Michèle Sibony : « L’antisémitisme n’est pas le racisme le plus virulent mais le plus manipulé »

Mis a jour : le mardi 5 mars 2019 à 12:27

Mot-clefs: Racisme Répression Resistances -ismes en tout genres (anarch-fémin…) antifascisme
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État d’Exception : une inscription « Juden » sur la vitrine d’une boutique Bagelstein, des tags de croix gammées sur les portraits de Simone Weil, la dégradation du lieu de mémoire d’Ilan Halimi… Quelle est ta lecture des actes antisémites des derniers jours ?

Michèle Sibony : ces actes sont bien sûr insupportables et toute la difficulté est de les voir pour ce qu’ils sont, indépendamment de la manipulation outrancière dont ils font l’objet. Ces actes réveillent une anxiété liée à la diffusion et à la normalisation de l’antisémitisme au sein de la société. Que l’on puisse aujourd’hui écrire « Juden » sur une vitrine a quelque chose d’effrayant.

Le problème face à de tels actes, c’est le double écran que constitue leur instrumentalisation ; un écran qui aveugle aussi bien ceux qui voient dans ces actes la résurgence du nazisme, que ceux qui ne voient que leur instrumentalisation. Notre capacité de regarder et d’analyser ces faits pour ce qu’ils sont est mise à mal par ce double écran.

Ces actes surviennent dans un contexte social très particulier et sont utilisés politiquement pour discréditer les « gilets jaunes » et dire à la population que c’est à cause des juifs qu’on va brimer ce mouvement. Des actes tout aussi racistes visent de manière régulière des lieux de culte musulmans, par exemple, sans bénéficier du même écho médiatique.

Dans ce contexte de fortes contestations populaires justement, l’instrumentalisation politique de l’antisémitisme vise-t-elle à discréditer les contestataires ?

Nous sommes aujourd’hui face à un pouvoir et des organisations politiques extrêmement cyniques, qui utilisent les juifs sans aucun scrupule au service de leur agenda politique. Pareille manipulation renforce bien entendu l’antisémitisme, qui viendra à son tour renforcer cette logique perverse et donnera de nouveau l’occasion à la classe politique de manipuler l’antisémitisme. C’est infernal.

Ce cynisme je le qualifie pour ma part d’antisémite, car cette amplification énorme des actes antisémites joue contre les juifs. Je pense que tout le monde voit cela et le comprend. La manipulation politique à laquelle nous assistons montre l’absence totale de réflexion stratégique sur cette question.

Un appel à manifester a été signé par toutes les formations politiques parlementaires (à l’exception du RN). Que révèle selon toi cette unanimité politique contre l’antisémitisme ?

Il y a certainement plusieurs éléments de réponse. D’un côté, il y a ceux qui ont intérêt à opérer une manipulation politique des derniers actes antisémites. Il y a aussi ceux qui ont peur de ne pas en être par crainte d’être à leur tour traités d’antisémites. Et il y a tous ceux qui en ont marre des « gilets jaunes » et qui acceptent cette manipulation comme diversion.

Les personnes qui acceptent d’entrer dans cette combine et de mettre les juifs au cœur des enjeux sociaux du moment sont soit racistes, ou bien se font les complices de ce racisme. Comme nous l’avons écrit dans un communiqué de l’UJFP : « Placer les juifs au cœur de la division sociale, c’est le rôle historique de l’extrême droite qu’assument aujourd’hui sans complexe les soutiens de Macron. Tous ceux qui reprennent cet agenda à leur compte font rigoureusement preuve d’antisémitisme. »

Mettre ainsi les juifs au cœur des enjeux sociaux en dit long sur l’inconscient français sur les juifs et sur l’inconscient politique sur les juifs. C’est terrible.

Ce n’est que tardivement que la FI a été intégrée dans la liste des organisations signataires. Pourquoi avoir voulu mettre (momentanément) la FI à l’écart ?

A mon avis, on reproche à la FI de ne pas être assez pro-sioniste. Le problème c’est que la FI accepte les termes de la manipulation et participe au rassemblement. Les Insoumis auraient pu tout aussi bien initier un autre appel et marquer leur désapprobation de la manipulation politique en cours. Un tel suivisme me laisse perplexe.

En 2018, une même unanimité s’était manifestée après le meurtre de Mireille Knoll. Toute la classe politique avait répondu à l’appel lancé par le Crif. Cette fois l’initiative vient de la classe politique et non du Crif, pourquoi ?

J’aimerais déjà rappeler que presque un an après le meurtre abject de cette octogénaire, le mobile antisémite n’a pas été prouvé. Avec le recul, on mesure tout l’emballement médiatique qui avait entouré cette mort. Aujourd’hui, c’est effectivement la classe politique et non plus le Crif, qui est à l’initiative. La réaction politique a été immédiate et c’est peut-être la raison qui explique que le Crif n’ait pas eu besoin d’en faire plus.

Dans un communiqué collectif qui rassemble plusieurs signataires, dont l’UJFP, il est écrit que « L’antisémitisme est une affaire bien trop grave pour la laisser à celles et ceux qui, jour après jour, s’emploient à stigmatiser et à réprimer les minorités ». Pourrais-tu développer cette idée ?

Nous nous plaçons en contrepoint de toutes les forces qui saturent l’espace avec l’antisémitisme. La disproportion qu’il y a avec les autres manifestations de racisme est effrayante. Par exemple, il n’y a qu’à voir la couverture médiatique accordée à l’altercation dont a été l’objet Alain Finkielkraut et la comparer avec celle quasi inexistante accordée à des actes de violence raciste pourtant fréquents.

C’est la raison pour laquelle il nous parait nécessaire, à nous les forces de l’antiracisme politique, de poser sur la table toutes les manifestations de racisme et de ne pas trier en fonction des victimes ou des auteurs. Les crimes policiers et l’impunité judiciaire dont ils bénéficient, une femme en hijab attaquée au cutter dans le métro, ce sont des manifestations de racisme tout aussi graves que des agressions antisémites. Notre volonté et de nous battre tous ensemble et de la même manière contre tous ces phénomènes.

Une vue d’ensemble nous montre ainsi que l’antisémitisme n’est pas le racisme le plus virulent mais celui qui est de loin le plus manipulé. Cette position que l’on peut qualifier de « judéophile » de la classe politique est constitutive du racisme institutionnel. Cela soulage les institutions de l’État et leur permet de se poser en arbitres, en défenseurs du droit.

C’est la raison pour laquelle vous organisez de votre côté votre propre rassemblement à Paris ?

Se décaler de l’initiative des 14 formations politiques dont on a parlé, c’est à la fois un acte politique et social. C’est marquer notre refus de parler des actes antisémites de la manière dont elles veulent en parler. Ceux qui sont en capacité de faire ce décalage, ceux qui en ont besoin, ce sont les populations racisées. D’abord parce qu’on leur fait porter le chapeau en permanence. Ensuite parce qu’elles sont victimes de choses que l’on passe le plus souvent sous silence.

Nous appelons à manifester pour dire que les vrais antiracistes, c’est nous. C’est nous qui luttons contre toutes les manifestations de racisme, y compris dans ses dimensions structurelles. La manifestation des 14 partis n’est pas une manifestation contre l’antisémitisme. Ils ne font qu’instrumentaliser et renforcer cette forme spécifique de racisme.

En prenant nos distances avec l’initiative des 14 partis, nous souhaitons leur montrer aussi que leur politique sociale est racialisée. En utilisant les juifs et l’antisémitisme, ils mettent la question raciale au service de leur agenda politique. Du coup, les divisions qu’ils provoquent ne se font pas seulement sur le terrain social, mais sur des bases raciales. C’est en cela que leur logique est dangereuse.

http://www.etatdexception.net/lantisemitisme-nest-pas-le-racisme-le-plus-virulent-mais-le-plus-manipule/

Commentaire(s)

> Pierre Stambul : « J'abjure ! »

« L’antisionisme est l’une des formes modernes de l’antisémitisme ». C’est lumineux ! Comment n’avais-je pas compris plus tôt ? Merci, monsieur Macron, j’abjure !

Je croyais , comme le disent tous les historiens, qu’il y avait eu en 1948-49 un nettoyage ethnique prémédité de 800 000 Palestiniens, avec de nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Je croyais qu’Israël avait sciemment violé la résolution 194 de l’ONU sur le retour des réfugiés palestiniens chez eux et avait détruit des centaines de villages pour effacer les traces de la Palestine.

Grâce à vous, je sais qu’une telle pensée est antisémite. D’abord les Palestiniens, ça n’existe pas. Dieu a donné cette terre au peuple juif qui rentre chez lui après 2000 ans d’exil. Ce pays était une terre sans peuple pour un peuple sans terre, les Arabes sont partis d’eux-mêmes et Tsahal est l’armée la plus morale du monde. Quant aux réfugiés, souhaiter leur retour mettrait en doute la légitimité de l’État juif et est donc antisémite. J’abjure !
Je croyais naïvement que la colonisation était illégale, que la présence de colons violents à Hébron déversant leurs ordures dans la rue palestinienne et dressant leurs enfants à caillasser les écoliers palestiniens sous l’oeil débonnaire des soldats qui les protègent était une infamie. Je croyais que le mur qui balafre la Cisjordanie avait été condamné par la justice internationale. Je croyais que 850 000 Palestiniens avaient connu la prison depuis 50 ans, que des enfants très jeunes y croupissaient et que la torture y était pratiquée.

Merci, monsieur Macron de m’avoir fait comprendre que de telles pensées sont antisémites. Israël est la seule démocratie du Proche-Orient. Elle a le droit de se défendre, puisque ce sont des terroristes qui l’entourent et souhaiteraient que la Cisjordanie soit « judenrein ». D’ailleurs, comme l’expliquait très justement Monsieur Goldnadel, les Juifs sont chez eux en Judée-Samarie. C’est en Seine-Saint-Denis qu’il y a des colonies de peuplement.
J’abjure !

Je croyais bêtement que Gaza était une cage hermétique, par terre, par mer et par air, où deux millions de personnes étaient retirées du monde. Je pensais que le blocus de Gaza et ses conséquences (manque dramatique d’eau, d’électricité, de médicaments, de produits de première nécessité) était un crime. Il me semblait que les grandes vagues de massacres contre la population de Gaza étaient des horreurs et que les images de soldats poussant des cris de joie après avoir touché mortellement des civils désarmés méritaient des sanctions.

Vous m’avez fait comprendre que de telles pensées sont antisémites. Gaza est dirigée à l’évidence par d’affreux barbus terroristes qui veulent jeter les Juifs à la mer. À Gaza, les gens utilisent les enfants comme boucliers humains. Les soldats sont obligés de tirer pour empêcher une invasion et ils ne font que se défendre. D’ailleurs la France a manifesté en toute occasion son soutien à Israël. Ce sont les Israéliens les victimes et les roquettes qui partent de Gaza sont antisémites.

Merci monsieur Macron, même s’il n’est pas toujours facile de vous comprendre.
J’abjure !

Je croyais superficiellement qu’avec la loi sur « Israël-État-nation du peuple juif », l’apartheid qui existait depuis 1948 avait été légalisé. Entre la Mer et le Jourdain, il y a autant de Juifs israéliens que de Palestiniens. Il me semblait que le fait que les premiers aient tout (les richesses, le pouvoir politique et militaire, la terre …) et que les autres aient été fragmentés en différents statuts de domination relevait de l’apartheid. Il me semblait que l’apartheid était considéré comme un crime et que, contre lui, le boycott était prôné.

Vous m’avez aidé à comprendre le caractère antisémite d’une telle assertion. Si on détruit les villages des Bédouins du Néguev, c’est bien sûr pour les aider à avoir des maisons en dur. Ailleurs. On leur apporte le progrès. Si l’Arabe n’est plus langue officielle, c’est pour que, dans un État juif, les Arabes parlent la langue du pays, c’est progressiste.
Comment n’y avais-je pas pensé ?

Merci monsieur Macron, j’abjure.

Je croyais profondément que les amitiés racistes, fascistes et antisémites de Monsieur Nétanyahou avec les Chrétiens sionistes ou avec Monsieur Orban traduisaient la vraie nature de la direction israélienne. Ces fréquentations me rappelaient des événements anciens : Theodor Herzl expliquant aux dirigeants antisémites de l’Europe qu’il avait le même but qu’eux, faire partir les Juifs d’Europe. Ben Gourion signant en 1933 avec l’Allemagne nazie les accords de Haavara (transfert des Juifs allemands en Palestine) ou Yitzhak Shamir collaborant pendant la deuxième guerre mondiale en faisant assassiner des soldats britanniques.

Vous m’avez fait comprendre que de telles pensées sont antisémites puisque vous-mêmes avez pour ami un ancien du Bétar, monsieur Kalifat (président du CRIF) et que vous donnez du « cher Bibi » à Monsieur Nétanyahou, même quand il vient d’affirmer qu’« Hitler ne voulait pas tuer les Juifs, et c’est le grand mufti de Jérusalem qui lui a soufflé l’idée ». Ces gens-là font tout pour sauver le sionisme, il est antisémite de les critiquer.
J’abjure !

Fils d’un résistant du groupe Manouchian torturé par la police française, je n’avais pas bien compris ce qu’est l’antisémitisme. Merci encore monsieur Macron de me l’avoir expliqué.

J’abjure !

https://www.ujfp.org/spip.php?article6973&fbclid=IwAR2eVXP8vYcHlw9eW-iVD-oMMIomIA3tNjRg_8Q3udBvuUSbGSWGKUsNFkM

> L’antisionisme est une opinion, pas un crime

TRIBUNE PARUE DANS LE JOURNAL LIBÉRATION le 28 février 2019

Monsieur le Président, vous avez récemment déclaré votre intention de criminaliser l’antisionisme. Vous avez fait cette déclaration après en avoir discuté au téléphone avec Benyamin Nétanyahou, juste avant de vous rendre au dîner du Crif.

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que la Constitution de la République énonce en son article 4 que « la loi garantit les expressions pluralistes des opinions. » Or, l’antisionisme est une opinion, un courant de pensée né parmi les juifs européens au moment où le nationalisme juif prenait son essor. Il s’oppose à l’idéologie sioniste qui préconisait (et préconise toujours) l’installation des juifs du monde en Palestine, aujourd’hui Israël.

L’argument essentiel de l’antisionisme était (et est toujours) que la Palestine n’a jamais été une terre vide d’habitants qu’un « peuple sans terre » serait libre de coloniser du fait de la promesse divine qui lui en aurait été donnée, mais un pays peuplé par des habitants bien réels pour lesquels le sionisme allait bientôt être synonyme d’exode, de spoliation et de négation de tous leurs droits. Les antisionistes étaient, et sont toujours, des anticolonialistes. Leur interdire de s’exprimer en prenant prétexte du fait que des racistes se servent de cette appellation pour camoufler leur antisémitisme, est absurde.

Monsieur le Président, nous tenons à ce que les Français juifs puissent rester en France, qu’ils s’y sentent en sécurité, et que leur liberté d’expression et de pensée y soit respectée dans sa pluralité. L’ignominie des actes antisémites qui se multiplient ravive le traumatisme et l’effroi de la violence inouïe dont leurs parents ont eu à souffrir de la part d’un Etat français et d’une société française qui ont largement collaboré avec leurs bourreaux. Nous attendons donc de vous que vous déployiez d’importants moyens d’éducation, et que les auteurs de ces actes soient sévèrement punis. Mais nous ne voulons certainement pas que vous livriez les juifs de France et leur mémoire à l’extrême droite israélienne, comme vous le faites en affichant ostensiblement votre proximité avec le sinistre « Bibi » et ses amis français.

C’est pourquoi nous tenons à vous faire savoir que nous sommes antisionistes, ou que certains de nos meilleurs amis se déclarent comme tels. Nous éprouvons du respect et de l’admiration pour ces militants des droits humains et du droit international qui, en France, en Israël et partout dans le monde, luttent courageusement et dénoncent les exactions intolérables que les sionistes les plus acharnés font subir aux Palestiniens. Beaucoup de ces militants se disent antisionistes car le sionisme a prouvé que lorsque sa logique colonisatrice est poussée à l’extrême, comme c’est le cas aujourd’hui, il n’est bon ni pour les juifs du monde, ni pour les Israéliens, ni pour les Palestiniens.

Monsieur le Président, nous sommes des citoyens français respectueux des lois de la République, mais si vous faites adopter une loi contre l’antisionisme, ou si vous adoptez officiellement une définition erronée de l’antisionisme qui permettrait de légiférer contre lui, sachez que nous enfreindrons cette loi inique par nos propos, par nos écrits, par nos œuvres artistiques et par nos actes de solidarité. Et si vous tenez à nous poursuivre, à nous faire taire, ou même à nous embastiller pour cela, eh bien, vous pourrez venir nous chercher.

Liste complète des signataires disponible sur: https://bit.ly/2BTE43k

> L’antiracisme sélectif de Macron

Si nous prenons Emmanuel Macron au pied de la lettre, la France rencontrerait un problème croissant d’antisémitisme. La semaine dernière, le président s’est adressé au Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) et a fait état d’une augmentation de l’antisémitisme « sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale ».

Dès le 11 février, son ministre de l’intérieur avait déclaré que l’année 2018 avait vu une hausse de 74% des actes antisémites recensés. Des sources gouvernementales ont aussi établi des liens entre cette augmentation et les manifestations des Gilets Jaunes, des ministres invoquant la « peste brune » pour qualifier des actes racistes de vandalisme commis contre une échoppe de bagels de Paris et de récentes attaques contre des journalistes.

Mais beaucoup de Juifs sont critiques à l’égard de cette tentative de créer un état de guerre autour des allégations d’antisémitisme. Les rapports sur l’implication des Gilets Jaunes dans l’agression contre l’échoppe de bagels s’est rapidement avérée infondée et la tentative du président de considérer l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme a brouillé la distinction entre les Juifs et Israël. Au même moment, des Juifs antiracistes ont souligné les dangers du deux poids deux mesures, lorsque l’islamophobie et la négrophobie ne sont pas traités aussi sérieusement que l’antisémitisme.

Pour Maxime Benatouil, membre de la Coordination de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), le combat contre l’antisémitisme doit être articulé à la défense permanente des minorités. Il s’est exprimé auprès de David Broder pour Jacobin sur la présence d’attitudes antisémites dans les manifestations des Gilets Jaunes, sur la tentative de Macron de criminaliser les attaques contre des Juifs et sur le danger de dresser des minorités les unes contre les autres.

(Version française traduite par Sonia Fayman et Iwan Lambert.)

http://www.ujfp.org/spip.php?article7005