"Les manifestations qui ne dégénèrent pas n'ont pas d'influence sur le gouvernement"

Mis a jour : le jeudi 19 décembre 2019 à 19:06

Mot-clefs: contrôle social gilets_jaunes réforme_retraites_2019
Lieux:

Cette analyse n’est pas celle d’un révolutionnaire acharné, ni d’un manifestant radical : c’est le constat d’un grand patron et conseiller de gouvernements précédents.

« Les manifestations, lorsqu’elles ne dégénèrent pas, n’ont pas tellement d’influence sur la politique des gouvernements… »

Cette déclaration vient de Raymond Soubie à la télévision le 17 décembre. Soubie est l’ancien conseiller de Sarkozy, qui a notamment aidé le gouvernement Fillon à faire passer la réforme des retraites de 2010.

Une autre citation éclairante émanant du gouvernement est passée inaperçue à propos de la grève générale du 5 décembre :

« C’est une journée à l’initiative des syndicats, organisée par les syndicats. On sait à qui on a affaire. Je préfère avoir un million de gens dans la rue avec une manifestation syndicale, donc un truc cadré, plutôt que 100 000 Gilets jaunes qu’on ne connaît pas et qu’on ne maîtrise pas ».

La personne qui prononce cette phrase est un « ponte de la majorité » selon le journal Le Parisien, le 24 novembre 2019.

Le pouvoir a peur de ce qu’il ne contrôle pas. Soyons ingouvernables !

Link_go http://nantes-revoltee.com/les-manifestations-qui-ne-degenerent-pas-nont-pas-dinfluence-sur-le-gouvernement/

Link_go

Commentaire(s)

> Un tissu d'inepties !

Ce n’est pas parce que c’est Soubie qui le dit que c’est forcément vrai ! Que je sache, ni le soulèvement de 1848, ni la Commune, ni la Révolution russe n’ont commencé par une « manifestation qui dégénère », et je ne vois absolument pas comment une manifestation, y compris qui « dégénère », pourrait bien inquiéter l’État - à moins de séparer gouvernement et État - ni l’ordre capitaliste tout entier !

Ce qui inquiète la bourgeoisie, c’est qu’un rapport de force POLITIQUE s’installe avec les exploités, dès lors qu’ils unissent leurs efforts, s’émancipent de la tutelle des partis politiques démocratiques et des syndicats et se mettent à déterminer eux-mêmes leur lutte. Ce qui inquiète l’État, c’est la solidarité des exploités, leur réflexion collective, leur compréhension de ce qu’ils sont et de qui sont leurs ennemis.

Se taper avec les flics ou saccager des magasins de luxe n’a jamais fait avancer l’auto-organisation des exploités, ni leur capacité à comprendre qu’ils ont tous des intérêts communs face à leurs exploiteurs, bien au contraire ! C’est pourquoi d’ailleurs lesdits saccages sont l’œuvre de provocateurs ou de gens qui n’ont absolument aucune perspective précise à mettre en avant !

Et de toutes les façons, hormis lorsqu’elle fait des gaffes - comme lors de la manif Gilets Jaunes de décembre dernier au cours de laquelle a eu lieu le saccage de l’Arc de Triomphe - la bourgeoisie a parfaitement tout ce qu’il faut pour répondre sur le terrain des « manifs qui dégénèrent ». Pour tout dire : c’est ce qu’elle sait affronter le mieux !