Femmes de Jolie Môme : Ne nous sauvez pas, on s'en charge !

Mis a jour : le mardi 9 avril 2019 à 16:17

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Face aux attaques contre notre troupe, nous, les femmes de Jolie Môme, avons décidé de répondre.

Comment ça ? Nous subirions des violences sexistes et sexuelles de la part des hommes qui nous entourent sans même nous en rendre compte, tant la douce emprise manipulatrice de nos agresseurs serait vicieuse et pernicieuse au quotidien ? Autrement dit, elles sont pas finaudes les jolies mômes… Enfin c'est ainsi que l'ensemble des ensorcelées de la troupe le ressent.

Mettons les choses au clair.

En 36 ans d’existence, la Compagnie Jolie Môme a toujours mis en valeur, dans ses spectacles comme dans ses chansons, les personnages de femmes combatives et déterminées. Elle n’a jamais cessé de rendre hommage aux femmes qui l’inspirent : celles qui se sont battues pour leurs droits, pour leur émancipation et pour un monde meilleur, main dans la main avec les hommes ; précisément, pour qu’on n’oublie pas ces héroïnes qui sont trop souvent reléguées dans les poubelles de l’Histoire.

En 36 ans d’existence, la Compagnie Jolie Môme a toujours mis en valeur ses comédiennes et ses comédiens. Oui, nous aimons parfois porter des décolletés plongeant et des jupes ras-l’bonbon. Cela n’est pas dégradant et ne nous aliène en rien, à la ville comme à la scène ! Les féministes ne se battent-elles pas justement pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, de leurs fesses et à s’habiller comme elles veulent ?

Nous sommes comédiennes, nous avons le goût du travestissement. Ça nous amuse de jouer des belles, des moches, des grosses, des vieilles, des monstres et même des hommes dis-donc.

Nous savons que nous avons beaucoup de chance. Celle de pouvoir exercer le métier que nous aimons. Celle de le pratiquer au sein d’une troupe que nous avons choisie et qui nous a choisies. Celle de ne pas devoir nous vendre à n’importe qui pour faire n’importe quoi. Celle de pouvoir quitter la troupe quand on veut.

Oui, nous travaillons avec des hommes, ce sont nos camarades. Nos camarades de travail, de vie, de lutte. Nous ne supportons pas et ne pouvons pas tolérer davantage qu’ils soient attaqués anonymement sur les réseaux sociaux par des accusations sans fondement d’une extrême gravité,  que leurs noms soient salis et que ça leur pourrisse la vie.

Et pour ce qui est de nos relations au sein de la troupe, ne vous inquiétez pas pour nous, nous sommes assez grandes et éclairées pour nous faire entendre nous-mêmes de nos camarades « mascus » et nous considérons que celles et ceux qui imaginent le contraire font preuve d’un profond mépris à notre égard. Vous vouliez parler en notre nom ? Vous avez tout faux !

Vos méthodes immondes desservent le combat sérieux et important contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. Et faire du gringue au féminisme bourgeois de la guerre des genres comme vous le faites divise les militantes et les militants qui se battent contre le capitalisme et pour plus de justice sociale.

Maintenant ça suffit !

Signataires :

LOUISE (dans la troupe depuis 2018), PASCALE (depuis 1984), LOU (depuis 2017), SYLVIE (depuis 1991), FLÔ (depuis 2015), MARIE-SOPHIE (de 1993 à 1995 et depuis 2008), MARIE (depuis 2014), SOFIA (Travaille avec la troupe depuis 2017), CHLOÉ (Travaille avec la troupe depuis 2018), SÉLYA (Service civique 2018-2019).

Et aussi LORÈNE (1995-2016), CÉCILE (1998-2008 et 2011-2018), VALÉRIE (1986-1991, depuis travaille de temps en temps avec la troupe), LUCILE (2002-2004), JENNIFER (2009-2011), MYRIAM (1991-1996), NATHALIE (1998-2003), MARYLINE (1ère régisseuse générale de l’histoire de la Compagnie de 1986 à 1996) et CÉCILE (Régisseuse générale de 2001 à 2003).

Pour plus d'informations lire aussi sur notre site : http://cie-joliemome.org/?p=6695

Commentaire(s)

> QUEER ULTRAVIOLENCE

Ce texte remet en question la parole des victimes meufs et/ou LGBT, dans ce contexte, il n'a pas sa place sur nos médias. Ce texte soutient un agresseur, c'est donc un texte de soutien d'agresseur-es.

BASH BACK.

> réponse à antimascu

un commentaire fait par "antimascu"; au moins ça annonce la couleur: de la guerre des genres.
donc réaction logique.Dans mon monde, heureusement les relations de genre se passent très bien en général. il y a moyen. beaucoup de "mascu" sont au côté des féministes, comme "Michel" de Jolie Môme.
à ce propos c'est intéressant de lire la position de "ni putes ni soumises", contre TOUTES les injustices et discriminations.Ce féminisme POUR les femmes et pas CONTRE les hommes , je le comprends.
méfiance envers toutes les rumeurs: l'affaire d'Outreau a montré comme c'est dangereux de sacraliser la parole. la justice doit passer, tous les concernés doivent être entendus, et présomption d'innocence.pour celà une personne s'estimant victime (de tout préjudice ou crime quel qu'il soit)) DOIT porter plainte.

> le viol c'est sérieux

Sans avoir besoin de se référer à l'officine dégueulasse du PS "ni pute ni soumise" ou au fonctionnement dégueulasse aussi de la justice, ne faudrait-il pas penser plutôt à PRENDRE AU SERIEUX la parole des victimes, est-ce que ce ne serait pas plus intéressant que de "les croire" (la croyance... et tout ce qu'elle peut faire faire et penser comme aberrations !). Etre pris au sérieux, c'est quand même ce qu'on souhaite, plus qu'être "crues". Et puis ça permet que personne n'abolisse par principe ses facultés de réflexion et de compréhension, et ça éviterait de partir dans des croisades irraisonnées et destructrices, ce qui est toujours désastreux, non ? Ceci dit je ne sais rien de cette histoire. J'espère que quelques uns ou unes prennent les choses au sérieux, le viol, et le fait d'accuser quelqu'un de quelque chose d'aussi grave, pour une fois !

> Oui le viol c'est sérieux

Oui, le viol c'est sérieux. La lutte contre les agressions sexuelles, c'est sérieux.
Alors il faudrait peut-être arrêté d'utiliser des accusations de viol à des fins de règlement de compte...
En ce moment, c'est n'importe quoi !
Et tout ça, qui c'est qui en souffre le plus ? Les victimes de viol !
Si c'est ça que vous proposez pour remplacer la justice bourgeoise, si c'est la proposition des anarchistes, je commence à me dire que finalement je n'ai rien compris à l'anarchie...

> ragots...

une accusation extrêmement grave,sans preuve. les femmes mises en cause répondent. et on ne croit p

> ragots

et on ne croit pas leur parole,on les accusent un seconde fois.
mais pourquoi donc tant d'anars ont une mentalité de flic pourris?

> Désertion et nihilisme de genre + désertion et nihilisme étatique

Entre vos croyances en la justice bourgeoise vs l' essentialisme de genre = on vous laisse là !

> Les articles sur Jolie Môme ne sont pas des fakes

Il y a un article sur le site de Jolie Môme qui nous apporte, je trouve, quelques éléments sur cette histoire.

Dans l'article http://cie-joliemome.org/?p=6695 écrit par Michel Roger, directeur de la compagnie, il répond aux accusations portées par cette article.

1 Il reconnaît être devenu une sorte de Patriarche.
2 Sa troupe, c'est "l’amour, des succès, des échecs, du sexe, des drames, des aventures folles, des souffrances et des injustices malheureusement aussi parfois", Ce qui n'est pas forcément mal en soi, mais qui décrit un environnement ou relations sexuelles, amoureuses et de travail font bon ménage.
3 Il dit connaître la femme qui dit être victime de viol.

A partir de là, on ne peut pas dire que c'est une fake news et que ce n'est pas une personne concernée qui parle.

Il parait avéré qu'une femme se plaint de viol et que Michel Roger ne la croit pas.

Pour appuyer sa thèse, Michel Roger rappelle que la compagnie Jolie Môme s'est fait connaître dans les luttes féministes grâce à une interprétation de l'hymne des femmes. Heu ... C'est une preuve qu'il ne peut pas y avoir de viol dans la compagnie ?

"Si elle a subit un viol, elle doit porter plainte, si elle porte pas plainte, c'est qu'elle n'a pas subit de viol" [je résume, c'est pas une citation exacte].

Parmi pleins de bonnes raisons qu'on peut avoir pour ne pas porter plainte, elle n'a peut-être tout simplement pas de preuve. Qu'est ce qu'on fait quand on a été violée mais qu'on n'a rien pour le prouver ? On ferme sa gueule ?

Accuser quelqu'un.e de faire des fausses accusations de viols est une accusation grave, vous avez des preuves pour ça ?

Le minimum d’honnêteté, même si je trouverai déjà ça abusé, ce serait de parler d'info controversée plutôt que de fake news.

> guillemet

quand on met des guillemets c 'est qu'il'agit de citation exacte pas de l'à peu prés . alors voici la citation exacte ::

""" La troupe lui a conseillé et lui conseille encore aujourd’hui de porter plainte si elle est convaincue de l’agression.""
donc la troupe est bien du côté de la plaignante. et lui conseille ENCORE de porter plainte.
oui il y a la parole de la victime et oui il y a la présemption d'innocence. j'ai trop vu les attaque sexistes d'un coté et aussi la haine et les conflits de sexe entre personnes pour être naif . et surtout accusateur gratuit d'un côté comme de l'autre.

> C'est pas un peu hyprocrite ça quand même ?

"La troupe" est-elle à ce point ignorante du féminisme qu'elle n'est pas au courant que porter plainte pour viol est extremement compliqué pour pleins de raisons ?

Comment se fait-il qu'une troupe qui se dit révolutionnaire ait autant foi dans la justice bourgeoise ? N'est-ce pas une façon de se défausser et de ne pas s'occuper de ce problème ? Voire de nier la parole de la personne ("si elle ne porte pas plainte c'est qu'il ne s'est rien passé, passons à autre chose, business as usual").

Franchement cet argument autour du dépôt de plainte ou pas sent vraiment pas bon.

> dépot ou pas ?

""Comment se fait-il qu'une troupe qui se dit révolutionnaire ait autant foi dans la justice bourgeoise ? ""

oui se réjouir quand la justice de classe nous donne raison et se lamenter du contraire valide cette justice.
alors un ou une violée doit rester en dehors de cette justice.
et porter plainte ou pas n'a donc aucune signification et certainement pas une quelconque position sur la prétendue ou non position révolutionnaire.
quand je vois des libertaires se saisir de la justice pour défendre leur revendication,je me dis qu'ils ont raté un épisode genre lire Proudhon,kropô et tutti quanti

> la parole des victimes

ouf, je n'ai pas tout compris des derniers commentaires.
mais bon, tout tourne autour de la parole des victimes et de la question de la justice.
y a t-il des "bonnes" victimes et des "mauvaises? dans l'affaire d'Outreau des victimes ont hurlé sans être entendues. on ne sait (ou pas) souvent qu'après coup qui sont les victimes. Or il y a une déferlante de lynchage sur les réseaux. Des personnes sont attaquées. mais on refuse d'entendre leurs cris. C'est très sérieux, destructeur. ça tue.
Alors: l'oreille ne peut pas être sélective! La P. de "justice" de cette P. de république permet au moins que les parties soient entendues et défendues, publiquement. Et de f. C'est déjà ça, même si on n'est pas d'accord avec le jugement. Le lynchage médiatique expéditif est bien pire: il ouvre la porte à toutes les INJUSTICES!

> erratum

"et de f." je voulais ajouter : et de faire une enquête factuelle (qui, quoi, quand, où, circonstances...)