Communiqué BDS-F 38 autour de la venue de Valls au diner du CRIF et de la répression.

Mis a jour : le mercredi 20 juin 2018 à 13:12

Mot-clefs: Resistances libérations nationales
Lieux: grenoble

Pour Valls, les petits fours du CRIF

Pour les militant.es : matraques et répression.

Ce jeudi 14 juin, le CRIF Grenoble-Dauphiné (Conseil représentatif des institutions juives de france) invitait Manuel Valls à son dîner annuel. Le soutien de cette personnalité politique française à l’État d’Israël n’est plus à démontrer. Citations choisies :«Je suis lié éternellement à l’état d’Israël » ou encore « l’anti-sionisme est synonyme d’antisémitisme »

Rappelons que le CRIF est un des ardents défenseurs de la politique israélienne en fRance. Son travail de lobbying auprès de la classe politique dominante est très actif, que ce soit auprès des représentants de l’état, des grands patrons de l’industrie, de la presse et d’autres encore. Sa manipulation de l’opinion publique et son instrumentalisation de l’antisémitisme à tout va en fait un des puissants appareils de verrouillage de toute critique ou contestation anti-sioniste. Ce dîner est donc hautement politique et à ce titre , nous a interpellé.es. D’autant plus, avec la situation actuelle à Gaza et la répression des manifestations de la Grande Marche du Retour à l’occasion des 70 ans de la Nakba (la catastrophe en arabe). Répression qui a fait 126 mort.es et des milliers de blessé.es par balles. La barbarie quotidienne de cet état profondément raciste humilie, réprime, emprisonne et tue les palestinien.nes depuis 1948.

Nous avons donc été une trentaine de personnes à aller manifester notre solidarité et notre soutien le plus total à la résistance palestinienne et dénoncer la tenue de ce dîner. A peine avions-nous déployé notre banderole BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) que nous avions été violemment pris à partis par les CRS et repoussé.es le plus loin possible. Il a fallu le déploiement d’une cinquantaine de CRS pour nous empêcher de manifester et de saisir notre banderole. On ne touche pas au CRIF !

Nous assistons aujourd’hui à une criminalisation et une répression de plus en plus accrues de la campagne BDS et plus généralement des militant.es de la cause palestinienne. Cela nous montre que le BDS fonctionne et fait peur à Israël et ses allié.es. Cela nous pousse à rester acharné.es et determiné.es dans la poursuite du combat anti-impérialiste et pour la libération de la Palestine.

Nous continuerons de crier haut et fort :

VIVE LE BDS !

VIVE LA RÉSISTANCE DU PEUPLE PALESTINIEN !

 

À BAS L’ÉTAT COLONIAL RACISTE D’ISRAEL !!

Commentaire(s)

> ?

sorti des archives ?

Ni VallsS, ni crif, ni ccif, ni BDS !

> -

Lassitude ...

et les c.r.s qui protègent des mosquées, les temples de diverses confessions ou les réunions des lobbys patronaux, musulmans, bouddhistes, cathos ... ?

C'est de la faute à l'état qui est dirigé (en sous main conspirative) par le crif (avec leurs allié-e-s les illuminati-e-s et reptilien-ne-s) ? ?

Niveau complotiste de la politique, c'est l'indignation bisounours

> Le CRIF ne représente pas les Juifs de France. Il nous mène à la catastrophe

L’UJFP s’adresse solennellement aux Juifs de France.

Donald Trump vient de violer un peu plus le droit international en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en mettant fin pour longtemps à toute perspective de paix fondée sur l’égalité des droits et la justice au Proche-Orient.

Il confirme son alignement complet sur les Chrétiens sionistes américains (qui sont des antisémites) et sur un gouvernement israélien d’extrême droite qui a totalement libéré la parole raciste ou la déshumanisation de « l’Autre ».

La dernière déclaration du CRIF demandant que la France imite Trump est ahurissante.

Le CRIF est issu de la résistance. Il a été fondé avec le souci de représenter les Juifs de France dans toute leur diversité après le génocide nazi. Cette diversité était encore perceptible quand Théo Klein en était le président (1983-89). Théo Klein a rompu avec le CRIF en 2012.

Le CRIF est devenu, à l’image de l’AIPAC aux Etats-Unis, une officine totalement inféodée à l’extrême droite israélienne. En 2001, l’ancien président Bush avait déclaré « la guerre du bien contre le mal », le mal étant les Arabes, les musulmans, le Tiers-monde. Le CRIF essaie d’enrôler les Juifs de France dans ce camp-là, ce qui est une rupture complète avec leur histoire. L’histoire des Juifs de France, c’est la lutte pour l’émancipation. Elle est marquée par l’acquisition de la citoyenneté pendant la Révolution Française, par l’Affaire Dreyfus pendant laquelle les Juifs ont reçu le soutien de la partie progressiste de la société française, par la résistance juive au nazisme, par l’engagement massif de Juifs dans des combats pour l’égalité et la justice sociale.

Faut-il énumérer les actes les plus scandaleux et les déclarations racistes du CRIF ?
En 2002, l’ancien président du CRIF Cukierman a déclaré que le score de Le Pen était « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles ». Le 31 décembre 2016, William-Gilles Goldnadel, par ailleurs avocat de Florian Philippot et Patrick Buisson (qui a dirigé pendant des années le torchon antisémite « Minute ») explique que : « des colonies de peuplement, contre l’avis des autochtones, il y en a en Seine Saint-Denis. Un Juif est moins étranger en Judée ».

Faut-il rappeler les campagnes haineuses contre Jean Ferrat (dont le père a été assassiné à Auschwitz) accusé d’avoir écrit une chanson antisémite (Nuits et Brouillard !) ? Ou la campagne contre Charles Enderlin accusé d’avoir « trafiqué » les images sur la mort du petit Mohammed al-Dura à Gaza en 2000 ?

Faut-il rappeler ces « dîners du CRIF » où les responsables politiques qui le souhaitent s’y rendent, mais se doivent de faire allégeance et où les rares autres responsables qui osent émettre le moindre doute sur la politique israélienne se font instantanément traiter d’antisémites ?

Non seulement le CRIF soutient une politique raciste contre les Arabes et criminelle contre les Palestiniens, mais cette politique est totalement suicidaire pour les Juifs que le CRIF met sciemment en danger. Cette politique tourne délibérément le dos à la demande légitime de sécurité à laquelle elle prétend répondre.

Quand Nétanyahou explique aux Juifs de France que leur pays, c’est Israël et qu’ils doivent partir, on est ahuri du silence d’approbation du CRIF : aucun antisémite depuis Vichy n’avait osé dire aux Juifs qu’ils n’étaient pas chez eux en France. Est-ce la position du CRIF ? Le CRIF soutient-il la loi qui va être présentée à la Knesset faisant d’Israël l’Etat-Nation du peuple juif, excluant les Palestiniens et transformant les Juifs de France en étrangers dans leur propre pays ?

Quand Nétanyahou fait une déclaration totalement négationniste (21 octobre 2015) à savoir qu’Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs et que c’est le grand Mufti qui lui aurait soufflé cette solution, on est stupéfait par le silence du CRIF, qui prétend pourtant défendre la mémoire du génocide.

L’UJFP s’adresse aux Juifs de France : vous avez une histoire, une mémoire, des identités multiples. Votre place n’est pas au côté d’une officine raciste qui soutient inconditionnellement l’occupation et la destruction de la Palestine. Officine qui essaie de vous séparer des victimes du racisme quotidien.

Si vous n’êtes pas persuadés que la politique du CRIF est immorale et tourne le dos à toutes les valeurs juives, soyez persuadés qu’elle vous met sciemment en danger.

La place des Juifs de France, c’est d’être au côté de toutes les victimes du racisme ou du colonialisme, c’est d’être pour le « vivre ensemble » et l’égalité des droits. En France et au Proche-Orient.

http://www.ujfp.org/spip.php?article6053