[Berlin, Allemagne] Du feu contre ThyssenKrupp, DB Schenker, Dr.House et Wisag – pour la convergence des luttes

Mis a jour : le lundi 18 mars 2019 à 14:13

Mot-clefs: Guerre Répression Resistances actions directes
Lieux: allemagne berlin

publié sur https://de.indymedia.org/node/28420 le 21.01.2019 par: Autonome Gruppen (groupes autonomes) Cellule „Soledad Casilda Hernáez Vargas“:

„Encore une fois, ce sont pas ceux qui le méritent qui se retrouvent dos au mur. La politique se plaît dans le role de médiatrice entre Padovicz(1) et la Liebig34(2) et Padovicz se plaît dans le role du gros capitaliste influent qui malmaine quelques locataire.trices et squatteurs.ses rebelles. Celles et ceux qui voient dans le Nordkiez(3) de Friedrichshain la graine d‘une vie meilleure, se retrouvent là, comme toujours. Derrière elles et eux, rien d‘autre que le mur. Il n‘y a pas de main tendue puissante, et pas non plus d‘issue.

p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; }a:link { }

Thyssenkrupp-medium
thyssenkrupp

Wisag-medium
wisag

Si on a gagné quelque chose pendant les dernières années de rebellion contre la ville des riches, c‘est seulement le courage de lutter quand même. Et aussi l‘assurance que les militant.es autonomes se tiennent côte à côte avec beaucoup d‘autres qui se trouvent dans une situation aussi précaire. Côte à côte, par exemple, avec beaucoup de locataires.trices berlinois.es. Ou bien avec la population de Rojava. Nous avons tou.tes le choix : assimilation ou conspiration. Sur le terrain militaire, les porcs gagneront d‘une manière ou d‘une autre. Et ceux qui gagnent seront toujours des porcs. C‘est pourquoi notre but n‘est pas une victoire militaire, mais l‘émiettement du pouvoir, la subversion.

L‘idée de combattre l‘Etat par la violence et ce faisant créer des lieux et temps de liberté fait néanmoins partie de notre strategie. Les dégats (matériels) sont nécessaires comme instruments de peur dans le Häuserkampf(4), d‘inquiétude dans les territoires de l‘État. Mais que la guerre sociale, avec ses nombreuses strates, ne soit pas transformée en un simple conflit militaire entre deux camps est un défi considérable. Comme le soldat turc peut être un prolo, la squatteuse peut avoir un passeport allemand. C‘est pour cela que notre slogan reste encore et toujours „Guerre à la guerre !“.

Mais pourquoi vous racontons-nous cela ? Nous n‘ agissons pas en bras armé de la Liebig34 ou des YPG/YPJ. Nous ne sommes pas des prestataires de service, auxquel.les on pourrait faire appel accessible à tout moment de pression. Nous nous allions à celles et ceux chez qui nous sentons la même haine, la même poussée à détruire l‘existant, le même voeux indomptable d‘une vie plus digne pour les humains. Ou bien à celles et ceux qui nous donnent l‘espoir que l‘humanité n‘est finalement pas pourrie tout entière, celles et ceux qui font soudain briller dans les yeux la lueur totalement inattendue d‘une rebellion toute personnelle contre l‘oppression quotidienne. A la place de la construction d‘un contre-pouvoir et du militarisme, nous préconisons l‘état d‘esprit patient, véritablement révolutionnaire, qui intériorise l‘insurrection et la rebellion et les pratique quotidiennement. Nous considérons donc l‘harmonisation de groupes militants (en allemand le mot „militant“ implique la pratique d‘actions directes, ndlt) à une politique d‘appels et de campagnes comme critique, si celle-ci s‘arrète sans raison et si elle n‘est pas une base pour une pratique continuée, comme c‘était le cas avec Fight4Afrin, quand les batailles au Kurdistan continuent au quotidien.

Nous prenons parti d‘attaquer en permanence les ennemies de la liberté, sans tenir compte des logiques militaires, telles une apaisement de la Turquie par la présence des troupes des USA ou les tables rondes de la politique. Notre solidarité tout entière va aux peuple de Rojava. C‘est après cela seulement que notre solidarité critique va aux YPG/YPJ comme puissance protectrice de ces personnes, dont nous n‘osons ni mettre en doute, ni fonder la légitimité, mais dont nous tenons néanmoins les objectifs ambitieux pour crédibles. Les opérations militaires au Kurdistan modifient aussi peu les orientations de nos attaques que les négociations de la Liebig 34 avec Padovicz ou Florian Schmidt(5).

Avec une attaque incendière contre un camion de la flotte des véhicules de Dr.House, le 16 janvier 2019 à Pankow, nous émettons la proposition d‘intensifier la lutte contre Padovicz en attaquant massivement ses entreprises et sa proprieté. Nous souhaitons que les actions se concentrent premièrement autour de la lutte dans le Nordkiez de Friedrichshain et dans le Rummelsburger Bucht(6), pour ne pas noyauter les conflits d‘autres Hausgemeinschaften(7) avec Padovicz sans demander. Quand c‘est la Liebig 34 qui est attaquée, nous préconisons des réactions entraînant des dégâts matériels considérables. Padovicz et Schmidt doivent se casser les dents sur nous !

Avec des attaques incendières contre un véhicule de ThyssenKrupp (le 14 janvier à Prenzlauer Berg(8)), un de DB Schenker (le 15 janvier à Lichtenberg(9)) un de Wisag (le 21 janvier à Lichtenberg), nous appelons à se renforcer mutuellement dans un échange de références entre luttes sociales globales, et ne pas rester coincé.es dans des soi-disant divisions. ThyssenKrupp et DB Schenker ont été touchés en tant que profiteurs de l‘agression turque à Rojava, l‘entreprise de sécurité Wisag prend part au délogement des SDF dans la Rummelsburger Bucht au profit des investissements de Padovicz là-bas.

La parole de la solidarité et de la convergence des luttes ne se réalise en pratique qu‘en s‘exprimant dans la radicalité des failles entre nous et les rapports de l‘ordre dominant. Les régimes autoritaires doivent craindre le courroux des humains, les élites doivent craindre nos rues, leurs keufs et leurs biens partir en fumée !

Pour la convergence des luttes !

Padovicz, Schmidt et keufs hors de nos rues !

Solidarité avec Rojava !

Construisons des espaces de liberté et défendons-les ensemble !

Groupes autonomes – cellule „Soledad Casilda Hernáez Vargas“

__________________________________________________________________________________

(1) Capitaliste fortement impliqué dans le secteur immobilier berlinois. Propriétaire de nombreuses maisons, par exemple à Friedrichshain (quartier de l‘est berlinois).

(2) Ancien squat anarcha-queer-féministe à Friedrichshain, encore une fois menacé d‘expulsion.

(3) „Kiez“ synonyme de quartier. „Nordkiez“ (littéralement: „quartier nord“) désigne ici la partie nord (au nord de la Frankfurter Allee) du quartier de Friedrichshain, dans l‘est berlinois. Le „Nordkiez“ a été partiellement declaré zone sensible en 2016, ce qui y donne des pouvoirs particuliers aux keufs.

(4) Littéralement „lutte des maisons“ : lutte urbaine historique dont le squat est l‘élément principal.

(5) Politicien local qui se positionne régulièrement contre les squats „Liebig 34“ et „Rigaer 94“ (squat historique, à proximité de la Liebig 34).

(6) Quartier aux abords de la Spree.

(7) „Hausgemeinschaft“ (ou „Hausprojekt“) : maison ou bâtiment (souvent un ancien squat)où les habitant.es s‘organisent collectivement de facon militante.

(8) Quartier berlinois.

(9) Quartier berlinois.

p.sdfootnote { margin-left: 0.6cm; text-indent: -0.6cm; margin-bottom: 0cm; font-size: 10pt; line-height: 100%; }p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; }a:link { }