Le Parisien atteint par des tirs de LBD ?

Mis a jour : le dimanche 16 juin 2019 à 14:37

Mot-clefs: Répression
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L’abus de titraille peut nuire gravement à la qualité (et à la probité) de l’information.

Selon un rapport de l’IGPN présenté le jeudi 13 juin, l’utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD) et grenades de désencerclement par les policiers a augmenté de plus de 200% en 2018 par rapport à l’année précédente : 19.000 munitions de LBD contre 6.300 en 2017.

Le Parisien, non content de classer cette information dans la rubrique « Faits divers » a initialement choisi de l’affubler de ce titre élégant [1] :

" Les Gilets jaunes ont fait exploser le nombre de tirs de LBD "

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Ainsi ce ne sont pas les « forces de l’ordre », comme on les appelle, qui, sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur, ont « fait exploser le nombre de tirs de LBD », mais les gilets jaunes.

Les journalistes en charge de la titraille se sont avisés de leur « dérapage » (comme on dit pour atténuer l’effet d’un tir de LBD) et ont corrigé :

Mais le lien de l’article mentionne toujours le titre original : http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-gilets-jaunes-ont-fait-exploser-le-nombre-de-tirs-de-lbd-13-06-2019-8092872.php

La première phrase de cet article de « fait divers » (on ne se lasse pas de le souligner) continue à attribuer les tirs aux manifestations et non aux forces chargées du « maintien de l’ordre » : « Les nombreuses manifestations ont provoqué une hausse inédite des tirs de Lanceurs de balles de défense et de grenades de désencerclement selon le rapport de l’IGPN présenté ce jeudi. »

Au titre militant du Parisien, on pourrait en opposer un autre, comme celui que suggère le compte @Ceux qui tiennent la laisse sur Twitter :