18 mars 2015: Actions transnationales contre l’inauguration de la Banque Centrale Européenne – On reprend leur fête en main!

Mis a jour : le lundi 2 mars 2015 à 12:49

Mot-clefs: Economie Resistances actions directes
Lieux: francfort

Le 18 mars 2015, la Banque Centrale Européenne (BCE) veut inaugurer son nouveau siège à Francfort. La somme vertigineuse d’ 1,3 milliards d’euros a été dépensée pour construire ces tours jumelles de 185 mètres de haut qui ressemblent à une forteresse, entourée de clôtures et de douves. Cette intimidante architecture du pouvoir est un symbole parfait de la distance qui sépare les élites politiques et financières des populations. Le personnel et le matériel de bureau sont déjà en cours d’installation. Mais la grande cérémonie d’inauguration – en présence de plusieurs chefs d’Etat européens et de l’oligarchie financière – est désormais annoncée pour le mercredi 18 mars.

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Il n’y a pourtant rien à célébrer dans l’austérité et l’appauvrissement des populations ! Des milliers de personnes en colère et de militant-es déterminé-es de toute l’Europe vont bloquer les rues autour de la BCE et interrompre cette célébration du pouvoir et du capital, en ce jour de 144ème anniversaire de la Commune de Paris. Nous allons prendre la fête en main et la transformer en lieu de jonction des résistances transnationales contre les politiques de crise en Europe et leurs conséquences catastrophiques, particulièrement pour les populations d’Europe du Sud.

La BCE joue un rôle important dans l’infâme Troïka, responsable de coupes brutales, d’un chômage croissant et même de la désintégration du système de santé en Grèce et dans d’autres pays de l’UE. Avec la Commission Européenne et le Conseil de l’UE, la BCE a promu l’austérité, les privatisations et la précarité. Ils n’ont eu aucune hésitation à faire chanter des gouvernements élus pour imposer leurs attaques contre les droits sociaux des populations.

Alors que la crise se développait, l’UE est devenu ce régime de plus en plus autoritaire où le manque de participation démocratique est criant. Les contrôles meurtriers aux frontières et la militarisation croissante de la politique étrangère aggravent ce processus. Ils ne peuvent pas -et ne veulent même plus- nous représenter. Les élites dirigeantes ne peuvent plus rien nous offrir. Mais de nouvelles forces émergent de chaque lieu de vie, c’est notre responsabilité de construire les solidarités et une vraie démocratie par la base. Ils veulent le capitalisme sans la démocratie, nous voulons la démocratie sans le capitalisme !

Dans le même temps, nous devons être parfaitement conscients des dangers d’un racisme croissant et de la montée de l’extrême droite, cet immonde produit dérivé de la crise capitaliste. Tandis que leur intention est de relever les barrières autour et au sein de l’Europe, notre but est exactement à l’opposé : abattre les remparts de l’Europe forteresse.

Certes il est vrai qu’il n’y a plus aussi fréquemment de réunions d’urgence sur le sauvetage de l’euro et la solvabilité de certains Etats membres, mais cela ne signifie pas pour autant que la crise est derrière nous. Pour quelques pays, la stratégie du choc est loin d’être terminée et de nouvelles mesures brutales d’austérité sont encore imposées. Dans d’autres pays, nous faisons face à une nouvelle normalité faite d’incertitude et de pauvreté. Il est de toute façon évident depuis longtemps que les politiques déployées pendant la crise n’avaient rien de temporaire, elles étaient soigneusement implantées dans les Etats et les institutions de l’UE. Tout cela a préparé le terrain pour une nouvelle phase, un modèle de société de la précarité et de droits sociaux très limités. Mais nous refusons de nous y faire !

L’Allemagne est l’une des principales forces motrices de la politique d’austérité. Dans un sens, elle est à la fois le ventre de la bête du régime de crise européen et l’œil du cyclone où règne un calme relatif. Mais les attaques contre les droits sociaux, la précarité croissante et la pauvreté sont aussi une réalité en Allemagne. Il y a de multiples raisons pour les personnes vivant en Allemagne de se mobiliser pour une vie décente, pour l’égalité des droits et pour une vraie démocratie pour toutes et tous, quels que soient leur descendance, leur genre ou leur nationalité. Les actions contre la cérémonie d’inauguration de la Banque centrale européenne nous offrent l’occasion parfaite d’envoyer un signal clair de solidarité aux côtés de tou-tes les militant-es d’autres pays.

Pour toutes ces raisons, nous appelons à une forte participation internationale aux actions du 18 mars à Francfort. En plus d’une action massive de désobéissance civile, il y aura tout un éventail de manifestations, de blocages et autres formes d’actions. Les journées Blockupy 2012 et 2013 n’étaient que le commencement. La protestation et la résistance seront de retour à Francfort – nous serons plus nombreux et déterminés que jamais !

Qui nous sommes

Nous sommes des militant-es de mouvements sociaux divers, altermondialistes, migrants, chômeurs, précaires, travailleurs-euses de l’industrie, membres de partis et syndicalistes et bien d’autres de nombreux pays européens, voulant relier nos luttes et nos forces au-delà des frontières des Etats-nations. Ensemble, nous voulons construire un mouvement européen commun, uni dans sa diversité, à même de briser la règle de l’austérité et de commencer à bâtir la démocratie et les solidarités par la base. Blockupy et les actions de Francfort ne sont qu’une étape sur cette voie.

Pièces jointes

Report flyer recto/verso (.pdf)

Link_go https://blockupy.org/fr/4393/18-mars-2015-actions-transnationales-contre-linauguration-de-la-banque-centrale-europenne-on-reprend-leur-fte-en-main/

Commentaire(s)

> Appel de la Destroika

un autre appel : https://nantes.indymedia.org/articles/29320

> AVERTISSEMENT DE LA DESTROÏKA

Depuis une dizaine de jours, un nouvel appel circule sur l’internet germanophone. Suite à l’attitude cavalière de la BCE vis-à-vis de la Grèce, les organisateurs de la « Destroïka » montent au créneau. Un lecteur de LundiMatin nous a fait parvenir cette traduction.

AVERTISSEMENT DE LA DESTROÏKA
aux petits maîtres de ce monde

Inutile de vous le cacher, vous nous avez irrités. Vos manières d’avares nous ont toujours semblé détestables ; vos manœuvres pour perpétuer votre règne feutré nous ont toujours paru infâmes ; l’hypocrisie complète de votre morale économique ne nous a jamais échappé.

Mais la semaine passée, vous êtes allés un peu trop loin. Vous avez poussé l’arrogance jusqu’à tomber les masques. En révoquant de manière unilatérale toute « facilité » de refinancement aux banques grecques, vous avez décidé de couper les vivres sans préavis à un État qui ne demandait guère qu’à jouir d’un petit peu de keynésianisme et de quelques instants d’euphorie nationale. Dans la foulée, vous avez osé déclarer en public, avec une franchise digne de Margaret Thatcher, qu’« il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens » - façon de réduire le politique au casting d’un film dont le scénario ne doit pas varier, ayant été écrit par vous. Vous avez tracé, sous les yeux écarquillés de tous, une ligne. Il y a vous, vos commissaires européens falots mais despotiques, vos grises institutions qui livrent une discrète guerre à l’échelle continentale, votre Banque Centrale qui, sous prétexte de servir l’économie, mène, souveraine, sa propre politique. Il y a surtout votre univers glacé et impeccable de l’optimisation économique, qui a ses quartiers, son langage, ses buildings et ses corps modèles. Et il y a nous, nous la plèbe planétaire qui trime, qui triche, qui tranche, et fait toujours un peu mauvais genre. Mais que croyez-vous ? Vous vous croyez seuls dans votre république phénoménale des taux d’intérêts, dans votre bulle médiatique des petites phrases sans conséquence, dans vos quartiers d’angoisse sécurisée ? Vous nous croyez sourds et aveugles, ou simplement bêtes et soumis ?

Vous avez commis une erreur. La semaine passée, vous avez ajouté à l’humiliation muette du quotidien l’humiliation ouverte de la domination. Ce que vous avez fait « aux Grecs », vous nous l’avez déjà fait cent fois dans l’histoire, et vous le faites en permanence partout ailleurs sur la planète. Mais cela réveille en nous tous de vieilles blessures qui n’ont jamais cicatrisé.

Vous avez commis une erreur. Vous avez cru pouvoir déclarer la guerre à un pays entier depuis Francfort, entre une soirée à l’opéra et un cocktail au Frankfurter Hof. Et cela, aucune issue heureuse des négociations sur la « dette grecque » ne pourra l’effacer.

Vous avez commis une erreur. Vous pensez encore pouvoir inaugurer le nouveau siège à 1,2 milliard d’euros de la Banque Centrale Européenne le 18 mars prochain. Certes, vous avez prudemment réduit l’ampleur des festivités, étant donnée l’obscénité des circonstances, mais vous les avez maintenues. Erreur. Vous ne dominez pas encore le monde depuis les airs. Vous êtes quelque part sur terre. Vous êtes à Francfort les 16, 17 et 18 mars, les 16 et 17 pour discuter de « l’avenir de la branche financière » et le 18 pour manger des petits fours dans vos locaux flambant neufs. Chacun sait où vous trouver. Nous vous trouverons. Vous allez devoir payer. Nous allons vous faire la fête, avec tous nos amis, dès le lundi 16. Et croyez-nous : nous n’allons pas, nous, réduire nos festivités.

Avec ce que vous avez fait la semaine passée, nos amis de partout en Europe qui hésitaient encore à se déplacer de si loin pour venir à Francfort vous gâcher quelques digestions se sont finalement décidés à venir. Nos amis grecs sont particulièrement furieux. Et leur rage est contagieuse. Ceci n’est pas une menace. Ceci est un constat. Vous êtes quelque part, nous sommes partout. Vous avez commis l’erreur de nous déclarer la guerre que vous nous livrez depuis toujours. Les parois de vos salons ne sont pas à l’épreuve de nos coups. Vos assiettes ne sont pas à l’épreuve de nos crachats. Vos forteresses sont vulnérables. Vous allez bientôt vous en rendre compte.

MANE THECEL PHARES

https://lundi.am/Avertissement-de-la-Destroika