Antisionisme antiraciste non, néonazisme sioniste oui ?

Mis a jour : le samedi 19 août 2017 à 15:28

Mot-clefs: Racisme Répression contrôle social antifascisme
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Trois morts et une vingtaine de blessés. C’est le sinistre bilan de la haine raciste décomplexée qui s’est donnée à voir en toute impunité à Charlottesville, dans cet État de Virginie encore marqué par l’héritage ségrégationniste. A l’origine de ce rassemblement, la décision acquise de haute lutte de faire tomber la statue du général confédéré Robert E. Lee, père spirituel des nostalgiques des plantations et de l’ancien ordre racial.

Toute la « alt-right » (droite alternative), ainsi pudiquement nommée par les médias conservateurs américains pour mieux en masquer le néonazisme et le relativiser, s’y était donnée rendez-vous vendredi soir et samedi dernier.

Défilé nocturne à la lumière des torches, les mêmes que celles utilisées pour aller chercher les Noirs et les pendre, à une époque pas si lointaine. Chants négrophobes (« Nègres, retournez en Afrique ! ») et antisémites (« Juifs, vous ne nous remplacerez pas !). Claires références au national-socialisme allemand, avec la reprise enthousiaste du slogan « Blut und Boden » (sang et sol), les saluts nazis ponctuant régulièrement le rassemblement et le nombre considérable de brassards à croix gammées. Les horreurs seraient trop longues à lister dans leur intégralité. Et pourtant, malgré la légitime émotion suscitée par les vies fauchées à la marge de ce rassemblement, malgré la colère provoquée par cette démonstration de racisme à visages découverts, malgré l’antisémitisme avéré des manifestants, silence radio du côté des autorités israéliennes et des organisations juives sionistes européennes et françaises.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, d’habitude si prompt à dénoncer l’antisémitisme et à appeler à l’immigration en masse des Juifs du monde entier vers Israël vient de dénoncer du bout des lèvres la manifestation néonazie, mais pas un mot sur son allié Trump ! Pourtant au sein de l’Administration Trump, les collusions sont nombreuses et parfaitement documentées [1] entre les suprématistes blancs antisémites et les sionistes. Preuve supplémentaire, s’il en fallait, que sionistes et racistes antisémites ne sont pas des ennemis mais des alliés ! Ils partagent, notamment, l’idée que les Juifs ne sont pas des Américains comme les autres – et qu’ils feraient mieux de déguerpir en Palestine. D’où l’absence de réaction du gouvernement israélien. Depuis quand cogne-t-on sur ses amis ? Ce silence assourdissant s’ajoute à la bruyante marque d’amitié que Netanyahu a manifesté quelques semaines plus tôt au Premier ministre hongrois Viktor Orban, dont l’antisémitisme est avéré.

On ne pourra éviter de remarquer le silence incroyable du CRIF et des organisations juives sionistes européennes habituellement très promptes à hurler à l’antisémitisme devant chaque manifestation BDS dans le monde. Faudra-t-il en conclure qu’antisionisme et antiracisme sont condamnables et que le sionisme même sous ses formes les plus agressives et antisémites non ?

L’UJFP rejoint le concert des voix juives qui, aux États-Unis comme ailleurs, condamnent sans la moindre ambiguïté les militants néonazis rassemblés à Charlottesville et leurs idéologues ayant pignon sur rue à la Maison Blanche. Nous tenons également à apporter toute notre solidarité aux proches des victimes assassinées pour avoir tenu tête aux suprématistes blancs, et à tous les manifestants qui refusent la haine inter-raciale aux États-Unis. Enfin, nous manifestons notre plus profond mépris pour les combines des dirigeants sionistes, qui partout dans le monde, y compris à la tête des gouvernements français et européens, ferment les yeux sur les démonstrations antisémites les plus barbares quand cela les arrange, plaçant leur agenda politique au-dessus de toute autre considération.

Le Bureau national de l’UJFP, le 16 août 2017.

http://www.ujfp.org/spip.php?article5803

Commentaire(s)

> .

Je suis d'origine libano-palestinienne et je confirme : vous n'êtes qu'une bande d'antisémites, ce texte est très clair.

> Trump, Macron, Netanyahou et trolls racistes, même combat

Je suis la première Juive interdite en Israël pour soutien au BDS

Bien que j’ai été en Israël/Palestine près d’une douzaine de fois auparavant — j’ai grandi en me rendant en Israël avec ma famille, j’ai passé un été en Israël lors de mon camp d’été juif, j’ai fait des études universitaires à l’Université Hébraïque à Jérusalem-Est occupée, et j’ai passé trois étés en Cisjordanie en vivant et en travaillant dans des villages palestiniens — je suis devenue beaucoup plus mal à l’aise à propos de ces voyages. Depuis l’université, époque à laquelle j’ai découvert le déplacement forcé des Palestiniens qui a commencé en 1948 et qui se poursuit à ce jour, j’ai été profondément perturbée à l’idée que j’ai le « droit » de me rendre dans la terre ancestrale de chers amis et collègues palestiniens qui eux-mêmes ne peuvent pas se rendre dans ce qu’ils estiment être leur patrie. […]

En même temps que l’interdiction du BDS, Israël a promis l’interdiction des ressortissants étrangers qui demandent publiquement des sanctions contre lui. Mes compagnons de voyage et moi sommes les premières victimes de celle-ci, largement critiquée en tant qu’énorme violation des libertés civiques fondamentales, telles que la liberté d’expression et de résistance non-violente. En criminalisant par cette interdiction de voyage le militantisme en faveur des droits des Palestiniens, Israël est en train de briser le mythe le présentant comme une démocratie juive. Un pays qui interdit ceux qui critiquent ses violations des droits de l’homme est fondamentalement anti-démocratique. Me refuser l’entrée parce que je m’oppose publiquement et sans remords à l’oppression des Palestiniens est un geste de désespoir de la part d’un gouvernement qui sait que sa domination par la force est insoutenable.

Mais l’interdiction révèle aussi qu’Israël a très peur de la puissance des mouvements populaires, de la résistance non-violente et des liens humains d’un côté à l’autre des frontières. Historiquement, les mouvements ayant recours aux boycotts et aux campagnes de désinvestissement ont bâti la pression essentielle à la base, en exigeant des changements de la part des gouvernements et des institutions renforçant des politiques d’oppression. Je pense que ces tactiques sont les plus morales et la voie la plus prometteuse à terme pour assurer, que, un jour, les familles palestiniennes puissent prier, vivre et se déplacer librement dans leur patrie.

J’ai finalement décidé de me joindre à cette délégation, parce que s’associer à des militants pacifistes israéliens et palestiniens sur le terrain dans le cadre d’un groupe multiracial et multi-religieux allait me donner une occasion de construire les sortes de résistance fiables dont nous avons besoin sur le chemin de la justice pour tous.

Israël sait que ces relations entres les gens et les mouvements sont assez puissantes pour mettre en cause ses presque 70 années de dépossession et ses 50 années d’occupation. C’est pourquoi le BDS fait tant peur à Israël. La bonne nouvelle c’est que les stratégies répressives d’Israël ne sont pas assez fortes pour empêcher les gens d’établir des relations entre leurs luttes pour la justice.

Nous continuerons à les établir jusqu’à ce que les Palestiniens puissent embarquer sur le prochain vol de la Lufthansa pour rentrer chez eux.

http://www.ujfp.org/spip.php?article5772

> balayer devant la porte de sa boutique

Quand l ujfp écrit "ferment les yeux sur les démonstrations antisémites les plus barbares [...]plaçant leur agenda politique au-dessus de toute autre considération" est ce une auto-critique qui ne dit son nom ? Exemple parmi de nombreux autres, pas un mot de leur part sur le meutre antisémite de Sarah Halimi perpétré en avril 2017 (https://paris-luttes.info/paris-11e-l-antisemitisme-tue-a-8262)

> trolls de passage

S’il suffit de se prétendre « libano-palestinienne » pour s’arroger le droit de balancer des saloperies sur l’«antisémitisme » de l’UJFP comme si c’était un critère d’objectivité, c’est qu’Indymedia est mal barré.

Les trolls essayent depuis longtemps de détruire les organisations antiracistes qui ne leur plaisent pas (et il y en a beaucoup) à coups d’affabulations et de calomnies. Ils ne font que se discréditer et se ridiculiser eux-mêmes.

Comme les articles sur les « positions bourgeoises de l’UJFP » qui ont été ridiculisés partout :

Les positions bourgeoises de l’UJFP

https://nantes.indymedia.org/articles/38071

https://lille.indymedia.org/spip.php?article30919

https://grenoble.indymedia.org/2017-06-29-Les-positions-bourgeoises-de-l

Un autre sioniste maladif avait essayé de diffuser ses délires sur l’“antisémitisme” de l’UJFP :

https://nantes.indymedia.org/articles/32335

avec la réponse qui s’imposait :

Benjamin Netanyahu, maître à penser de Monsieur Yves Coleman : Mondialisme.org réussit son examen d’entrée dans l’extrême-droite sioniste
http://www.ujfp.org/spip.php?article4304

Par contre, nos inquisiteurs n’ont JAMAIS rien à dire sur le contenu des articles de l’UJFP, ce qui montre bien que le désir de nuire est leur seule motivation « politique ».

> attaques contre-productives

que des trolls s'acharnent à "démontrer" le caractère "bourgeois" ou "antisémite" de l'ujfp sans jamais parler du contenu de leurs articles ne peut que réjouir les révolutionnaires et les antiracistes, car c'est la preuve que l'ujfp frappe là où ça LEUR fait mal : le racisme, le fascisme, l'aparteid, le colonialisme, les crimes contre l'humanité…, toutes choses qu'ils essaient de NIER.

On comprend leur courroux chaque fois que des crimes sont dénoncés :

La « seule démocratie au Proche-Orient » tourne à la dictature

L’agression contre les médias en Israël est un symptôme d’une maladie beaucoup plus grave qui atteint ses institutions.

Le ministre israélien de la communication, Ayoub Kara, m’a fait honte. Il m’a fait honte en tant qu’Israélien, journaliste et être humain épris de liberté. Ayoub Kara veut mettre Israël sur les rangs de l’Arabie Saoudite, de l’Égypte, de Bahreïn et des Émirats, en déclarant la guerre à Al Jazeera.

Le ministre Kara est perçu en Israël comme une sinistre plaisanterie. Il a été nommé à ses fonctions juste au moment où le Premier ministre Benjamin Netanyahu devait rendre des comptes à la justice. Kara est devenu la marionnette de Netanyahu au ministère de la communication. Tout cela ne rend pas sa décision de déclarer la guerre à Al Jazeera moins importante ou moins significative. Au contraire, le ministre Kara essaie non seulement de coller aux initiatives politiques de son maître, mais aussi au sentiment dominant en Israël selon quoi toute voix critique en Israël et à l’étranger devrait être combattue.

La déclaration de l’intention du gouvernement de fermer Al Jazeera et de bloquer sa diffusion en Israël pourrait avoir très peu de conséquences pratiques. Il est difficile de savoir si le gouvernement israélien peut fermer le bureau d’Al Jazeera, si les employés d’Al Jazeera peuvent être empêchés de travailler comme journalistes, si le bureau de presse gouvernemental peut révoquer ses accréditations, et st si le gouvernement peut empêcher les Israéliens de regarder Al Jazeera. Mais ce sont des questions mineures. Le problème principal est l’intention israélienne et la politique israélienne, qui a un contexte beaucoup plus large.

Ce dont il est question, c’est du visage démocratique de l’état et d’une tentative de freiner la liberté d’expression et la liberté de la presse en Israël – « la seule démocratie au Moyen-Orient ». Ce processus pourrait commencer avec Al Jazeera mais il ne s’arrêtera pas là. Il continuera avec la BBC et CNN et il pourrait se terminer par la fermeture des médias israéliens que le gouvernement ne supporte pas. Et donc, l’affaire Al Jazeera devrait s’inquiéter beaucoup plus d’Israéliens, de Juifs et d’Arabes.

Ce que nous voyons ne sont rien de moins que les fissures qui s’approfondissent dans la démocratie israélienne. C’est une voie extrêmement dangereuse, dans laquelle d’autres gouvernements du monde se sont précipités. Vous savez où cela commence, mais pas où cela s’arrête. C’est le chemin dangereux que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, pour prendre un exemple, a emprunté.

Le gouvernement actuel en Israël est le gouvernement le plus nationaliste et le plus réactionnaire que Israël ait jamais eu. M. Netanyahu est en poste depuis près de 10 ans, mais ce n’est que dans le présent terme que lui et ses collègues ont gagné assez de confiance pour commencer à changer le visage d’Israël et même de sa règle de droit. Son gouvernement a adopté une législation antidémocratique contre les ONG, a lancé une attaque politique contre le système juridique, lancé des campagnes de haine contre les médias et la gauche, et a déclaré la guerre à toute critique d’Israël à l’étranger.

Il met en place l’infrastructure juridique et politique pour créer un système d’apartheid en Israël, en attaquant toute personne qui pourrait devenir un obstacle à la réalisation de cet objectif. Dans ce cadre, Israël a récemment commencé à empêcher les militants de défense des droits de l’homme, les critiques d’Israël et les partisans de la campagne BDS, d’entrer en Israël et dans les Territoires occupés. Dans ce contexte, le Premier ministre, qui fait l’objet d’une enquête policière, soupçonné de corruption et d’autres crimes, essaie de s’attaquer à la gauche et aux médias en Israël.

Cette politique a beaucoup de partisans en Israël. La démocratie israélienne est très fragile et menacée par beaucoup d’ignorance et de vues antidémocratiques. Les Israéliens apprennent à penser que la démocratie est la domination de la majorité, que les minorités n’ont pas de droits, et que toute critique d’Israël, de l’intérieur ou de l’extérieur, n’est rien de moins qu’une trahison ou de l’antisémitisme.

Faire une déclaration pour fermer le bureau d’un média avec l’excuse ultime que celui-ci soutienne le terrorisme et viole la sécurité d’Israël est perçue en Israël comme une initiative patriotique et populaire. La fermeture d’Al Jazeera est une autre attaque contre les Palestiniens israéliens, qui sont les principaux téléspectateurs d’Al Jazeera en Israël et qui ont été la cible d’une campagne systématique menée par le gouvernement et le Premier ministre lui-même. Les Palestiniens israéliens sont la cinquième colonne et Al Jazeera est leur drapeau.

Il y a des commentateurs qui ont suggéré que le mouvement contre Al Jazeera en Israël doit être vu dans le contexte de la nouvelle coalition des « États sunnites modérés » au Moyen-Orient, dirigée par l’Arabie saoudite, qu’Israël essaie d’intégrer. Je ne suis pas d’accord avec cette explication. De Tel-Aviv, l’initiative de Kara a beaucoup plus à voir avec la lutte contre le mouvement pour le boycott, le désinvestissement, et les sanctions (BDS), contre Haaretz, mon journal, contre l’organisation israélienne pour la justice sociale, New Israel Fund, et contre l’ONG Breaking the Silence (créé par les anciens combattants israéliens) – plutôt qu’avec de secrètes relations avec Riyad et Le Caire.

Si la décision du ministre Kara n’est pas annulée ou déclarée illégale par la Cour suprême, il sera clair qu’Israël prend une voie extrêmement dangereuse. L’association des journalistes israéliens a déjà protesté contre l’intention de fermer Al Jazeera. Il appartient maintenant à tous les démocrates israéliens de dire à leur gouvernement : ne freinez pas le libre accès à toute source d’information, qu’elle soit critique ou non à l’égard d’Israël !

http://www.ujfp.org/spip.php?article5811