Marina Petrella a été transferée a l'hopital sainte anne

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Non a l'extradition de Marina Petrella
Marina Petrella a été transférée sur le centre hospitalier de Sainte-Anne

L'état de santé de Marina Petrella se dégrade considérablement. Elle a été transférée en hôpital psychiatrique ce mercredi.

Le parquet général de Versailles annonce que l'ancienne militante italienne des Brigades rouges, Marina Petrella, a été transférée mercredi de l'hôpital pénitentiaire de Fresnes à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, à Paris.

"Marina Petrella a été transférée par l'administration pénitentiaire de la maison d'arrêt de Fresnes sur le centre hospitalier de Sainte-Anne à Paris, aujourd'hui en début d'après midi, afin de lui permettre de recevoir les soins appropriés à son état de santé", dit-il dans un communiqué.

Qui est Marina ?

Marina a été arrêtée mardi 21 août. Incarcérée depuis à la prison de Fresnes, elle est sous le coup d'une procédure d'extradition à la demande du gouvernement italien. Elle est une réfugiée italienne. Âgée de 53 ans, mère de deux filles, elle vit depuis 1993 en France, où en 1998 lui a été octroyée une carte de séjour de dix ans. Au fil des ans, elle s'est investie dans son métier d'assistante sociale auprès de plusieurs mairies et associations de la région parisienne.

Il y a trente ans, en Italie, elle a été de ces dizaines de milliers de jeunes, de militants, des prolétaires, d'hommes et femmes dont la révolte contre l'État et le capital a été jusqu'aux armes. Poursuivis par une justice d'urgence, c'est à dire dans le cadre d'un « état d'exception » inavoué (60 000 procès, 6000 prisonniers politiques), parfois après des années de prison (Marina a passé 8 ans en détention préventive), plusieurs centaines d'hommes et femmes se sont réfugiés en France où le Président de la République affirmait le « refus de toute extradition politique ».

Alors que l'État italien s'est enferré dans le refus d'une amnistie pour les condamnés pour les agissements, et notamment les faits d'armes, des années 60 et 70, cette politique d'asile de la France a été maintenue sans interruption vingt ans durant et dans des contextes politiques divers. Cette politique a pourtant été renversée, son principe concrètement bafoué en août 2002, quand Paolo Persichetti a été remis aux autorités italiennes, puis deux ans plus tard, avec la tentative d'extradition de Cesare Battisti.

Aujourd'hui, c'est au tour de Marina d'être incarcérée. Et on voudrait la livrer à un État qui instrumentalise les victimes et leur douleur pour construire une « justice infinie » qui revient à une infinie vengeance. Car en agitant le spectre qu'autrement, il serait impossible aux proches des victimes de faire leur travail de deuil, l'État italien a imposé, en lieu et place des anciennes « parties civiles », le droit absolu et le devoir sacré des victimes à poursuivre indéfiniment leur quête de punition. Alors même que la loi sur le repentir a produit un véritable "marché des indulgences", on a subrepticement aboli le caractère fini de la peine : la possibilité d'une loi d'amnistie est désormais considérée scandaleuse et même l'idée de "prescription de peine" est devenue tabou.

Marina risque la réclusion à perpétuité pour des faits datant d'il y a 25 ans. En effet, les tenants de la solution pénale aux conflits sociaux et politiques - autant que à tout 'mal-de-vivre' -, continuent à donner le ton en Italie, droite et gauche, société politique et ordre judiciaire confondus. Pourtant, ce sont ces même "gens d'en- haut" (politiciens, Opinion-makersau premier rang, s'appelant « classe dirigeante »par eux mêmes...) qui prêchent partout dans le monde - du Rwanda aux territoires palestiniens occupés, en passant par l'Irlande, l'Espagne, la Turquie - les vertus de l'oubli et du renoncement à la vengeance (donc ce qu'en droit est appelé « oubli judiciaire », « renoncement à la peine ») aux fins que des sociétés, des groupes humains puissent respirer, recommencer à vivre...

En revanche, dans le cas de cette poignée de gens ayant trouvé refuge en France, ils considèrent que le temps est comme arrêté, que le crime est imprescriptible.

Collectif solidarité pour Marina