Antifascist Forces in Afrin: Contre macron et son monde, soutien à la ZAD!

Mis a jour : le mardi 24 avril 2018 à 12:28

Mot-clefs: Resistances aéroport notre-dame-des-landes luttes salariales / antifascisme libérations nationales lutte étudiant-e-s lycéen-ne-s mouvement
Lieux: Notre-Dame-des-Landes ZAD

Rojava, le 12 Avril.

CONTRE MACRON ET SON MONDE.

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Il y a eu une guerre en cours. Une guerre aux fronts multiples. Une guerre contre un ennemi global mais hétérogène, connaissant en son sein même des fractions et des antagonismes.

Cet ennemi c’est l’impérialisme, c’est le fascisme, ce sont les forces réactionnaires.
Selon l’endroit ou le moment ce sera DAESH ou l’OTAN, des groupuscules nationalistes ou des milices policières, mais quels qu’ils soient, tous ces groupes répondent à une même logique, celle de l’anéantissement. L’anéantissement de toutes les formes de vie libre, de toutes les expériences sociales et politiques hors normes et de toutes les possibilités révolutionnaires.
Le Rojava et la ZAD sont précisément deux espaces porteurs de ces possibilités révolutionnaires et c’est sans surprise aucune que depuis des années, l’un comme l’autre, soient sous le coup de menaces et d’attaques répétées. Ici nous affrontons l’ennemi dans sa frange la plus barbare, le fascisme islamiste, pendant que nos camarades en France l’affrontent sous sa forme la plus implacable, l’Etat bourgeois.
Partout la guerre fait rage, et malgré notre volonté et nos sacrifices, il y a des batailles que nous n’avons pas su gagner. Nous avons perdu la ZAD du Testet et quelques autres. Nous avons perdu Afrîn, du moins pour l’instant. Nous refusons de perdre Notre-Dames-Des-Landes.
Parce que ce lieu n’est pas seulement symbolique, il est aussi réel et effectif. La ZAD c’est l’effort commun de personnes aux subjectivités propres et variées pour construire quelque chose « d’autre ». Pour bâtir des projets indépendants de la logique capitaliste. La ZAD c’est des prairies, des bois, des bocages mais aussi des maisons, des cabanes et des jardins, sur lesquels et dans lesquels vivent et luttent des écologistes, des fermiers, des anarchistes, des étudiants, des communistes, des travailleurs précaires, des féministes et des poètes. La ZAD c'est la promesse de jours meilleurs et de nuits de lutte plus heureuses. Mais depuis 4 jours, elle est sous le coup d’une attaque policière et militaire massive. Contre nos camarades, l’Etat utilise des armes létales et des équipements de pointe qui ne sont pas s’en rappeler ceux que nous avons connu ici au Rojava et en Syrie. Le Pouvoir use d'une violence incontrôlée pour terroriser celles et ceux qui osent lui résister. Macron, nouveau monarque de France, ne saurait tolérer la moindre sédition dans son Empire.
Il y a quelque chose de frénétique dans son application à vouloir éradiquer ce qui ne saurait se conformer à son monde.
C’est bien là le problème : il y a deux mondes, le leur et le nôtre, entrés en collision, et qui ne saurait coexister.

Depuis plusieurs semaines, les étudiants, les cheminots et les hospitaliers sont en lutte contre des lois qui accentuent davantage la sélection sociale à l’université et la détérioration du service public ferroviaire ainsi que celui de la santé. L’Etat et ses médias opèrent contre elles et eux une campagne de stigmatisation en les faisant passer pour des privilégiés inconséquents. Ce même Etat envoie sa police contre les étudiants qui occupent leurs universités, comme à Strasbourg, Nanterre et Lille, ainsi que dans les manifestations des cheminots. L’extrême-droite prend confiance en elle en attaquant les étudiants grévistes, notamment à Tolbiac et à Montpellier. L’Etat et les fascistes doivent comprendre que nous répondrons à chaque attaque. Les étudiants ont commencé en ce sens : 1100 personnes en AG a St Denis, sabotage des serveurs informatiques de la fac de Montpellier, des blocages d’universités partout en France.
Pour faire reculer le gouvernement, nous devons taper au porte-feuille de l’Etat et des patrons.
Organisons nous sur nos lieux de travail, d’études et de vie !
Organisons notre autodéfense contre les milices policières et les fascistes !
Organisons les blocages des gares, des boîtes et des routes !
Organisons les sabotages des moyens de production !
Organisons la solidarité et les actions entre tous les secteurs en luttes !
Organisons la grève générale ! Bloquons tout !

Nous avons combattu Al-Qaïda et Al-Nosra. Nous avons combattu l’Etat Islamique et l’Etat Turc. Nous combattrons l’Etat français avec la même détermination. Nous ne lui permettrons plus de s’immiscer dans chacun des aspects de nos vies. L’ennemi a commencé cette guerre, pas nous. Mais nous serons celles et ceux qui y mettront un terme.

Il nous faut élaborer de nouvelles stratégies et pratiquer d’autres tactiques.
Nous voulons une guérilla diffuse, intense et sans trêve.
Pour l’heure, nos cibles prioritaires sont l’Etat turc et l’Etat français, ainsi que tous les groupes fascistes qui sévissent avec eux. Nos ennemis ont des faiblesses. Leur flanc est exposé.
Leurs représentations officielles, leurs supports économiques et leurs soutiens politiques, ceux qui travaillent et collaborent avec eux, sont autant de cibles à notre portée. Leurs armées, leurs polices, leurs services de renseignements et l’ensemble des milices serviles sous leur contrôle sont puissantes mais pas invulnérables.

Face à cette situation, il y a ceux qui collaborent avec l’oppresseur ou ceux qui lui font front. Ceux qui choisissent la soumission ou ceux qui préfèrent l’insurrection. Ceux qui se contentent d’exister ou ceux qui préfèrent vivre. Ceux qui obéissent à la police ou ceux qui l’attaquent. Nous sommes de ces derniers. Nous sommes de celles et ceux qui luttent et qui combattent. De celles et ceux qui pensent qu’il est temps d’être offensifs et plus encore, d’être agressifs. D'attaquer l’ennemi là où il est et là où il n'est pas.
Rien n'est plus soutenable. C'est là notre chance, car nous n'avons plus rien à perdre.
Ouvrons de nouveaux fronts, lançons des offensives et détruisons nos cibles.

Le 1er Mai approche. Quelle que soit l’issue de l’attaque en cours sur la ZAD, que ce 1er Mai soit un jour de rage et de vengeance. Pour toutes celles et tous ceux que notre ennemi a assassiné.es ou emprisonné.es. Pour nos amis qui luttent à travers le monde. La peur doit changer de camp.
La vengeance est politique.

De la France au Rojava, vive l’Internationalisme, vive la Révolution !

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Commentaire(s)

> Une crédibilité égale à zéro !

Que des alliés des Etats-Unis et de l'Etat capitaliste français - lesquels soutiennent tous deux l'Etat kurde - qui combattent pour l'existence d'un énième Etat capitaliste - le Kurdistan - viennent nous parler d'internationalisme est à mourir de rire !

L'internationalisme, c'est la revendication de l'unité de la classe ouvrière contre toutes les frontières, tous les Etats, toutes les divisions que la bourgeoisie essaie constamment de mettre en place en son sein ! Le nationalisme, sous quelque forme que ce soit, est la marque idéologique de la classe dominante et de ses rapports de production.

D'autre part, tous les Etats sont capitalistes et par conséquent impérialistes, du plus petit au plus grand, à la mesure de leurs moyens. Ça n'est pas une volonté de leur part, c'est leur nature même. Les signataires de ce texte sont donc des défenseurs de l'Etat capitaliste kurde, aussi impérialiste, rapace et exploiteur que les autres ! Ce qui rend leur texte un peu moins crédible encore…

Les prolétaires n'ont pas de patrie ! On ne peut pas leur enlever ce qu'ils n'ont pas ! Transformation de la guerre impérialiste en guerre civile !

> @VSGCI

Ton commentaire est juste totalement à côté de la plaque. Tu as récité ton catéchisme pseudo-anar qui pue la naphtaline, mais tu ne semble rien connaître des luttes de libération nationales en général et celle du peuple kurde en particulier.
Je te conseille vivement de te renseigner sur le projet révolutionnaire porté par le PKK et le PYD, sur les réalisations sociales au Rojava. Un petit conseil de lecture : « Le confédéralisme démocratique » d'Öcalan. Il y est notamment très bien démontré comment lutte de libération des peuples et création de nouveaux États indépendants sont totalement incompatibles.
Les peuples existent en dehors des États et du capitalisme et leur existence n'est en rien un frein à l'unité de la classe ouvrière, c'est une de ses richesses.

> Pour répondre à Totogestionnaire

Ça fait seulement un siècle que les Communistes ont démontré que les luttes de libération nationale ne peuvent pas être autre chose que des moments de la lutte à mort entre puissances capitalistes, pour l’excellente raison qu’elles ne représentent que des marchés à prendre, et que les grandes puissances s’affrontent en fait indirectement à ce sujet-là à travers les luttes de « libération nationale ». L’exemple kurde en est une parfaite illustration ! Du reste, qu’est-ce que les exploités peuvent bien avoir à gagner là-dedans, je me le demande. Les bourgeois kurdes, je vois très bien, par contre…

Ça fait seulement un siècle que Rosa Luxemburg a expliqué que l’impérialisme n’est pas un choix d’une nation capitaliste particulière, mais la nature même du capitalisme et de son mode de fonctionnement, ce qui définit clairement que TOUS LES ETATS SONT IMPÉRIALISTES, à la mesure de leurs moyens, quelle que soit leur taille.

Ajoutons à cela que la notion de « peuple » est absolument contradictoire avec celle de classe : le « peuple » est le type même de mot dont la bourgeoisie se repaît parce qu’il confond bourgeois, petits-bourgeois, paysans et prolétaires. C’est le mot même qui caractérise l’Union sacrée autour de la nation, de la culture commune, du territoire. Les « peuples » n’existent aucunement en-dehors des Etats et du capitalisme : ils en sont un acteur, mais c’est du côté de la bourgeoisie qu’on le trouve.

Quant au PKK, c’est un parti stalinien qui considère toujours que le « socialisme » est possible dans un pays - ce qui est la définition du Stalinisme -, et qui n’a jamais renié l’existence des frontières et d’une entité nationale kurde, avec un Etat, une police, une armée nationales ; la preuve : il essaie de nous faire croire à ses « communautés autogérées » du Rojava, sous la direction des administrations locales kurdes, avec derrière le nationalisme kurde - et par conséquent un Etat kurde. C’est cette clique qui a envoyé les jeunes du Kurdistan turc se faire tuer par l’armée turque au cours d’« insurrections populaires » perdues d’avance pour de bas motifs politiciens. Il n’y a pas, il n’y a jamais eu de « projet révolutionnaire » au Kurdistan : le PKK n’a jamais eu pour but de détruire l’Etat kurde et toutes ses structures, notamment municipales, il s’en sert !

Quant à « l’internationalisme » qui consiste à se battre avec certains Etats capitalistes contre d’autres les armes à la main, il y a derrière un mensonge ici patent : l’internationalisme, c’est la fraternisation des exploités au-delà et contre la logique nationale. Où le PKK a-t-il appelé à fraterniser avec les soldats turcs contre les officiers kurdes ET turcs, CONTRE l’Etat kurde comme l’Etat turc ?
Du reste, d’où les auteurs de ce texte sortent-ils que la lutte révolutionnaire ressemble à une guérilla ? On est là derrière les Staliniens, une fois de plus, du genre Guevara cette fois-ci…

Un autre conseil de lecture pour Totogestionnaire : plutôt que de faire de la propagande nationaliste de façon honteuse, il pourrait lire L’histoire de la Révolution russe de Trotsky qui explique très bien ce qu’est l’internationalisme prolétarien et ce qu’est une révolution. Et ça n’a strictement rien à voir avec ce qui se passe au Kurdistan actuellement !

A titre personnel, qui plus est, le soutien à quelques communautés agricoles autogérées toutes droites sorties du programme du Parti Socialiste Révolutionnaire russe - l’Obchtchina en l’occurrence - à Notre Dame des Landes m’apparaît parfaitement réactionnaire. Ce que du reste les Social-démocrates du POSDR disaient déjà en 1895 !