Parution d'une nouvelle brochure : Gilets noirs et K-way jaunes - Interviews d'anarchistes à propos du mouvement des Gilets jaunes

Mis a jour : le vendredi 19 avril 2019 à 12:54

Mot-clefs: -ismes en tout genres (anarch-fémin…) gilets_jaunes
Lieux: caen dijon paris toulouse

Cette brochure propose cinq entretiens avec des anarchistes de Paris-banlieue, Toulouse, Dijon et Caen à propos de leurs rapports au mouvement des Gilets jaunes. Les entretiens datent tous de février à avril 2019.

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Sommaire :
 - {Introduction}, par Enkapuzado & Zanzara athée, 10 avril
 - T, un anarchiste de banlieue parisienne, 1-11 février
 - E&L, deux anarchistes situées sur Toulouse, 19 février
 - A, un anarchiste vivant en banlieue parisienne, 9 mars
 - J, de Dijon, 21 mars
 - R&R, deux anarchistes de Caen, 2 avril

Introduction

Cette brochure a pour origine une initiative venant d'une revue anarchiste brésilienne, Crônica Subversiva, de Porto Alegre, qui, en janvier 2019, voulait interviewer quelques anarchistes à propos du mouvement des Gilets jaunes. Des extraits de ces interviews ont d'ailleurs été publiées en portugais dans le n°3 et le seront bientôt dans le n°4.

L'idée était notamment de réfléchir à ce qui peut rapprocher ce mouvement de celui qu'a connu le Brésil en 2013-2014, pendant lequel la colère sociale s'est également exprimée par des manifestations massives sans être monopolisées ou englobées par les partis politiques ou les syndicats. C'est au sein de ces manifestations que les black blocs ont vu le jour au Brésil. Travailleur·euse·s, étudiant·e·s, jeunes des favelas et autres énervé·e·s, politisé·e·s ou non, ont pris les rues et se sont attaqué aux représentations du capital et de l'État. Ces manifestations massives ont permis la naissance de différentes initiatives auto-organisées, horizontales. À Porto Alegre, nous avons vu naître des lieux autogérés et politisés, des occupations de lieux publics comme la Chambre municipale qui ont duré des semaines, mais aussi l'entrée en lutte des plus jeunes qui ont occupé leurs écoles pendant des mois tout en participant à de nouvelles manifestations entre 2015 et 2016. Les conséquences de ces mouvements sociaux sont difficiles à mesurer aujourd'hui. Cinq ans après les « journées de juin 2013 », Jair Bolsonaro, fasciste et valet de l'impérialisme nord-américain, est élu démocratiquement par le « peuple » brésilien. Sa « conquête » du pouvoir s'est mise en place, d'une certaine manière, en s'emparant d'une partie des mouvements sociaux et en instrumentalisant une haine du Parti des Travailleurs qui avait d'ailleurs déçu un bon nombre de ses électeurs. Fin 2014, c'est un mouvement d'extrême droite (anti-amérindien, anti-noir, anti-LGBT, etc.) qui voit le jour, le MBL (Mouvement Brésil Libre), qui ramassera tout un tas de personnes paumées politiquement et qui se consolidera comme la base d'accès au pouvoir du futur président. Si le mouvement social de 2013-2014 au Brésil n'est pas responsable de l'arrivée au pouvoir de Bolsonaro, il n'a pas été suffisamment puissant pour enrayer la montée du fascisme dans le pays, notamment à partir de 2015.


L'héritage des mouvements de 2013, 2014, 2015 et 2016 vit dans le coeur de tou·te·s les émeutier·e·s, dans tous les black blocs qui se sont, à un moment donné, confronté·e·s avec ténacité aux forces de l'ordre et à ce qui les opprime quotidiennement. Il vit aussi dans les futurs possibles que l'action insurrectionnelle a permis d'entrevoir. Ces mouvements ont ouvert des portes et formé corps et âme à l'action. Le mouvement des Gilets jaunes nous laisse entrevoir lui aussi un pays et ses représentant·e·s secoué·e·s par une vague insurrectionnelle, qui nous remue nous aussi à l'autre bout du monde.

Nous pensons qu'en tant qu'anarchistes, il est important de nous poser certaines questions, notamment celle de notre rôle au sein des mouvements sociaux. Comment prendre part à un mouvement social sans lâcher nos convictions ? Sans se transformer en « avant-garde » révolutionnaire ? Comment diffuser et faire partager nos idées à des personnes qui, à première vue, ont des visions du monde complètement différentes, voire contradictoires aux nôtres ? Créer le chaos est-il notre seul objectif ?

On parle beaucoup des black blocs ces derniers temps en France, les médias, les politicien·ne·s et les citoyennistes le font pour faire une distinction factice entre Gilets jaunes obéissants et respectueux des lois et extrémistes ultra-violent·e·s et minoritaires. Ce qui nous semble désormais clair dans ce mouvement, c'est qu'il est très compliqué de distinguer les K-way noirs typiques de la tactique anarchiste du black bloc des nombreux gilets jaunes qui sont arrivé·e·s dans ce mouvement sans avoir encore éprouvé l'expérience de l'émeute. Le soulèvement des Gilets jaunes a été (et continue d'être) le fait de plein de gens différent·e·s, avec des origines sociales et des cultures politiques diverses, réunissant plein de rebelles à l'ordre établi et une colère populaire rarement exprimée aussi intensément... Le 16 mars 2019 à Paris a donné lieu, encore plus qu'en décembre 2018, à un joyeux mélange insurrectionnel des identités politiques, que résume assez bien le tag de couverture : Gilets noirs, K-way jaunes. On n'oubliera pas non plus que c'est sur une avenue des Champs-Elysées ravagée par la casse et le pillage que des milliers de personnes ont entonné un slogan simple mais prometteur : « révolution ».

Pour ce qui est des interviews, l'idée est qu'elles nous donnent quelques pistes et nous montrent comment des anarchistes ont pris part au mouvement des Gilets jaunes dans différentes régions du territoire contrôlé par l'État français. Elles ont pour objectif de nous provoquer parce que les positions et analyses présentées sont plurielles et entrent parfois en contradiction les unes avec les autres. Dans tous les cas, elles nous invitent à prendre part à l'action insurrectionnelle, elles réaffirment que face à la violence quotidienne d'un État qui se croit tout puissant, la passivité et le pacifisme ne sont pas des options valides. Elles n'ont pas pour but de dresser des postures figées par rapport au mouvement en cours. Elles sont là pour alimenter les réflexions, renforcer les luttes et montrer comment des anarchistes peuvent participer/intervenir dans une dynamique insurrectionnelle, voire révolutionnaire, mais confuse dans ses perspectives politiques. Réalisées par mail entre début février et début avril 2019, elles sont aussi des instantanés d'un mouvement qui fait des vagues, gagne et perd en intensité selon les périodes, et qui semble bien plus imprévisible que les mouvements connus dans l'Hexagone ces dernières décennies. Nous avons fait le choix de les publier telles qu'elles nous sont parvenues. Elles ont toutes été réalisées à l'écrit, et on a par exemple décidé de laisser le choix à chacun·e de féminiser/neutraliser/dégenrer les mots ou non, à sa façon.

Par ailleurs, nous avons une masse assez importante de documents numérisés à propos du mouvement des Gilets jaunes (tracts, textes de fond, photos, affiches, mais aussi vidéos...). Ces archives sont en cours de constitution et sont bien entendu partageables. Si vous êtes intéressé·e·s, écrivez-nous ! Idem pour ce qui est des traductions de cette brochure. Une version en portugais est sur le feu, peut-être aussi en espagnol et en italien. Si vous avez des envies de traduire ça en d'autres langues, contactez-nous !

Paris-banlieue et Porto Alegre, 10 avril 2019
Enkapuzado & Zanzara athée

Cette brochure a été publiée sur infokiosques.net. Une version à lire sur l'écran est trouvable ici et téléchargeable en plusieurs versions PDF, avec les traductions prévues en portugais et peut-être bientôt en espagnol et en anglais.

 

Commentaire(s)

> question

Quel est, au fond, le rapport avec l'anarchisme, à part qu'il est écrit partout le mot "anarchisme" sans jamais plus de précision. Cela mettrait tout le monde d'accord.

Mettre des Kways serait même une tactique anarchiste... Pourquoi vous faites ça ?

> Acte XXIII, Toulouse nassée, Toulouse asphyxiée, mais toujours déterminé.es !

Ça ne finira jamais ! Le grand débat à fait patatras, les vieilles pierres valent visiblement plus que nos misères, les raisons pour rentrer chez soi ne sont pas réunis. On continue la rando du samedi contre l’arrogance des gouvernants et le mépris de la bourgeoisie. Rendez-vous 14h métro Capitole.

Défense collective et Légal team :

Les forces répressives seront aussi de la partie. À chaque acte toulousain depuis décembre ce sont des centaines de flics, des canons à eau, des blindés et les traques par la BAC. En cas d’arrestations d’un.e proche,

- contactez la legal team : 0758252219 (c’est possible avec Signal et Telegram),

- ou par mail la défense collective :
defensecollectivetoulouse@riseup.net

Vous pouvez aussi retrouver tous les conseils pour les manifs sur le blog de la Défense collective toulouse.

https://defensecollectivetoulouse.noblogs.org/category/conseils-dc/

Je reçois une convocation: que faire?
La répression est parfois une pratique qui se mange froide. Ne pas se faire arrêter durant une manif, une action, ne garantie pas que l’on a échappé complètement à la police et la justice. De nombreuses enquêtes et instructions ont été ouvertes dans ce mouvement. Elles peuvent concerner des faits extrêmement banals comme l’occupation d’un rond point ou d’un péage ou concerner des faits plus importants (incendie, association de malfaiteur…).

Pour faire avancer ces enquêtes et réussir à inculper des personnes les policiers ont généralement recours à des convocations. Bien sur ils peuvent aussi aller faire directement une descente avec de multiples perquisitions comme à Béziers pour l’incendie du péage il y a pas longtemps et dans ce cas les personnes sont directement placés en GAV (s’applique alors le traditionnel : NE RIEN DÉCLARER, NE RIEN SIGNER, REFUSER LA COMPARUTION IMMÉDIATE).

Pourquoi ne pas se rendre à une convocation :

Vous pouvez être convoqué : au commissariat, à la gendarmerie ou directement au tribunal, en tant que témoin ou suspect. Le statut sous lequel on est convoqué peut évoluer pendant la durée de l’enquête et donc pendant l’audition. La situation peut basculer très rapidement. Par exemple, on peut être convoqué comme simple témoin en recevant une lettre, se rendre au commissariat et se retrouver suspect au cours de l’audition (souvent à partir des déclarations que les gens font contre eux-mêmes ou les autres, genre une autre personne convoquée qui parle au lieu de se taire). Cette dernière se transforme en garde-à-vue et on se retrouve mis en cause dans une affaire sans y être préparé…

La plupart des convocations pendant un mouvement social sont liées à des enquêtes de police en cours. Le motif de la convocation est volontairement flou, la formule habituelle étant « une affaire vous concernant », motif qui peut n’être précisé que sur place, ou lors du placement en GAV. Cette stratégie policière entame le travail de déstabilisation : en laissant à la fois planer une forme de culpabilité et fait baisser la garde car c’est un rapport plus formel qui est établi (lettre, passage des flics, possibilité de changer la date…) par rapport au scénario de l’arrestation brutale, GAV, comparution immédiate…

Ne pas se rendre à la convocation (écrite) n’entraîne pas de poursuite en soit. un mandat d’arrêt peut être délivré par le procureur ou le juge d’instruction pour venir vous chercher. Ce n’est pas du tout systématique, mais c’est une possibilité.

Derrière la police et la justice il y a des hommes et une capacité d’action qui n’est pas illimitée. C’est une grande machine et il est possible de l’enrayer. C’est dans ce sens qu’une défense collective prend son sens. Nous devons faire en sorte de ralentir au maximum le travail de la police, partout et tout le temps. Si les flics sont obligés d’aller chercher tout le temps les personnes chez elles ils lâcheront l’affaire pour beaucoup et globalement cela leur prendra beaucoup de temps, temps qu’il ne passe pas à réprimer d’autres personnes…

Quelques infos concernant les convocations en audition libre

Vous devez recevoir la convocation par courrier, si vous y êtes « invité » par un appel des flics sur votre téléphone privé, demandez une trace écrite avant toute chose ou raccrochez. Si vous recevez un recommandé du ministère de la justice vous pouvez ne pas le signer.

Une audition libre n’est pas une garde à vue. Vous êtes « invité» à vous présenter au commissariat pour y être auditionné.e. Vous êtes censé.e être libre d’en sortir dès que vous le voulez mais bien souvent dans ce cas les flics finissent par vous placer en GAV…

Vous pouvez en théorie vous faire accompagner par un-e avocat-e et vous avez droit au silence, comme en garde à vue. En pratique les avocats refusent souvent de vous accompagner notamment au titre de l’aide juridictionnelle faute de rémunération correcte.

Dernier conseil si vous faites le choix de vous y rendre : laissez votre téléphone à la maison pour éviter des pressions des flics qui chercheront à avoir accès à vos données…

> Contre les mensonges et les calomnies

Françoise Vergès : "Un féminisme décolonial"
https://www.ujfp.org/spip.php?article7058

Macron et le ventre des femmes africaines
https://www.mediapart.fr/journal/france/190717/macron-et-le-ventre-des-femmes-africaines?onglet=full

> Toujours c'te vieille avant-garde dysfonctionnelle

Aucun rapport les trolls, retournez sur Facebook.

A part ça, je vois pas ce que cette brochure peut faire d'autre que de participer à enterrer le mouvement en cours avec son ton surplombant sur NOUS les anarchistes au dessus de la foule jaune et candide - un peu inférieure. On en a même un qui se présente comme un "anarchiste expérimenté". De vrais loups de guerre on imagine, par rapports aux gilets jaunes qui ont défoncés l'arc de triomphe, à tous les gens qui se battent quotidiennement contre les flics, les matons, la survie. Cette brochure est héroïque, grâce à vous les anarchistes tirent leur épingle du jeu social, sans aucun panache ni qualité d'analyse. Franchement y a pas de quoi être fier de ce genre de banalités gauchistes relookées. Puis les pratiques de type publier des interviews de soi-même faites par soi-même avec autant de signes d'auto-identification... Bref. Bonne carrière pour la suite et courage avec les problèmes de paparazzi. Reste que le mouvement social en cours devrait faire penser à mieux qu'à comment faire progresser sa scène "anarchiste" dans la bataille culturelle.
Que reste-t-il de l'insurrection avec une approche aussi gramsciste de la victoire culturelle, aussi bien présente aujourd'hui dans ce genre de crémeries que chez les néo-nazis et identitaires babtous politisés ou la nouvelle droite plus intello. Si il s'agit seulement de se placer en tant que pseudo tendance anarchiste au sein des gilets jaunes, que l'on cartographie ici comme dans un article du Figaro de la grande époque, autant se constituer en lobby anarchiste, les choses seront claires, bien qu'il y ait déjà la FA pour cela.

La diversité impossible à mesurer des dits "gilets jaunes" ne doit pas provoquer chez nous un besoin de se démarquer systématiquement en construisant sa biographie, mais parfois juste de participer humblement. Le but devrait être d’empêcher le mouvement de mourir et permettre son extension, et non pas déjà de faire des bilans de sa propre petite participation locale comme si il était déja mort.

Pour sur le climat politique ne donne pas des ailes, mais espérons un peu, que la recomposition politique ne soit pas déja pour tout de suite, et fuck les anars qui sont déja sur les starting-blocks pour se placer dans l’échiquier politique, comme les fossoyeurs de la lutte.

> Un tissu de calembredaines vides politiquement !

« Il vit aussi dans les futurs possibles que l'action insurrectionnelle a permis d'entrevoir. Ces mouvements ont ouvert des portes et formé corps et âme à l'action. Le mouvement des Gilets jaunes nous laisse entrevoir lui aussi un pays et ses représentant·e·s secoué·e·s par une vague insurrectionnelle, qui nous remue nous aussi à l'autre bout du monde. » […]

« Le soulèvement des Gilets jaunes a été (et continue d'être) le fait de plein de gens différent·e·s, avec des origines sociales et des cultures politiques diverses, réunissant plein de rebelles à l'ordre établi et une colère populaire rarement exprimée aussi intensément... Le 16 mars 2019 à Paris a donné lieu, encore plus qu'en décembre 2018, à un joyeux mélange insurrectionnel des identités politiques, que résume assez bien le tag de couverture : Gilets noirs, K-way jaunes. On n'oubliera pas non plus que c'est sur une avenue des Champs-Elysées ravagée par la casse et le pillage que des milliers de personnes ont entonné un slogan simple mais prometteur : « révolution ». »

Ah bon ? ! ? ! Il y a eu un « soulèvement » des Gilets jaunes ???? Où ça ? Il va falloir préciser, parce que je ne me rappelle pas que dans l’histoire des manifs ridiculement peu nombreuses tous les samedis aient jamais été appelées « vague insurrectionnelle »!

De plus, je ne sais pas où les « représentants du pays » ont bien pu être « secoués » par les Gilets jaunes. Qu’ils n’aient pas compris ce qui se passait au départ, ce qui les a contraints à lâcher du lest, certes, mais la puissance de la répression derrière exprime clairement que JAMAIS ils n’ont eu peur, y compris que ça se termine très mal. De toutes les façons, jamais les Gilets jaunes qui ont manifesté en France n’ont été aussi nombreux qu’une simple manif parisienne du mouvement contre la réforme des retraites, en 2010 ! Alors dire qu’ils auraient menacé le pouvoir est vraiment risible…

Les signataires de ce texte soutiennent les Gilets jaunes, fort bien ; est-ce qu’ils soutiennent aussi le RIC, la baisse des impôts, le drapeau tricolore, la demande que les « élites écoutent le peuple », tous mots d’ordre populistes que ne renierait aucunement Bolsonaro (puisque les rédacteurs sont brésiliens) ?

Il faudrait que ces messieurs se penchent un peu sur le contenu POLITIQUE des Gilets jaunes, ça leur ferait un peu comprendre à quel point ils sont déconnectés de ce que signifie le mot « insurrection ».

> alors quoi ?

entre les deux derniers commentaires, de "1%" et du "vieux sympathisant", on s'y perd un peu. "1%" prétend que les anarchistes interviewé-e-s se croient supérieur-e-s aux gilets jaunes et méprisent le mouvement, tandis que le "vieux sympathisant" prétend que les mêmes anarchistes soutiennent le mouvement de manière acritique et inconsidérée. bon, y aura toujours des idéologues pour nous apprendre la vie, on va finir par s'y faire.

cette brochure elle donne la parole à des anarchistes qui participent, ont participé, participeront à ce mouvement. leurs propos diffèrent d'une interview à l'autre, ce qui est somme toute assez logique. avec l'idée, pour répondre au tout premier commentaire (sur c'est quoi la tactique anarchiste kway noirs), que les "identités" de ce mouvement s'entremêlent, notamment entre "gilets jaunes" et "kway noirs" (black blocs, anarchistes). la pratique de l'émeute, les perspectives insurrectionnelles, sans chef, sans avant-garde, sans parti, n'appartiennent à personne, ou à tout le monde.

à part ça, les flics se posent quelques questions aussi, forcément:
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/gilets-jaunes-les-radicaux-surnommes-les-ultras-jaunes-par-les-renseignements-20190420

> Deux questions au précédent commentaire

Je n'ai pas vu où j'écris ce que le commentaire précédent m'impute. Mon propos est de remettre les pendules à l'heure : quand on nous parle de « soulèvement » en parlant des Gilets jaunes, c'est une escroquerie et rien d'autre. Et quand on me dit qu'il faut les soutenir, la réponse est simple : pourquoi ?

Maintenant libre au commentateur précédent de nous expliquer en quoi les Black Blocks transformeraient les Gilets jaunes en mouvement intéressant, progressiste, porteur de perspectives ouvertes et que l'on pourrait soutenir. J'aurais effectivement tendance à penser l'inverse…

> Commissaire politique au contrôle des manifestations

Les prétentions du CCI sont démesurées : « Mon propos est de remettre les pendules à l'heure »

Merci de te préoccuper de nos pendules déréglées, et de nous faire comprendre à quel point on est « déconnectés de ce que signifie le mot « insurrection ». »

Venant de quelqu’un qui n’a jamais trouvé la moindre manifestation à son goût, c’est assez cocasse, surtout en ironisant sur le peu de nombre des manifestants, qui seront de toute façon trop nombreux pour satisfaire les critères draconiens d’obtention du label CCI.

On a besoin de soutiens et pas d’observateurs à des années lumière des luttes !

> zbeulification du procédé de commentaire

J'ai lu dans les commentaires pléthore de choses qui m'ont fait réagir,
la première est qu'effectivement cette brochure me fait gerber dans le sens où elle metterait l'anarchisme comme une hégémonie culturelle et le commentaire l'explique mieux que moi en opposant la classe laborieuse des gilets jaunes aux intellectuelles anarchistes bref un sal programme
La deuxième est que oui les gilets jaunes ont été une vague insurectionnelle quiconque en douterait n'a pas été présent aux manifs ou n'a même pas été devant sa télé(cassé) car du riot porn il y en avait à tirelarigot pour le coup
Là ou je metterais un bémol c'est peut être sur les interviews qui sont un peu médiocre dans le sens où on a pas l'impression d'y apprendre grand chose et qu'on y trouve beaucoup de maladresse.
Pour conclure, cette brochure a au moins le mérite de souligner que beaucoup de gilets jaunes ont mis leur kway et vis versa ; il ne faut pas oublier que beaucoup de militants ont aussi retiré leur kway. Après de là à conclure que rejoindre le bb c'est devenir anarchiste c'est un sacré raccourci...
Au plaisir de vous lire
Combien il est facile de critiquer que d'avoir raison

> @Jean-Kevin

hey JK, t'as lu la brochure ?

moi oui, et j'y ai pas vu/lu la même chose que toi.

à quel moment lit-on dans la brochure "l'anarchisme comme une hégémonie culturelle" ??? il me semble au contraire que l'anarchisme y est peu défini, très ouvert dans la théorie comme dans la pratique, tout sauf hégémonique (ni idéologique).

à quel moment la brochure oppose-t-elle "la classe laborieuse des gilets jaunes aux intellectuelles anarchistes" ??? de ce que j'en retiens, l'idée est plutôt au rapprochement, et aucun-e des anarchistes interviewé-e-s ne se placent en "intellectuel-le-s", tou-te-s sont dans la pratique, dans les luttes de terrain, plusieurs se considèrent comme des "gilets jaunes" parmi d'autres... bref, je vois pas ce qui te fait dire ça.

pareil, j'ai pas souvenir d'y avoir lu l'affirmation comme quoi "rejoindre le black bloc c'est devenir anarchiste". les discours tenus à ce propos sont quand même nettement plus fins, aussi "médiocres" que tu puisses les considérer. d'ailleurs aucune des personnes interviewées ne prétend apporter la grande vérité ni l'Analyse avec un grand A du mouvement des gilets jaunes. ce sont plutôt des témoignages de participation à cette révolte, depuis leurs points de vue anarchistes. la prétention s'arrête là.

ça fait quand même une bonne proportion de commentateurs qui donnent l'impression de parler sans avoir lu les textes de la brochure. dommage.

> Réponse

Salut,

oui, j'ai lu la brochure. Je l'ai même relu car il n'ya que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Je la critique mais je trouve intéressant le débat (ou les débats) qu'elle provoque. Ce qui me dérange c'est déjà le côté "identitaire" d'étiquette à savoir gilets jaunes et kways noirs très figé alors que ce n'est pas aussi simple et quand je parle d'hégémonie blablabla, je veux dire que ce qui intéressent cette zine est anarcho centré comme si l'avis des gilets jaunes sur le mouvement, on s'en foutait ou pire ils n'ont pas d'avis, ne savent pas s'exprimer. Il n'y pas leur voix. Je trouve ça extrement maladroit et même dérangeant quand j'ai vu la fanzine, j'ai limite sauté dessus car je me suis dis c'est quoi encore cette "chiasse".
Après je trouve ça bien d'ouvrir la parole de la retranscrire intacte c'est juste que je trouve c'est fait d'une manière maladroite comme si nous n'étions pas assez sectaires et méprisants ? Je ne sais pas si tu comprends mon analyse ??
Et ma dernière critique est une analyse personnelle mais le fait que certain.e.s anarchistes aient envie de rejoindre le mouvement car c'est insurrectionnel, nous ferait presque oublier pourquoi c'est insurrectionnel, parce que les gens n'ont plus de monnaie, je trouve que ça transpire pas beaucoup après je ne reconnais surement pas ma parole dans ses interviews, il n'y en a surement d'autres qui ont bien aimé

Je vais le relire posé et prendre des notes pour un peu mieux argumenter

bisoux