C'est un peu court, jeune homme...

Mis a jour : le mardi 17 mai 2016 à 21:58

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Solidarité avec la bibliothèque anarchiste La Discordia suite aux « tags »

récemment trouvés sur sa devanture

La mauvaise décoration de façade qu'ont pu découvrir, sur la Discordia, passants et participants au débat intitulé «islamophobie, du racket conceptuel au racket politique» le 26 janvier dernier ne pouvait pas manquer de laisser tout un chacun perplexe : « fafs » et « racistes » et deux A cerclés tracés à la bombe. Mais en fait, où est l'insulte, où est la signature ? Le communiqué en forme de mauvais pastiche qui accompagne les gribouillis confirme l'hypothèse : on accuse d'être des « fafs » et des « racistes » et on se revendique de l'Anarchie. Face à l'aberration infamante de ces accusations, on aurait bien envie de s'exclamer...

C'est un peu court jeune homme,

Ah, non ! On pourrait dire... ô dieu... bien des choses en somme

Et de poursuivre, en variant le ton, par un chapelet d'insultes piochées dans l'orthodoxie anarchistes : Blasphémateurs ! Impies ! Athées ! Mécréants ! Apostats ! Sacrilèges ! Hérétiques ! Déïcides ! Apologistes de l'abjuration ! Puis continuer avec quelques slogans fleuris tirés du patrimoine libertaire : Quelques maîtres et surtout un Dieu ! Vive l'oppression et sa religion ! La capote, je sais pas, la calotte, il en faut pour moi ! Le sacré, c'est sacré ! Touche pas à leur religion ! Ce qu'on aime chez les prolos, c'est quand ils sont bigots ! N'attentez pas à ma liberté de prêcher ! Le tout couronné d'une signature plus consistante, qui aurait pu être « des anarchistes pour le respect de la loi de 1905 ».

Mais pour ça, il fallait des lettres, beaucoup plus en tout cas, et s'entrainer à les tracer d'une main un peu plus sûre. De l'esprit, aussi, un peu enclin à la subversion. Ceci étant dit, trêve de confiseries, passons au plat de résistance.

Contrairement à ce que ces « tags » et quelques gros malins voudraient faire accroire aux imbéciles, critiquer la lecture en terme d'islamophobie, ce n'est pas nier l'existence du racisme, des racistes, et des actes racistes. Le racisme s'en est toujours pris aux signes visibles de l'altérité, quels qu'ils soient, religieux ou culturel entre autres. Et, quoi qu'il en soit, son refus théorique et pratique est une nécessité qui n'a certainement jamais quitté ni les organisateurs ni les participants de ce débat.

En revanche, ce qui est nouveau dans la lecture que le terme d'islamophobie implique et impose, c'est qu'au lieu de défendre celui qui est attaqué - l'étranger par exemple - en tant que tel et de s'opposer ainsi à toutes formes de fierté identitaire nationale, communautaire ou appuyée sur d'autres appartenances et aux actes ignobles qui peuvent en découler, on prétend qu'il faudrait le défendre en tant que musulman, faisant de cette catégorie le nouveau sujet politique, et, pire encore, qu'il faudrait défendre l'islam qui serait attaqué à travers lui.

Dans les années 80, ce qui s'est appelé « anti-racisme » a déjà servi à donner un supplément d'âme au PS et à son extrême gauche, et à justifier la politique d'exploitation et de répression des immigrés dont de nouvelles modalités se mettaient alors en place. Mis aujourd'hui au service de la défense du religieux, il a toujours bon dos. Récupération s'il en est... et que deviennent alors les « premiers intéressés » dont on se revendique et qu'on assigne sans vergogne à l'obéissance au religieux ? Quelles perspectives émancipatrices, pour les uns comme pour les autres, dans cette lecture ? A moins que dans un paternalisme complètement décomplexé, l'émancipation par rapport au religieux ne soit réservé qu'aux militants (sans doutes de gauche) et aux étudiants en philosophie, et qu'on l'interdise à ceux au nom desquels on prétend s'agiter, manifester et en l'occurrence, faire ces espèces de « tags » infamants.

De plus, tout en cherchant à discréditer de fait la possibilité de critiquer l'islam en tant que religion, – alors que la critique de la religion (donc de toutes les religions) fait partie des évidences pour ceux qui veulent sérieusement s'attaquer à ce monde dans une perspective révolutionnaire –, la notion d'islamophobie, en substituant la défense de l'islam à celle des immigrés (par exemple), nie la longue histoire de l'émergence de ces derniers comme sujets de lutte, histoire liée à la remise en cause du modèle travailliste et programmatiste promu par la part majoritaire du mouvement ouvrier dans la droite ligne des organisations communistes orthodoxes. C'est donc aussi à ce titre une lecture non seulement réactionnaire mais surtout absolument anti-subversive.

Heureusement, face à cette entreprise de justification du religieux et de négation d'une part essentielle de l'historie du mouvement révolutionnaire, ici et là, un peu partout, des voix commencent à s’élever, des refus s'expriment pour contrer cette vague, dans laquelle la confusion le dispute à la saloperie, et qui menace d'emporter de manière transversale les espaces contestataires au sens le plus large. Travaillons donc l'optimisme, et espérons, comme le nombre et la diversité des participants à la discussion proposée par la Discordia nous permet de le présager, que les cartes seront rebattues et que l'aire révolutionnaire en sortira renforcée.

En attendant, dans le clivage historique qui s'engage, ceux (celui ou celle) qui ont gribouillé la Discordia, ainsi que leurs amis, ont choisi leur camp. Puissent-ils éternellement pourrir d'ennui dans le paradis de leurs nouveaux alliés !

Alors compagnons, camarades, merci pour ce débat, courage et persévérance, on est évidemment à vos côté !

A la vue de ces abus, Cyrano, en terrasse, sirotant un raki

repris, de concert, par le chœur des passants solidaires et associés, s'écrie

« J'ai des fourmis dans mon épée ».

Les oiseaux de passage

Commentaire(s)

> ...

Puisque tout le milieu révolutionnaire, comme tout le milieu républicain et laïcard, semble s’être perdu dans la critique des religions et l’athéisme, nous irons voir ailleurs, notamment dans les quartiers populaires.

> Très bien

Alors bon courage et a+, Che Guevara et Pol Pot ont commencés pareil.

> À l'ami du vicomte de Valvert

C'est clair qu'il y a que des gros bourges dans le 19° ! Non mais Place des Fêtes sérieux, c'est pire que Saint-Germain-des-Prés ou l'Avenue Foch ! Heureusement qu'il y a des vrais qui vont évangéliser, euhh pardon, qui vont militer, dans les quartiers, là où y a des vrais gens !

Et puisque c'est dans le thème, un petit conseil amical de Cyrano : « gardez-vous, votre tête entraînée par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »

> Agiste

Pourquoi, considéré que celles et ceux qui ont fait çela sont forçément jeunes ?
Pourquoi parlé de paternaliste et le reproduire ?

Qu'est ce qu'on s'en fou que ce soit des "jeunes hommes" !

C'est prendre une position de pouvoir en fonction de son expérience et de son âge comme n'importe quel vieux réac.

arrété de jouer aux "vieux" anarchistes qui on tout vu et qui savent mieux faire des tags que n'importe qui, ou alors devenez prof agrégé à l'université de l'anarchie pure et dure.

> ...............

C'est une citation, c'est écrit en italique. La tirade du nez, Cyrano de Bergerac, programme de 3° ou 4° au collège ? Même un inculte comme moi connaît ça !

> Ca change rien

Bon alors vous etes pas agistes, mais racistes, parce que le programme de l'ecole est islamophobe !

> .

areu areu areu areu...

> si c'est pas un spam c'est un TOC

ya des "anars" qui n'ont visiblement rien à foutre de leur vie que satisfaire leurs obsessions sur l'islam. C'est la seule chose qui les intéresse, on va avoir encore combien d'articles de ce genre ?

Et maintenant, des psys chevronnés nous font une analyse des tags ! c'est plutôt eux qui auraient besoin d'un bon psy !

"Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont des comportements répétitifs et irraisonnés mais irrépressibles qui touchent le plus souvent des sujets jeunes, voire des enfants. […] Les progrès en imagerie médicale et le développement de modèles animaux ont permis de mieux comprendre les mécanismes des TOC au cours des dernières années.

Les TOC touchent environ 2 % de la population. Il s’agit ainsi de la 4e pathologie psychiatrique la plus fréquente après les troubles phobiques, les addictions et les troubles dépressifs. Le début du trouble est le plus souvent précoce et son évolution est chronique : environ 65 % des cas débutent avant l'âge de 25 ans et 15 % après 35 ans. Il peut survenir dès la petite enfance avec une prévalence allant jusqu’à 3,6 % avant 18 ans…"

> !!!

un bon psy c'est comme un bon journaliste : au fond du couloir au fond des chiottes

> AH BON

"Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont des comportements répétitifs et irraisonnés mais irrépressibles "

Comme par exemple prier cinq fois par jour une chimère, tout s'explique!

> C’est un peu long, mon vieux…

Cet acharnement pour reparler d’un meeting merdique de 60 personnes a quelque chose de pathétique. C’est bien utile de rabâcher toujours les mêmes mensonges sur les antiracistes ? Simplement pour étaler sa culture et montrer qu’on a des lettres à défaut de la moindre tolérance ?

La méthode Coué est inefficace à ce stade, et ne trompe plus personne. Vous vous croyez forts parce que vous avez rejoint la pensée dominante, mais vous n’avez gagné que le mépris de ceux que vous calomniez sans même avoir l’estime de vos nouveaux alliés. Ça doit être dur de n’avoir plus que la répétition sans fin de vos certitudes pour cacher le manque total d’honnêteté intellectuelle.

> Collabos et sans dieux

Moi je trouve très courageux de se positionner à contre-courant de toute la stratégie contre-révolutionnaire, anti-communiste, utilisé par les capitalistes pour racialiser et culturaliser les antagonismes de classe. Et ce n'est pas parce que l'extrême-droite utilise la critique de l'Islam pour faire la promo de "l'identité blanche" qu'on devrait la fermer. L'argument "Islam religion des opprimés" est vraiment une arnaque. Comme si les religions n'avaient pas pour fonction historique d'encadrer les opprimés...Faut vraiment être un fasciste pour prétendre le contraire, un boutiquier de la militance. La religion est toujours avant tout un des modes du pouvoir politique. Alors on doit l'analyser en tant que pouvoir concret avec des catégories concrètes, comme on le fait pour toutes les sociétés occidentales pseudo-démocratiques : les femmes sont-ils les égales des hommes ? Les homosexualités sont-elles permises et respectées ? Peut-on abolir la propriété privée, petite et grande ? Etc. Quand les pro-islam auront répondu à ces questions, on sera fixé sur leurs positions et les nôtres. Beaucoup de pauvres ont foi dans le capital parce qu'ils n'ont pas le choix, ça ne nous empêche pas de critiquer le capital.

> Parle à mon cul, ma tête est malade

Les « pro-islam » ne répondront à aucune question puisqu’il n’y a aucun-e pro-islam ici. Par contre, il y a des « anarchistes » autoritaires qui ont fait de l’islam leur unique combat obsessionnel et des anarchistes antiracistes leur cible privilégiée pour s’attirer les bonnes grâces de la majorité silencieuse et raciste.

Ce qui est « très courageux », c’est de ne pas hurler avec les loups, et les anarcho-islamophobes devraient se demander pourquoi, à défaut des anarchistes, leurs appels sont relayés par l’extrême droite raciste, par exemple « Français de souche », et ce n’est pas la première fois !

> ma religion est plus morale que la tienne

quid des millénarismes anarchistes et marxistes ?

> Article en débat.

A l'auteur et aux trolls qui répondent:
franchement j'arrive à saturation avec cette histoire du coup même si c'est écrit avec de doctes lettres bah j'ai pas envie là de tout lire / décortiquer tiout ça. On verra lundi, ou quand un-e autre modo plein-e d'énergie passera. Du coup je ferme la cour de récré et donc les commentaires aussi. Oust : tout le monde dehors, la vraie vie, les rues bitumées et les chemins boueux vous attendent.
(inutile de chercher des insultes sur le mode "hou la maitresse!", ce serait cracher sur des comportements que vous provoquez et des rôles que vous assignez aux autres par votre comportement)

> Article refusé.

Du coup suite à l'avis d'un-e autre modo l'article est refusé mais je remets tous les commentaires visible pour qu'on se rende compte du niveau.
Pour rappel la charte du site stipule qu'il n'y a pas de place ici pour les querelles de clocher (et vu le nombre d'article pour ou contre la discordia déjà validés, on a effectivement atteint ce stade.)
Et la charte stipule aussi que les commentaires ne servent pas à faire un foirum.
Si vous cherchez ce genre de sensations allez sur les réseaux sociaux ou les mainstream, là les commentaires ne sont pas gérés, normal, plus il y en a sans fond plus on perd le sens politique et plus le capitalisme s'enrichit.

> Article en débat.

Ben moi je le remet en débat cet article, parce que les modérer en fonction des commentaires et non de son contenu ça me pose quand même question. Si les coms sont problématiques, dans ce cas on peut les interdire. A rediscuter quand on se croise.

> précision

Pas de souci pour la mise en débat ;)

Juste histoire de préciser et ne pas allimenter rumeurs et fantasmes : on a refusé l'article, certe bien écrit et sans insulte, APRES l'avoir lu, parce qu'il fait partie d'une très loooooongue série d'article sur le sujet de la Discordia (qui porte super bien son nom en ce moment :p ) et que arrivé à ce stade là ça s'apparente à de la querelle de clocher (et le son de cloche de Paris ne devrait être qu'un echo à Nantes, pas prendre autant de places)
voici un lien qui ne montre QUE les articles validés. Il faut y ajouter les refusés ou en débat et les commentaires sur d'autres articles... https://nantes.indymedia.org/search/find_content?search[search_terms]=%22la+discordia%22

Pour les commentaires j'ai parlé du niveau des trolls pour justifier l'arret de la fonction commenter, c'est d'ailleurs pourquoi je les ai tous re-rendus visibles. je me suis mal exprimé lors de la première mise en débat, désolée.

Les commentaires ne sont pas autorisés pour article.