"Suspension" de l'émission De L'Huile Sur Le Feu sur radio g

Mis a jour : le lundi 3 novembre 2014 à 14:54

Mot-clefs: Logement/squat Médias
Lieux: Angers

Notre petite émission, « de l'huile sur le feu », qui diffuse toutes les semaines sa rage, sa critique sociale, et relaie d'autres émissions de contestations, fait face (une fois de plus) au conseil d'administration d'une radio qui lui interdit l'antenne depuis jeudi dernier.

Delhuilecity2jpg-medium

Qu'est ce qui se passe? Après la lecture d'une lettre répondant à un article insultant et stigmatisant à l'égard des personnes sans domicile fixe et des demandeurs d'asiles, titré « ils habitent le quartier des squats »,

l'émission du jeudi 9 octobre est restée coincée dans la gorge du Courrier de l' ouest et en particulier de son rédacteur en chef Mr Geoffroy et de son journaliste Anthony Pasco. La situation angevine des demandeurs d'asile et des squats a été une fois de plus traitée sous l'angle de la sécurité et de la tranquillité. Mais pas pour tous, uniquement pour des personnes qui seraient «légitimes» d'un point de vue économique et racial.Notre émission « de l'huile sur le feu », tente semaine après semaine, de décrypter pourquoi l'état et le capitalisme ont tant besoin de ces frontières et de cette guerre aux pauvres pour continuer de fonctionner tranquillement. C'est donc logiquement que nous donnons la parole aux personnes qui luttent contre cette situation.

Suite à cet article, nous avons reçu d'un auditeur une lettre en forme « de droit de réponse ». Celle-ci critique la démarche journalistique, les propos réducteurs et les idées sous-jacentes de son auteur. Mais cette lettre pose la question également de la relation entre la publication de cet article et les expulsions. Bien évidemment ce n'est pas Anthony Pasco qui a expulsé les deux squats de la rue du Port de l'ancre ! Mais il est clair pour nous, que ce genre d'article prépare le terrain et légitimise ce type d'intervention policière. Celle ci s'est déroulé quelques jours plus tard, le lundi 6 octobre. Ce n'est pas la première fois, et certainement pas la dernière, que médias et pouvoirs locaux se complètent si bien dans leurs missions respectives.

En tant qu'émission dite de « médias libres » ou « alternatifs », il nous semble important de le faire savoir. C'est ce qu'on a fait ce jour là avec la lecture de cette lettre. Mais aujourd'hui, y a t il une place pour ce genre d'émission sur radio-G (« radio alternative » dixit son slogan) ? Ces derniers jours, la machine à censure s'est mise en route : la seule pression du rédacteur en chef du C.O. (une éventuelle plainte pour diffamation) a fait trembler le Conseil d'Administration qui par voie de conséquence nous interdit momentanément l'antenne.

Mardi soir nous avons reçu un mail nous annonçant la suspension de notre émission et nous convoquant pour un entretien mardi 28 octobre à 18H30. L'année dernière, nous avions également eut le droit à ce genre de convocation suite à une boutade écrite au stylo sur une affiche du studio. Lors de cet échange houleux, où l'on s'est fait traiter de « sales fainéants de chômeurs », le CA nous invitait à partir de nous même de l'antenne. Suite à notre refus, il nous avait dit que c'était le dernier avertissement et qu'il n'hésiterait pas à prendre des sanctions aux prochains « faux pas ».

Une fois de plus le chant de la contestation est bâillonné ; une fois de plus, les gens se font expulser ; une fois de plus les chantres du pouvoir, des médias puissants, d'un monde associatif sclérosé, impriment un discours capitaliste dominant et écrasant.

On ne va pas se laisser faire, les médias indépendants et de luttes sont nombreux, nous en sommes une composante et tenons à le rester sur cette antenne ! Notre voix ne se commande pas et ne se « mute » pas !

Voilà ce qu'il se passe derrière les micros. Vous pouvez nous aider et faire pression, et que l'huile continue de brûler ! Radio-g est contaminable ici :http://www.radio-g.fr/content/formulaire-contact -

secretaire.radiog@gmail.com

et par téléphone : 02 41 60 47 47

Ils ont aussi des réseaux sociaux sur la toile :

https://twitter.com/RadioGangers - https://www.facebook.com/radiogangers

On vous encourage à faire circuler cet appel et notre dernière émission peut être diffusée largement. Notre convocation a lieu le mardi prochain, on vous tiendra au courant des suites.

A bientôt sur l'antenne, dans la rue et ailleurs !

Ecoutez nos dernières émissions sur le site de l'émission : http://pochespercees.lautre.net

Pièces jointes

Report communiqué de l'huile (.pdf)

Report échange de mails (.pdf)

Email Email de contact: danger_AT_no-log.org

Commentaire(s)

> infos complémentaires

Hello
Je ne trouve pas la fameuse lettre de réponse à l'origine de cette histoire... (elle est lue dans l'émission du 24 mais une version texte serait pas mal)
+ l'affreux article du Courrier de l'ouest auquel elle répond, que j'avais déjà lu mais qui serait pas mal d'avoir en ligne aussi pour comprendre cette histoire.

> 4 novembre à 18H

Pour le retour à l'antenne de l'émission "de l'huile sur le feu", contre l'ingérence du courrier de l'ouest, et pour que Radio G reste une vrai radio associative et alternative...

Retrouvons-nous devant les locaux de la radio le 4 novembre à 18H : https://nantes.indymedia.org/events/30425

> Les bruits du combat social et des luttes d'ici et d'ailleurs continuera à se répendre telle de l'huile sur le feu.

La nouvelle est tombée ce vendredi midi, par mail (voir :
http://pochespercees.lautre.net/spip.php?article84 ) ,

on est viré de la radio. Le CA a pris la décision de nous expulser de la grille d'antenne. On ne sait pas quand cette décision fut prise sachant que leur réunion de
mardi a été annulée (voir ici le compte rendu :
http://pochespercees.lautre.net/spip.php?article83 ).

Si cette décision a été prise ce jour là, on ne sait toujours pas qui était cet invité mystère extérieur à l'association qui était présent ce mardi. La question de la plainte pour diffamation a disparu des motifs de notre suppression d'antenne. Maintenant le CA nous parle d'une suite d'incidents (voir notre texte reprenant les déboires qu'on a eu avec eux ces dernières années :
(http://pochespercees.lautre.net/spip.php?article80 ).

La page de l'huile sur le feu sur le site de l'émission a été effacée du site internet de la radio : du passé faisons table rase et que rien ne filtre à l'extérieur. Un mail a également été envoyé à d'autres adhérents de la radio. Dans ce courrier, le CA indique que la radio a été « dénigrée par
certaines personnes par des propos partiels d'ordre unilatéral, mais sans expliquer la seule raison d'origine de cette situation ». Pourtant, nous rappellerons qu'aujourd'hui c'est bien nous qui avons joué le jeu de la
transparence en communiquant nos échanges de mails respectifs. Par contre, on ne peut pas en dire autant sur leur prise de décision, leur manière autoritaire de fonctionner et le fait qu'ils bloquent toutes communications en interne entre les membres de l'association. Leur argument principal est la protection de la radio vis-à-vis d'une sanction du CSA, pour protéger les salariés et les bénévoles. Tout ça alors qu'aucune plainte n'est déposée (et qu'il n'en est plus question dans les
raisons invoquées dans le mail que nous avons reçu). Par ailleurs, aucune observation n'a été faite par le CSA, et dans l'histoire des radios libres nous n'avons jamais trouvé de cas similaire.

Notre site continu pochespercees.lautre.net et nous donnerons prochainement des nouvelles sur la suite de nos aventures par ce biais là. Les bruits du combat social et des luttes d'ici et d'ailleurs dont on s'est fait échos depuis 8 ans sur le 101.5 continuera à se répendre telle
de l'huile sur le feu.

à bientôt dans la rue ou ailleurs !