels taffent avec des personnes âgées ou fragiles physiquement. Donc iels peuvent voir du monde, mais seulement à 2 mètres. Et après quand moi je vois ces potes, on essaie de faire attention, mais on ne pas faire plus que ce qu'on peut faire, ça me semble évident. Dans tous les cas, mes potes ont d'autres ami·e·s et les voient, et tou·te·s ne sont pas potes entre elleux.

Donc, concernant la manière dont je gère la prise de risque : les gens que je vois et moi-même on fait bien attention aux risques que l'on prend et on les accèpte pour nous-mêmes. C'est une chose assez importante je pense.
L'autre truc, c'est que quand mes potes viennent là où je vis en ce moment - où je suis depuis le 15 mars et jusqu'au 15 mai, lol, depuis juste avant le confinement (la chance?!) et jusqu'à avant la fin de celui-ci - iels doivent se laver les mains et boire dans leur propre verre, la plupart du temps. On essaye de réduire les risques, mais juste, on peut pas tous les éliminer. Pareil quand je vais chez elleux. Pareil quand je reviens à l'appart', je me lave les mains, je lave mes clés, les poignées de mon vélo, etc.
Voyez, je fais de mon mieux. Pas besoin de m'insulter.


Ah et dernière chose : la "culture de la Vie" c'est quelque chose que je ne partage pas avec la plupart des gens. Je ne suis pas de celles-ci. Ça me le fait si ma maman chérie (que j'aime pour de vrai, pas comme mon père) meurt. Bien sûr je serai triste. Mais c'est la vie. Les gens meurent. Tout le temps. Et je ne vais pas essayer de sauver des gens qu'en ont rien à faire des opprimé·e·s ou juste qui profitent de leur supériorité de classe, ni de celleux qui me disent que ça leur fait de prendre des risques.
Je sais bien que sortir augmente le risque d'avoir un accident et de prendre une place à l'hôpital. Ouais. Pareil si je reste chez moi tsé. Et je vais pas me sacrifier pour "l'humanité", no way, j'ai déjà donné.

Aussi je sais bien que ma situation est spécifique à ma situation, mais aussi, au pays où je suis et plein d'autres trucs. Je sais que j'ai aussi des privilèges ici, de l'eau potable partout, des ami·e·s pour m'accueillir si j'ai besoin, des potes docteur·e·s, et un bon système immunitaire. Je ne suis pas en train de dire un truc du genre "tout le monde devrait faire comme moi". Je fais ce que je fais pour ne pas m'enfoncer toujours plus dans un état mental dangereux pour moi.

Merci d'avoir pris le temps de lire. Je suis aussi deg parce que moi je dois me justifier, mais les gens qui m'insultent sans chercher à comprendre n'ont même pas à prendre cette peine, puisque l'état se charge de le faire pour eux. Je serai contente de discuter de tout ça et d'entendre ce que vous en pensez, si je sens que je ne suis pas insultée, que mon avis a de la valeur et vaut le coup d'être écouté.

Crève la bourgeoisie (ouais, la petite bourgeoisie aussi)

Email Email de contact: crystalradio_AT_riseup.net

Commentaire(s)

> ?

"Ras-le-bol qu'on me dise quoi faire sans avoir une once de chance d'ouvrir ma gueule" Mais je comprend pas : tu l'ouvres là ta gueule, non ? Pourquoi avoir besoin de cette forme de victimisation et pas constater le conflit et le traverser...

> "C'est la vie"

"Mais c'est la vie. Les gens meurent. Tout le temps." Ouais mais mieux vaut moins de morts que plus, et plus tard que plus tôt.
C'est pas parce que les Etats et le capitalisme font crever des gens sans état d'âme que ça devrait nous servir de référence. Tu prends des risques, tu fais prendre des risques, les gens que tu fréquentes font prendre des risques supplémentaires de mourir. Quant à savoir qui mérite ou non de mourir parmi les morts dont je pourrais être responsable? Mon oncle vient de mourir du covid, on ne saura jamais remonter exactement la chaîne des responsabilités. Je peux comprendre la détresse des gens qui ne supportent pas le confinement. On n'a pas à les engueuler, on passerait son temps à ça, y a trop de gens qui continuent à prendre et faire prendre des risques de contagion. Mais là tu attends quoi, l'absolution?
Et puis faut différencier deux cas: ceux qui ne peuvent pas faire autrement - qui aurait l'idée d'engueuler des SDF? et ceux qui pourraient faire autrement mais qui ont vraiment trop envie. Et qui se rassurent comme ils peuvent. Mais quand on voit des gens crever autour de soi est-ce que c'est une bonne idée de se rassurer à tout prix?

> comme en terre...

hou ben y a tonton et tata la morale qui se réveillent dans les commentaires...

> Commentaire supprimé

Oui, je trouve aussi que les commentaires sont assez moralistes. J'en ai effacé un.

Les commentaires sont fait pour donner des compléments d'information, ou pour approfondire l'analyse politique. Si c'est juste pour se taper sur la gueule, ça vaut pas vraiment le coup.

> ...

Ben on supprime parce qu'on se rend compte que c'est trop dur d'admettre que les anarchistes individualistes tiennent la même position que Donald Trump, Boris Johnson ou Bolsonaro ?

> Morale...?

Dans la discution, où placer le curseur de la morale entre les possibles désaccords sur l'attention de soin qu'on porte aux autres et leur mise en danger?

Est-ce être moraliste d'interroger un passage de texte et de confronter l'autrice à la pertinence ou non de sa publication?
Est ce trop violent? Insultant? Moraliste? ou c'est juste que ça ne plait pas au modo et qu'il range alors ça dans le rayon morale, donc poubelle... ?

Ce présent commentaire va t'il tenir ou va t'il être balayé?

Par rapport au comm précédent (encore là ou bien déjà effacé?):
C'est vrai que c'est assez surprenant que la position anti-confinement soit autant partagée entre le tout venant des fachos qui gouvernent (et y'en a un paquet) et une bonne partie des anarchistes... Les arguments exprimés des deux cotés sont parfois les mêmes (soif de liberté, ne pas être crédules et ne pas se laisser manipuler, échapper à la "dictature" des scientifiques, mieux vaut mourrir libre que de vivre confiné...)
Comment est il possible d'expliquer une telle rencontre des idées?
Il serait temps de sortir de la dualité entre accepter le confinement comme une attention particulière aux autres et accepter le confinement comme une obéissance aveugle aux ordres reçus...

> je tue pas mais vous pouvez creuver

c'est moi qui ai écrit le texte.
vous avez qu'à creuver, vous, tou·te·s les ptit·te·s bourgeois·e·s privilégié·e·s qui croient que j'écris parce que j'ai envie dme la péter ou de juste râler.

j'ai écris parce que je PEUX PAS respecter ce confinement de merde. T'as pas compris ça dans le texte? Bah trace ta route. T'as envie de m'insulter parce toi tu flippes du virus et de la mort et t'es deg que d'autres non? Trace ta route.

Dans un commentaire je lis:
« Et puis faut différencier deux cas: ceux qui ne peuvent pas faire autrement - qui aurait l'idée d'engueuler des SDF? »
Lol je crois que t'as pas bien compris. JE SUIS SDF. J'ai une sous-loc pour un court moment, dans une ville qui n'est pas la mienne, et l'appart n'est pas le mien, c'est pas chez moi. Tu comprends? T'as déjà été SDF? Je crois que t'as pas idée. (et encore moi j'ai de la chance, mais les insultes et le classisme c'est monaie courante, même de la part des anarchistes, LOL)

Dans le même comm:
« et ceux qui pourraient faire autrement mais qui ont vraiment trop envie. Et qui se rassurent comme ils peuvent. Mais quand on voit des gens crever autour de soi est-ce que c'est une bonne idée de se rassurer à tout prix? »
"qui ont pas trop envie" ???? MAIS PUTAIN TÉKI EN FAIT?? C'est quoi ton trip là???? Tu te prends pour qui bordel punaise ça m'énerve tellement ce genre de commentaire de connarse. Et ouais ptet mon comm sera aussi supprimé, ou alors je vais me faire engueuler, mais là je suis trop vénère. Les bourgeois veulent TOUJOURS donner des leçons quoi, c'est incroyabe ça. Culpabilisation à fond quoi… Sérieux…

Dans un autre comm:
« Dans la discution, où placer le curseur de la morale entre les possibles désaccords sur l'attention de soin qu'on porte aux autres et leur mise en danger?

Est-ce être moraliste d'interroger un passage de texte et de confronter l'autrice à la pertinence ou non de sa publication?
Est ce trop violent? Insultant? Moraliste? ou c'est juste que ça ne plait pas au modo et qu'il range alors ça dans le rayon morale, donc poubelle... ? »

Bah ça je trouve que c'est très intéressant comme questionnement. Mais si tu te demandes "est-ce que c'est moraliste de dire à quelqu'un·e qui ne peut pas respecter le confinement que c'est pas bien ce qu'iel fait", alors t'as loupé le truc, paske OUI, c'est sacrément moraliste. J'ai écris ça pour me libérer, pour expliquer pourquoi *moi* (et plein d'autres gens) je peux pas respecter le confinement. Cétout. Pas pour discuter si c'est bien ou pas. je PEUX PAS LE RESPECTER. point barre. Après si tu veux débattre avec toi-même de si c'est moi qui suis en faute ou si le gouvernement fait juste de la merde (comme d'hab), bin là je t'y invite, mais je pense tu pourras vite y répondre.

« C'est vrai que c'est assez surprenant que la position anti-confinement soit autant partagée entre le tout venant des fachos qui gouvernent (et y'en a un paquet) et une bonne partie des anarchistes... Les arguments exprimés des deux cotés sont parfois les mêmes (soif de liberté, ne pas être crédules et ne pas se laisser manipuler, échapper à la "dictature" des scientifiques, mieux vaut mourrir libre que de vivre confiné...)
Comment est il possible d'expliquer une telle rencontre des idées? »

C'est étonnant comme les anarchistes et les fachos ont tant de point commun: les deux utilisent des routes, les deux trouvent que respirer c'est quand même bien pratique, les deux trouvent que le gouvernement c'est dla merde, les deux trouvent que les personnes avec qui elles sont pas d'accord sont des connarses. L'argument de "c'est comme les fachos" c'est un argument fallacieux. Les terroristes religieux fanatistes veulent la fin de l'état de droit, les anarchistes aussi. HEY c'est pas parce que des connards font un truc que ce truc est forcément dla merde.

« Il serait temps de sortir de la dualité entre accepter le confinement comme une attention particulière aux autres et accepter le confinement comme une obéissance aveugle aux ordres reçus... »
Tout à fait d'accord. Celleux qui peuvent et accèptent d'être confiné·e·s, très bien, c'est bien ça ralentit l'épidémie il parait. Celleux qui veulent pas ou peuvent pas respecter le confinement, très bien, ça fera un poil moins de suicides et de dépressions graves.

Que crève l'humanité tout entière.

> "La culture de la vie"

"Ah et dernière chose : la "culture de la Vie" c'est quelque chose que je ne partage pas avec la plupart des gens. Je ne suis pas de celles-ci. Ça me le fait si ma maman chérie (que j'aime pour de vrai, pas comme mon père) meurt. Bien sûr je serai triste. Mais c'est la vie. Les gens meurent. Tout le temps. Et je ne vais pas essayer de sauver des gens qu'en ont rien à faire des opprimé·e·s ou juste qui profitent de leur supériorité de classe, ni de celleux qui me disent que ça leur fait de prendre des risques.
Je sais bien que sortir augmente le risque d'avoir un accident et de prendre une place à l'hôpital. Ouais. Pareil si je reste chez moi tsé. Et je vais pas me sacrifier pour "l'humanité", no way, j'ai déjà donné."

Je suis au RSA confiné seul dans un studio de dix mètres carrés. J'ai envie de voir des potes moi aussi mais je veux pas crever, je veux pas les faire crever même s'ils seraient OK pour prendre le risque, je veux pas faire crever celleux qu'ils pourraient contaminer même par accident.
Tu le dis toi même sortir et approcher des gens même s'ils sont OK augmente les risques. Donc non, c'est pas "pareil si tu restes chez toi". C'est parce que des gens se "sacrifient" que les hostos commencent à se désengorger.
Si tu te contentais de dire que tu craques, que c'est trop dur de rester enfermé quand on est mal logé, y aurait vraiment rien à redire, que de l'empathie. La révolte sur les différences de situation matérielle en période "normale" ou en temps de pandémie. Comment on pourrait ne pas être d'accord?
Ce qui ne passe pas c'est ton discours sur les "gens qui meurent, c'est la vie". Les gens qui meurent c'est des vioques donc y a pas que les anars qui s'en foutent, ils vont mourir bientôt de toute manière et puis j'ai pas de potes de cet âge. Même vieux tu as encore envie de vivre.
J'ai connu les débuts du SIDA et le même déni des gays, on était pourtant directement concernés mais on voulait continuer à baiser sans contrainte, faut bien mourir de quelque chose, ça ferait trop plaisir aux réacs. Pour qu'on se réveille il a fallu que la maladie touche des gens de notre entourage.
Pour moi ça a servi de leçon, les épidémies ça existe, on ne peut pas trier celles qui "méritent" de crever parmi les victimes d'une épidémie, même si tu t'en fous de l'humanité en général ça pourrait tomber sur quelqu'un que tu aimes?
En résumé, fais ce que tu veux, mais n'essaie pas de convaincre les autres de s'en foutre de risques bien réels?

> morale 2.0

la morale des commentaires, elle est dans le fait de répondre "oui mais quand on veut on peut" a qqune qui dit "j'en peux plus". c'est tout, y a pas à chercher plus loin.
de ce que je comprends du texte, l'autrice ne fait que rappeler que la prise de risque, même dans un contexte pandémique, elle est individuelle, parce que les mesures de confinement vont exactement à l'encontre des libertés individuelles. c'est pas une histoire d'anar individualiste, de fachos ou de stals, ou je sais pas quoi... même en ayant le bien être de la (ta?) communauté à l'esprit, tu fais que des choix individuels depuis le fin fond de ton cerveau avec le point de vue qui est le tien.
vouloir se confiner jusqu'au 11 mai c'est pas voter macron, vouloir se confiner plus/mieux, c'est pas vouloir que l'oms dirige un gouvernement mondial, et vouloir sortir voir ses potes et se considérer comme assez responsable pour gerer certains risques c'est pas etre un facho qui tue des gens.
j'ai l'impression que dans la tête de beaucoup dire "jpp du confinement, du coup des fois je vais dire bonjour a mes potes, dans le respect mutuel de notre niveau de prise de risques" c'est un peu dire "j'ai qu'a enquiller deux bouteilles de vodka et aller faire la course avec des cars scolaires sur l'autoroute".
la prise de risque du non respect du confinement elle est d'abord individuelle, et porte principalement sur un volet social : tu respecte pas le confiment, si tu croise les flics, tu vas raquer (ou te faire peter la gueule ou finir en taule si t'es pas assez blanc et propre et avec une bonne excuse), si tu en parle a autrui on va te foutre la honte en mode "tu tue les bébés pas encore nés!" ah non pardon "tu tue les mamies dans les ephad!". le lien direct entre l'autrice qui va voir des ami-e-s et a des contacts physiques avec celleux qui sont d'accord et n'ont pas de raisons particulières de vouloir eviter ces contacts, et les mamies qui meurent dans les ephad, il est franchement ténu. par contre le lien direct entre le confinement et les mamies qui meurent silencieusement chez elles parce qu'elles sont morte de trouille a l'idée de sortir et que personne ne les aide parce que le confinement en fait c'est "chacun pour sa gueule", là il est plus tangible, à mon avis...
au final, macron n'a pas envoyé l'armée nous forcer au confinement, chaque individu-e, dans sa situation, avec son point de vue personnel sur la pandémie, prend les mesures qu'iel est capable de prendre pour se proteger et proteger les autres. de votre point de vue extérieur, qui vous êtes pour décider de cette capacité chez autrui ? il est là le moralisme. et la justice de merde (et de classe) elle est juste après, quand tu commence a lister les "bonnes raisons" et hérétiser les contrevenant-e-s, style "tu tue l'humanité, du coup t'es un peu hitler et t'es plus trop humain j'espère qu'on fera des camps pour confiner ceusse de ton espèce qui se confinent pas assez bien comme il faut"

> merci

merci au dernier commentaire. Trop stylé trop bien dit! merci.

> Vous pouvez crever?

"Si tu te contentais de dire que tu craques, que c'est trop dur de rester enfermé quand on est mal logé, y aurait vraiment rien à redire, que de l'empathie. La révolte sur les différences de situation matérielle en période "normale" ou en temps de pandémie. Comment on pourrait ne pas être d'accord?"

Rien à voir avec "quand on veut on peut", d'accord?
C'est une simple question pratique: si tu multiplies les contacts, même avec des gens qui sont d'accord, tu multiplies les risques de contamination. Ces gens qui sont d'accord pour prendre ce risque, tu peux jurer qu'ils ne contamineront personne même par accident? Et que de contagion en contagion ça n'arrivera pas à des vieux ou des gens qui s'occupent des vieux?
Tu peux te raconter des histoires mais non on ne peut pas comparer les chiffres de morts du COVID et des morts par stress de pas sortir. Du nombre de morts qu'il y aura si tout le monde se met à relativiser les risques.
Compréhensif quand tu dis: j'en peux plus, je craque, trop dur quand on est mal logé de respecter le confinement.
Pas compréhensif envers tes justifications quand tu décides qui peut bien crever.
Ouais se soucier de la vie des autres, même de la vie de ceux qui m'énervent ou que j'aime pas, c'est de la morale, où est le problème?
Dénoncer les injustices sociales aussi c'est de la morale.
Que tu n'en puisses plus on peut comprendre, que tu décides qui peut, qui doit mourir, les bourgeois, ceux qui t'ont fait de la morale et ça t'a pas plu, ou que tu te racontes que ça fait pas de différence de rester confinée non on peut pas comprendre.
Je m'en fous qu'on me dise que je fais de la morale. Je m'en fous pas de la vie. Contrairement à toi j'ai la culture de la vie.

> santé publique vs liberté

Quand le risque existe et est prouvé chacun agit en sa conscence . Ma conscience c est de me protéger et de protéger mes semblables.
on peut agir individuellement pour avoir une action collective globale et dans lecas d'une pandémie c 'est une bonne façon d'agir.

est ce que le confinement est la seule façon ? non , bien sur mais c 'est un moyen essentiel .
ça marche .
aucune morale la dedans ,les chiffres parlent .
Que certains refusent le confinement et se regroupent entre eux,et seulement entre eux,c 'est un choix qui devrait être accepété.
en revanche dés que ce choix impacte ceux qui ne veulent pas être contaminés c 'est autre chôse. la politique de santé publique est collective.
pas de couverture vaccinale suffisante et la tuberculose progresse.
c 'est ainsi.
me promener consciemment avec le bacille de koch dans la foule est ma liberté fondamentale disent certains.
pas sûr que cette liberté soit fondée en humanité.
morale ? ben oui sinon on est que des individus qui agissons seulement en fonction de nos intérêts individuels.
et cela c 'est bien du liberalisme très loin du libertaire.

> Oui à la morale qui sauve des vies

"Que certains refusent le confinement et se regroupent entre eux,et seulement entre eux,c 'est un choix qui devrait être accepété."
Il me semble que c'est tout à fait accepté, même par le gouvernement: on a le droit de se confiner en famille ou entre amis. Pas besoin de se justifier si on limite au maximum les contacts avec l'extérieur. J'ai ptet pas tout compris de l'article mais l'auteure dit qu'elle veut toucher embrasser des amiEs qui elleux même veulent toucher embrasser d'autres amiEs pourvu qu'elleux acceptent de prendre le risque. Et là on tombe bien dans une chaîne possible de contamination impossible à maîtriser.
Faut laisser tomber les comparaisons avec Hitler, j'ai pas vu ça dans aucun commentaire, les nazis faisaient exprès de tuer des gens alors que là c'est uniquement de l'insconscience. Et ptet une réelle indifférence à la mort de soi même et des autres.
L'auteure a l'air sincèrement persuadée que l'épidémie est pas très grave, des gens meurent tout le temps c'est la vie, l'épidémie en fera mourir un peu plus, OSEF. Les hôpitaux saturés c'est sûrement une intox du gouvernement.

> encore

>>>>
"Que certains refusent le confinement et se regroupent entre eux,et seulement entre eux,c 'est un choix qui devrait être accepété."
Il me semble que c'est tout à fait accepté, même par le gouvernement: on a le droit de se confiner en famille ou entre amis. Pas besoin de se justifier si on limite au maximum les contacts avec l'extérieur.
<<<<

Lol tu crois ce que dis le gouv toi maintenant? Et tu crois que "se confiner en famille ou entre amis" c'est un truc faisable par tout le monde?

En fait vous avez toujours pas compris alors je vais le dire en grand: ON EST PLEIN À NE PAS POUVOIR SE CONFINER.
C'est plus clair? Il s'agit pas de choisir, il s'agit de pouvoir. Quand on peut pas, on peut pas. Point barre.
Dans tout ça y'a une grosse question de classe. Vous tou·te·s les ptits bourgeois·e·s vous avez juste pas idée, et vous pensez que désobéïr c'est vouloir la mort des autres ou ne pas être conscient·e que c'est dangereux. Vous avez lu mon message? JE PEUX PAS. Bordel c'est pas si compliqué à comprendre, si? Il vous faut quoi???????

>>>>
J'ai ptet pas tout compris de l'article mais l'auteure dit qu'elle veut toucher embrasser des amiEs qui elleux même veulent toucher embrasser d'autres amiEs pourvu qu'elleux acceptent de prendre le risque. Et là on tombe bien dans une chaîne possible de contamination impossible à maîtriser.
<<<<

En effet c'est compliqué de maitriser la chaine des contaminations. Moi je suis claire avec celleux que je vois. Iels savent que je vois des gens. Et celleux qui viennent de faire 400km pour venir là où je suis et aider d'autres potes en galère, iels savent aussi quels risques iels prennent et font prendre.

Le truc difficile c'est choisir entre sa propre santé (mentale, physique) et celle "des autres". Si je reste enfermée ou quasi-enfermée, juste je vais pas tenir. Et on est tellement dans ce cas là, je crois que vous vous rendez pas compte là. Tout le monde est pas valide, cis, blanc, avec de la thune, avec de l'internet ou avec un bon réseau de camarades ou de potes.

>>>>
là c'est uniquement de l'insconscience. Et ptet une réelle indifférence à la mort de soi même et des autres.
L'auteure a l'air sincèrement persuadée que l'épidémie est pas très grave, des gens meurent tout le temps c'est la vie, l'épidémie en fera mourir un peu plus, OSEF. Les hôpitaux saturés c'est sûrement une intox du gouvernement.
<<<<

Nan, je vois bien que ça fait du mal à plein de gens, que ça tue, que nanani que nanana.

Mais je vois aussi que les gens comme moi, pour qui le confinement est insupportable, ou celleux qui avant le confinement n'avaient déjà pas le droit à la vie normale (les pauvres (pas les anars au rsa hein, les pauvres j'ai dit (bien qu'il y ait quelques anars au rsa qui soient pauvres)), les personnes racisées, les trans, les handi et bien d'autres) bah le confinement ne nous protège pas, au contraire il nous fragilise encore plus et nous tue.

Donc si vous vous êtes bien et vous arrivez à gérer, c'est top, profitez-en, le système est de votre côté cette fois-ci. Alors SORTEZ AIDER LES AUTRES ET FAITES PAS LES RADINS MERDE. Enfin faites comme vous voulez personne va vous forcer, pis si la maladie est un réel problème pour vous (selon votre propre définition of course), bin faites comme vous pouvez.

Mais surtout, ne faites pas chier celleux qui essaient de survivre, et réfléchissez aux questions de classe et de privilèges.

> baby come back !

je vais soigneusement essayer de slalomer entre les points Godwin par ce que je vois bien que ça aide pas le débat, mais franchement je suis pas sûr de résister...

@X:

effectivement la phrase que tu cite ne rentre pas dans la catégorie "quand on veut on peut", mais dans celle de la condescendance la plus crasse, et le "qui vous êtes pour décider de cette capacité chez autrui ?" de mon dernier commentaire t'es tout particulièrement destiné.

y a rien de "simple" dans cette histoire de confinement, et certainement pas la propagation du virus. d'après les rapports de l'OMS, on manque apparement toujours de données fiables quand à la periode d'incubation, à la durée de vie des anti corps et à la contagiosité des personnes qui n'ont pas encore développé les symptomes. donc on sait que ce virus est là pour rester un moment.

si théoriquement, arreter tout contacts humains pendant un temps semble logique, ça n'est pas ce qui a été fait, loin de là. les gens continuent de devoir trimer, les gosses continuent aussi de devoir trimer, illes continuent de devoir faire leurs courses, c'est uniquement le pan "vie sociale et loisirs" qui a été suspendu. donc je répète, en théorie, qu'un-e individu-e aille faire la bise a un-e autre qui ellui même ira serrer la main d'une troisième personne, ça pourrait permettre la diffusion du virus, mais en pratique employé-e-s habituel-le-s, les interimaires et autres auto entrepreneu(rmalheu)reuses, qui font de la mise en rayon dans les supermarchés sans protection, augmentent aussi sensiblement ce risque, et c'est pas pour demain que le gouvernement va leur débloquer une prime exceptionnelle pour qu'illes puissent se confiner aussi. cette sur-responsabilisation des individu-e-s, c'est un peu le même principe que trier ses poubelles tu vois ce que je veux dire ?

l'autre confusion a propos de ce confinement, c'est qu'il n'est pas là pour arreter la propagation du virus et faire en sorte qu'il disparaisse, c'est bien trop tard pour ça (cf les rapports de l'oms, encore). ce confinement est là parce que le système de santé est déplorable, et que malgré le fric que ca a couté de prendre cette decision, ca valait plus le coup pour macron and Co que de voir les hopitaux engorgés et (plus) de gens crever dans les couloirs des urgences.

donc ce confinement ne tuera pas le virus, il reviendra de toutes manières (et oui ça veut dire que des gens vont en mourir, j'espère le moins possible) et en gros, soit sanofi ou autre pond un vaccin que l'état va payer rubis sur ongle et on va se retrouver avec une campagne aussi incompréhensible et mal gérée que ce confinement ou celle de l'hepatite B dans les années 90, soit ils font rien et on prend les mêmes et on recommence cet automne. que l'autrice fasse des bisous à ses ami-e-s ou pas, tes "vieux" ont de grandes chances de tomber malade de ce virus a un moment ou un autre dans les 12 prochains mois.

dans tous les cas, ce confinement laissera des traces dans notre manière de se cotoyer, t'a qu'a voir au supermarché comment les gens se disent plus bonjour tellement ils flippent.

on ne peut pas comparer les morts, t'as raison, et la principale raison c'est que ces morts ne sont pas comptabilisées. et je pense qu'il n'y pas que les morts en question, les traumas qui vont suivre ce confinement vont bien occuper les psy du monde occidental pendant des années, et les reculs sociaux annoncés vont démolir encore plus de vies dans la foulée. mais t'as raison on ne peut comparer le nombre de morts dûs au virus avec rien du tout. mais alors pourquoi sans cesse la ramener sur le nombre de morts *potentiels* dû à l'hypothétique rupture de confinement d'un individu ?

l'autrice n'a "décidé" de tuer personne, ça suffit avec ce chantage affectif de merde. elle a analysé les risques qu'elle prenait et faisait prendre à la communauté et décidé de quels risques elle voulait prendre. la même chose que toi quand tu sors faire tes courses et que tu t'achete du tabac, de la biere ou du chocolat ou n'importe quoi qu'un flic zélé pourrait trouver "non essentiel". arrête de lui prendre la tête sur comment elle doit exprimer ce qu'elle ressent et si t'as des remarques à faire sur ce qu'elle dit t'es pas obligé-e de répéter les mêmes arguments qu'elle vient de dénoncer.

@spartacus:

ok boomer.

@...

alors là ça va être dur, rapport à Godwin.

t'as pas l'impression que ton "oui à la morale qui sauve des vies" il pourrait être écrit sur une banderole à un rassemblement anti-IVG ?

si tu lie "morale" et "sauver des vies", je te promet, invariablement tu *vas* tuer des gens "pour sauver des vies". la comparaison avec les nazis est peut-etre un peu tendue, mais il me semble que si les "vieux" qui crevent en ephad meurent du virus, illes meurent seul-e-s et sans soutien affectif de leur famille *à cause* du confinement parce qu'il faut "sauver des vies". les types qui se font tabasser ou tuer par des flics parce qu'ils ont le droit, c'est le confinement qui les tue, pour "sauver des vies". les prisonnier-e-s dans les cras et les taules, on les laisse enfermé-es à attendre de crever sans voir leur famille pour "sauver des vies", pendant des siècle on (l'empire romain, l'église catholique, et tous les autres) a massacré pour "sauver des vies" (éternelles ou pas), et pour en revenir aux nazis, foutre des gens dans des camps et les assassiner en masse, ça tenait d'après eux de "l'hygiène raciale", il fallait "sauver le peuple allemand", bref c'était une "morale" qui voulait "sauver des vies".

l'autrice n'est pas inconsciente, elle ne dit pas qu'elle s'en fout que des gens meurent ou que l'hopital n'est pas saturé, au contraire, elle dit qu'elle est consciente des risques qu'elle prend et fait prendre en sortant et les compare aux risques qu'elle prend et fait prendre en restant enfermée.

> Pour être clair?

"En fait vous avez toujours pas compris alors je vais le dire en grand: ON EST PLEIN À NE PAS POUVOIR SE CONFINER."

Tu n'as toujours pas compris alors on va le dire en grand: ON N'A RIEN CONTRE CELLEUX QUI NE PEUVENT PAS SE CONFINER.

Les seuls points qu'on critique dans ton discours, et donc les seuls points sur lesquels on te demande de répondre, c'est tout ce qui concerne la culture de la vie, les gens que tu veux bien voir ou même faire crever, et la relativisation du risque de ne pas se confiner.

"Ah et dernière chose : la "culture de la Vie" c'est quelque chose que je ne partage pas avec la plupart des gens. Je ne suis pas de celles-ci. Ça me le fait si ma maman chérie (que j'aime pour de vrai, pas comme mon père) meurt. Bien sûr je serai triste. Mais c'est la vie. Les gens meurent. Tout le temps. Et je ne vais pas essayer de sauver des gens qu'en ont rien à faire des opprimé·e·s ou juste qui profitent de leur supériorité de classe, ni de celleux qui me disent que ça leur fait de prendre des risques.
Je sais bien que sortir augmente le risque d'avoir un accident et de prendre une place à l'hôpital. Ouais. Pareil si je reste chez moi tsé. Et je vais pas me sacrifier pour "l'humanité", no way, j'ai déjà donné."

"Que crève l'humanité tout entière."

Y a pas que les bourgeois qui veulent pas que crève l'humanité toute entière. Y a pas que les bourgeois qui ne pensent pas que "des gens meurent tout le temps c'est la vie". Je suis pas un bourgeois, je suis au RSA, je pige que tout le monde ne peut pas supporter le confinement mais je vais pas me raconter ni raconter que se confiner ça ne fait pas de différence pour la surcharge des hôpitaux.

> merci

Merci pour ce texte et d'avoir partagé ton vécu et ton point de vue. Tant pis pour les partisans de l'effort collectif, ta liberté fait du bien à lire.

> Que crève toute l'humanité

faudrait savoir, l'auteure peut pas faire autrement parce qu'elle est SDF, ou bien elle prend et fait prendre des risques parce qu'elle se pose en modèle de liberté?
On est dans la confusion la plus totale: "de toute manière y a des gens qui vont travailler et prendre des risques" donc on va niveler par le bas, prendre des risques nous aussi, des risques qu'on pourrait éviter mais qu'on ne veut pas éviter.
Le gouvernement est responsable de la situation des hôpitaux: alors on se sent libre de saturer encore plus des hôpitaux déjà saturés. Si des gens crèvent dans des couloirs de l'hôpital ou chez eux parce qu'il y a trop de contaminé-e-s s'il n'y a pas assez de médicaments pour tous les contaminés c'est la faute du gouvernement à la base donc on va rien faire pour pas empirer les choses.
Le confinement a réussi à limiter les dégats, des places vont se libérer pour accueillir de nouveaux contaminés. Ouais, c'est la faute du gouvernement si y avait si peu de places à la base. On aura l'air malins à crever faute de soins en répétant "c'est la faute au gouvernement".
L'Etat et le capitalisme on doit continuer à les combattre, mais je vois pas en quoi on lutte en prenant le risque de saturer les hôpitaux, en prenant le risque de surcharger le personnel soignant de travail.
Et toujours aucune réponse à propos de "l'humanité qui peut bien crever" et "j'ai pas la culture de la vie, des gens meurent, tout le temps, c'est la vie" et "je vais pas me sacrifier pour l'humanité".
Si c'est ça la liberté selon les anarchistes, on peut bien me répéter que je fais de la morale parce que moi je veux pas que l'humanité crève, je le prends pas du tout comme une insulte.

> santé publique vs liberté

je ne comprends pas trop cela:

"t'as pas l'impression que ton "oui à la morale qui sauve des vies" il pourrait être écrit sur une banderole à un rassemblement anti-IVG ? ""
je dis que me ballader en ville avec le bacille de Koch en toute conscience et sans mettre de protection pour les autres est une liberté mais très loin d'une attitude humaine anarchiste .
et parceque cette attitude est critiquable ,que la morale humaine c 'est l'altruisme aussi,alors je suis comme un commando contre l'ivg ?
mais toutes tes revendications libertaires qui sont aussi le respect de la vie des hommes et des femmes alors peuvent être assimilées au liberalisme des anti ivg, avec ce lien avec la morale .mais quelle morale ?
les anarchistes n'ont pas de morale ?
juste le moi et ses intérêts immédiats ?
je propage le virus,l'état est pire que moi,les gens meurent de toute façon,les chiffres sont pas nets,alors moi j'en remets une couche très légére c 'est ma liberté!
oui, l'état est criminel,oui la liberté est essentielle,oui on ne sait pas tout sur ce virus,mais refuser de prendre des précautions va amplifier la pandémie,sans abattre l'état.
alors je me confine,pour moi et les autres ,jouer avec ma santé ok,mis avec celle d'autrui ,non.
morale humaine basique .

> j'essaie

Ok j'essaie de répondre!

Déjà, merci aux quelques personnes qui cherchent pas la ptite bête dans ce que j'écris. J'écris pas parfaitement, et mettre en lettres ce qu'il y a dans la tête est un exercice très difficile, et en plus, ce que j'ai dans la tête n'est pas forcément bien rangé, donc oui, y'a des incohérences et des trucs bizarres dans ce que j'écris.

>>>>
"En fait vous avez toujours pas compris alors je vais le dire en grand: ON EST PLEIN À NE PAS POUVOIR SE CONFINER."

Tu n'as toujours pas compris alors on va le dire en grand: ON N'A RIEN CONTRE CELLEUX QUI NE PEUVENT PAS SE CONFINER.
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Bin quand même, dans ce que tu dis on dirait bien. Mais je veux bien passer.

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Les seuls points qu'on critique dans ton discours, et donc les seuls points sur lesquels on te demande de répondre, c'est tout ce qui concerne la culture de la vie, les gens que tu veux bien voir ou même faire crever, et la relativisation du risque de ne pas se confiner.

"Ah et dernière chose : la "culture de la Vie" c'est quelque chose que je ne partage pas avec la plupart des gens. Je ne suis pas de celles-ci. Ça me le fait si ma maman chérie (que j'aime pour de vrai, pas comme mon père) meurt. Bien sûr je serai triste. Mais c'est la vie. Les gens meurent. Tout le temps. Et je ne vais pas essayer de sauver des gens qu'en ont rien à faire des opprimé·e·s ou juste qui profitent de leur supériorité de classe, ni de celleux qui me disent que ça leur fait de prendre des risques.
Je sais bien que sortir augmente le risque d'avoir un accident et de prendre une place à l'hôpital. Ouais. Pareil si je reste chez moi tsé. Et je vais pas me sacrifier pour "l'humanité", no way, j'ai déjà donné."

"Que crève l'humanité tout entière."

Y a pas que les bourgeois qui veulent pas que crève l'humanité toute entière. Y a pas que les bourgeois qui ne pensent pas que "des gens meurent tout le temps c'est la vie". Je suis pas un bourgeois, je suis au RSA, je pige que tout le monde ne peut pas supporter le confinement mais je vais pas me raconter ni raconter que se confiner ça ne fait pas de différence pour la surcharge des hôpitaux.
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Aah, c'est un problème compliqué.
Déjà, on peut être au RSa et être "bourge" (pas grand·e bourgeois·e j'imagine, mais ptit·e bourgeois·e), genre avec des économies, ou avec un héritage, ou un futur héritage. Bref, c'était pour clarifier que avoir le RSa n'est pas suffisant comme critère de classe.

Ensuite je me raconte rien. Je fais des choix. Je fais le choix de prendre le risque que plus de gens soient malades pour que *moi et mes proches et leurs proches* on puisse survivre. Parce qu'on nous en met déjà suffisamment dans la gueule, qu'on nous tue (pour de vrai ou psychologiquement) déjà trop. Je n'attend pas d'aide de la part des privilégié·e·s (je parle pas de grands bourgois; je parle des anars bien confinés), parce que je l'ai pas beaucoup vu, cet aide, par le passé. Donc oui, que les privilégiés meurrent, je m'en tamponne tavu.
Bien sûr je sais que y'a pas que des privilégiés qui meurrent, au contraire, y'a masse de pauvres (sans héritages ni économies, ou avec bien d'autres problèmes) qui meurrent et qui vont mourrir. C'est dur parce que c'est toujours les pauvres qui mangent dans la gueule. En l'occurence c'est surtout des personnes racisées qui meurrent. Oui ça me fait chier, mais c'est à 0% de ma faute.
Le monde dans lequel on vit fait que les pauvres meurrent. Moi j'ai, avec d'autres, la possibilité de m'organiser un peu pour en aider une partie (dont moi-même), au prix de peut-être mettre en danger d'autres personnes (pas forcément des pauvres). Mon choix est fait direct!

Donc voilà, je ne relativise pas, je calcule et je choisis.

Bien sûr, étant donné que je suis pour la disparition totale de l'hummanité (mais pour une survie fonctionnelle en rage et en colère tant qu'on est là), ce calcul est assez peu gêné par des émotions de type "ouin ouin mon grand papa va ptet mourir". Il est mort y'a 1 an le mien, lol (on a fait une grooossse teuf)

>>>>
faudrait savoir, l'auteure peut pas faire autrement parce qu'elle est SDF, ou bien elle prend et fait prendre des risques parce qu'elle se pose en modèle de liberté?
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C'est marqué dans le texte!
Je suis SDF depuis plus de 10 ans (avec des pauses), et j'ai quasi toujours trouvé où crecher voire où loger). Donc je suis SDF privilégiée, avec du réseau et de quoi survivre "facilement". Donc là, en ce moment, je suis dans un appartement (pour encore 3 semaines). Tu vois, c'est moins binaire que ta phrase essaie de le faire croire.
Et sur la question de "se poser en modèle de liberté" je t'invite à relire le texte et les commentaires afin que tu puisses comprendre pourquoi c'est pas exactement un choix, et pourquoi il s'agit pas de "modèle" ni de "liberté" mais de survie.

Pour le reste de ce commentaire de "Pour être claire", je vais pas y répondre car y'a déjà toutes les réponses.

Et pis je sais même pas si vous me lisez pour de vrai ou si vous avez juste envie de taper sur des gens.

> encore des maux toujours des maux les mêmes maux

qu'on soit bien claires, (mais ça va être compliqué si on s'appelle toustes Claire), je ne connais pas l'autrice de cet article (du moins je crois pas), je ne suis pas du tout dans la même situation et par conséquent je n'ai pas fait les mêmes choix. Alors je parle pas pour elle je parle de ce que j'ai compris qu'elle dit/pense, au plaisir d'être corrigé par elle, et ce que je pense moi. la principale raison pour laquelle j'ai commencé à commenter ici c'est que personne dans les commentaires ne donnait l'impression de s'interesser à ce qu'elle pouvait dire ou penser et pourquoi elle en venait à ces conclusions, les commentaires étaient uniquement destinés à lui faire la morale sur ce qu'il faut penser et comment l'exprimer.

@pour être confus:

"Tu n'as toujours pas compris alors on va le dire en grand: ON N'A RIEN CONTRE CELLEUX QUI NE PEUVENT PAS SE CONFINER."

ben en fait si, je crois que j'ai compris que tu tolère qu'illes fassent ce qu'illes veulent tant qu'illes le font en silence et sans te déranger dans ta "culture de la vie".

la "culture de la vie", c'est une notion qui me semble carrément pas universelle et complètement culturelle. tu fera pas démordre d'un-e témoin de jehovah hard-core que son refus de transfusion c'est l'expression de son amour de la vie, sa "culture de la vie". je doute que ta "culture de la vie" soit la même. j'ai déjà parlé de la "culture de la vie" du IIIe Reich alors je recommence pas, mais le principe est le même. c'est des mots et des idées, et si tu peux pas comprendre qu'on place pas tous le même sens derriere des concepts qui ont le même nom, je vois pas quoi faire pour toi. si t'es juste là pour dire que ta vision de la chose est plus importante que celle des autres et est la seule qui mérite d'exister, ben va trouver des potes, et faites une église, ou un parti, imaginaire ou pas.

je veux bien la citation de l'autrice ou de moi qui dit que se confiner fait pas de difference pour la surcharge des urgences. il me semble même avoir dit que c'était l'unique but du confinement pour palier a un systeme de santé détruit. si encore on avait des indices que le-dit système allait être réparé, mais c'est plutot l'inverse que je ressent.

personne ne parle de niveler vers le bas. en fait, si le "bas", c'est le degré zero des relations sociale, c'est toi qui veut niveler vers le bas et considérer que si le confinement est necessaire il doit devenir la norme et on peut avoir de la pitié pour les deviant-e-s mais que s'illes souffrent en silence.

personne ne dit non plus qu'on ne doit rien faire pour pas empirer les choses, y a une personne qui a écrit un texte pour expliquer ce qui la fait étouffer et quelles raisons la poussent à prendre une décision qui va à l'encontre de ce qui est présenté un peu partout comme "le bien commun" (encore un concept à prendre avec des pincettes).

"On aura l'air malins à crever faute de soins en répétant "c'est la faute au gouvernement"." là encore, personne ne parle de ça, je comprends même pas pourquoi tu dis ce truc. oui le confinement a limité la propagation du virus dans un premier temps et peut-etre empéché la saturation des hostos. mais, aussi, le confinement qui a été imposé, c'est "chacun chez soi sauf si ton estomac, le patron, ou le gouvernement, te demande de sortir". c'est pas une proposition vaguement sociale genre "ça arrangerait bien les choses si les gens restaient chez elleux un maximum et si on arretait les partouzes dans les jardins publics, tenez, on banalise l'ecole jusqu'a la fac, on annule les exam 2020, on file de la thune a ceusse qui ne pourront pas en gagner on arrete tout et on prepare une solution plus perenne dans le meme temps, ? vous dit?". y a pas de "dans la mesure du possible" dans le confinement qu'on vit, sauf dans les cas ou c'est les flics qui prennent la "mesure"...

tu risque de saturer les hopitaux, que tu sorte ou pas:

tu crois que les personnes directement concernées par les 40% (déclarés, d'après castaner) d'augmentation de cas de violences familiales n'ont pas eu a voir de toubib ou de faire un tour aux urgences ?
tu crois que les momes qui se font défoncer parce que les flics se sentent encore plus puissants ne surchargent pas les hostos non plus ?

et surtout, est-ce que tu pense vraiment qu'au train ou vont les choses les hostos ne seront pas exactement dans la même situation dans les mois/semaines qui viennent ? pour le moment, à par des applaudissements, y a pas eu d'investissement massif dans le systeme hospitalier, je crois...

l'humanité qui peut bien crever"
"j'ai pas la culture de la vie, des gens meurent, tout le temps, c'est la vie"

encore une fois, je connais pas l'autrice, et je dis que ce que je pense moi. tout ça c'est des mots, encore et tu demande pas de réponse, ou d'explication de texte tu demande une justification du haut de ta morale où dire ça c'est pire que le Mal. ça pose un serieux problème, ça veut dire que tu ne veux meme pas essayer de comprendre ce que *veut dire* la personne en face de toi (pas ce qu'elle dit).
petite histoire: mettons que jean claude prend un couteau à pain et courre dans la rue en gueulant qu'il va "tous les buter, l'humanité peut bien crever!". si jean claude est pas assez blanc, l'ambiance du moment dit que le probleme se regle vite au moment ou les flics tirent ce le mechant terroriste potentiel. sinon, jean claude a des chances de se retrouver interné d'office à l'HP du coin, mais le monde autour de lui le traitera pas de mechant terroriste. on est d'acc là ? tu vsoi ou je veux en venir ? une personne qui dit que "l'humanité peut bien crever" ou d'autres truc nihilistes ça veut pas dire qu'elle veut faire crever l'humanité tout entiere, ça vetu dire qu'elle est mal. point. et toi tu régai comme un flic qui entend un truc qui ressemble a allah ahkbar dans un commissariat.

"je vais pas me sacrifier pour l'humanité"

là y a mention spéciale, parce que je vois pas ce qui te choque... à part dans un film avec bruce willis ou stallone, en quoi le sacrifice d'un-e individu-e aiderait "l'humanité" ? en quoi "l'humanité" est homogène et pourquoi c'est si choquant de penser que les gens qui s'arrogent déjà 90% des ressources vont aussi s'arroger 90% des chances de survie crées par un hypothétique sacrifice individuel ? et puis serieux en quoi c'est positif de se sacrifier ?

je n'avais la volonté d'insulter personne en parlant de morale, mais de pointer un comportement abusif. ça te définit pas, mais ça veut pas dire que je trouve ça acceptable de faire la meute autour de cette personne qui ecrit un texte pour denoncer justement ce genre de comportement.

@spartacus:

mange tes morts après les avoir désinfectés.

@autrice:

perso je lis parce que ça m'interesse de lire des points de vues humains par ici (i.e qui prend en compte les composantes de souffrances psy ou pas, les contradictions et la vraie vie, pas que les vieux principes du 16e siècle et les traditions imbéciles), mais j'ai aussi une dark side qui kiffe le troll sur indymedia des fois :)

> manger des morts !!

manger mes morts apres les avoir désinfectés .

on peut écrire des trucs aussi sots ?

tu écris:
"tu risque de saturer les hopitaux, que tu sorte ou pas:
tu crois que les personnes directement concernées par les 40% (déclarés, d'après castaner) d'augmentation de cas de violences familiales n'ont pas eu a voir de toubib ou de faire un tour aux urgences ?
tu crois que les momes qui se font défoncer parce que les flics se sentent encore plus puissants ne surchargent pas les hostos non plus ?

c 'est faux,totalment faux !! on sature plus les hopitaux si on sort.comme dans les pas ou on se confine pas.

et l'argument de dire que les violences familliales et les gosses défoncés par les flics surchargent les hostos alors je peux me deconfiner aussi est lamentable (syllogisme de la double faute) cela revient à dire :des causes produisent aussi des saturations dans les hôpitaux,DONC je peux y rajouter la mienne volontairement aussi!!
c 'est pas pareceque l'état est cause du désastre hospitalier que ça justifie d'en rajouter une couche dans ce désastre de surchage .
Refuser le déconfinement ne fera pas reculer l'état mais mettra des milliers de personnes en danger.

> lol

spartacus: lol, ça manque très légèrement de compléxité ton analyse! mécépagraf.

Et tu dis: « On sature plus les hopitaux si on sort.comme dans les pas ou on se confine pas. »
Bin t'as pas du tellement te renseigner. À taiwan, pas de confinement global, pas d'engorgement des hopitaux. Une réelle prise en charge du problème dès le début. Bon, je dis pas que taiwan=paradis hein, juste que ta phrase est bidon.

@escarre goth: je me demande aussi si on se connait :p

> complexité tres claire

en fait je ne suis pas trop complexe car les chôses ne sont pas du niveau bac plus 12. c 'est prendre des précautions pour soi et les autres ou revendiquer l' individu au dessus de l'humanité et des autres ,ç 'est assez simple à comprendre. et je me renseigne un max ,donc je sais fort bien que c 'est le confinement qui a ralenti énormément la pandémie,voire le Bresil ou pas de confinement tourne au cauchemar macabre et c 'est pas le seul pays ex les usa .
alors taiwan c 'est un confinement plus léger mais fermeture des frontières aussi et contrôle de la population.
il n 'existent pas de solutions miracles,et quand on a pas de masques,de tests, d'hôpitaux au top ,on fait avec le moins pire.
toute la populations testée, des masques par millions,un accueil hospitalier efficace,alors,les possibilités sanitaires sont différentes et on agit autrement .
ici c 'est pas le cas, d'autre part la suede qui n'a pas fait de confinement a plus de dégats que d'autre pays nordiques qui ont confiné (danemark ,finlande)
et puis quand il y a un risque énorme pour les miens (et l'humanité c 'est les miens) je ne le prends pas.
et je n'apprécie pas trop que d'autres le prennent contre moi

> lol

Bah t'as bien de la chance d'être privilégié.e et de pouvoir rester confiné.e…